Père Lachaise : tombeaux remarquables de la 46ème division

mercredi 21 avril 2021
par  Philippe Landru

Petit division composée de 4 lignes, elle se trouvait aux confins de la partie ancienne du cimetière : elle fut donc occupée par des concessions temporaires, parfois transformées en perpétuelles. Cela explique le nombre de vieux tombeaux, certains consignés dans les vieux guides du cimetière, dont quelques uns sont toujours là. Beaucoup de dalles devenues illisibles recouvertes par la mousse, mais peu de personnalités notables. Faisons en vite un relevé avant qu’elle ne soit l’une des prochaines à subir des reprises massives, ce qui ne saurait tarder.


LES PERSONNALITÉS


- PYAT Félix
- ROLAND-MANUEL


... mais aussi


- Pierre Charles Alfred BERTAULD (1812-1882) : maire de Caen de 1875 à 1879 (une rue de la ville porte son nom), député de centre-gauche du Calvados de 1871 à 1876, il fut ensuite sénateur inamovible jusqu’à sa mort.

- La femme de lettres et romancière BRADA (Henrietta Consuelo Sansom, comtesse de Quigini Puliga : 1847-1938). Ses romans et nouvelles, nourris par la connaissance des milieux aristocratiques, connurent un large succès et furent récompensés par l’Académie française. Elle fut souvent comparée à Gyp.

- Daniel BRENT (ca1770-1841) : diplomate américain, il fut secrétaire d’État des États-Unis par intérim pendant trois jours du 4 au 7 mars 1825 en remplacement de John Quincy Adams qui avait été élu président des Etats-Unis. Il mourut à Paris et fut inhumé dans cette division, mais sa tombe a été reprise.

- Jean Louis, comte d’HAUTEFORT (1784-1850), qui fut gentilhomme de la Chambre de Louis XVIII. Il repose avec son épouse, Adèle de MAILLÉ de la TOUR-LANDRY d’HAUTEFORT (1787-1873) qui fut dame du Palais de la duchesse de Berry.

- Georges JACOB (1739-1814) qui fut le plus célèbre et aussi le plus prolifique des menuisiers en sièges du XVIIIe français. Il fut le fondateur d’une dynastie de menuisiers et ébénistes qui prolongèrent la renommée du nom de Jacob jusqu’au règne de Louis Philippe. Sa clientèle fut des plus brillantes. Il travailla peu pour le roi, mais il eut la faveur de la reine Marie-Antoinette, des frères du roi, en particulier le comte de Provence, futur Louis XVIII, qui le nomma en 1781 son « ébéniste ordinaire », et du comte d’Artois, futur Charles X, du prince de Condé, du duc de Penthièvre et des cours étrangères, notamment des princes allemands comme le futur George IV d’Angleterre ou Gustave III de Suède. À la fin des années 1780, Georges Jacob réalisa des sièges inspirés de l’antiquité gréco-romaine, dessinés par le peintre Jacques-Louis David, pour son atelier, et que ce dernier fit figurer dans plusieurs de ses tableaux, notamment dans Les licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils. C’est sans doute l’amitié qui liait les deux artistes et la puissante protection de David qui permit à Jacob de traverser la période révolutionnaire sans être trop inquiété des rapports qu’il avait entretenus avec les princes de la maison royale et les différents membres de l’aristocratie. Il reposa dans cette division, en bordure d’allée, dans une sépulture reprise il y a fort longtemps mais dont une gravure ancienne nous permet de saisir l’aspect. La tombe se trouvait à gauche de celle, actuelle, de S.Borel. Cette tombe a fait l’objet d’une recherche par Marie Beleyme.

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Tombe Jacob
Gravure issu de l’ouvrage de Roger Le champ du repos, ou le cimetière Mont-Louis, dit du Père Delachaise

- Charles DUPONT (1809-1854) : banquier, il abandonna soudainement sa situation pour entrer au séminaire de Saint-Sulpice, mais il dut revenir dans sa famille pour des raisons de santé. Il fut député de la Vienne de 1852 à 1854, siégeant dans la majorité soutenant le Second Empire. Sa tombe semble avoir disparu.

- L’artiste dramatique Jean Louis LACHAT (1846-1877). La stèle était ornée à l’origine d’un médaillon en bronze de Jean-Louis Lachat signé Jean Chapuy et d’un médaillon en bronze non signé de Marie Lachat. Les deux ont désormais disparus de la tombe.

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Le médaillon de Jean-Louis Lachat photographié quand il était encore en place.

- Julien Pierre Anne LALANDE (1787-1844) : vice-amiral, il participa aux opérations de l’escadre française du Levant au cours de la guerre d’indépendance grecque. Il fut député du Finistère de 1840 à 1844, siégeant dans la majorité conservatrice.

- La princesse Mahine Banou Malek MANSOUR QAJAR (1900-1990), l’une des épouses de Mohammad Hassan Mirza, descendant du roi Mohammad Ali Shah, de la dynastie turkmène qui régna sur l’Iran de 1786 à 1925.

- Dans un même tombeau reposent l’architecte Jean-Augustin MAREUX (1762- 1840), qui fut inspecteur des travaux du Palais des Tuileries ; l’architecte Louis Julien Alexandre VINCENT (1843), qui fut premier second grand prix de Rome en 1815 et inspecteur des travaux du Palais de justice ; et le géologue et spéléologue Louis de LAUNAY (1860-1938), qui fut professeur de géologie appliquée de l’École des mines ; de géologie, minéralogie et paléontologie à l’École nationale des ponts et chaussées et professeur à l’École des sciences politiques. Membre de l’Académie des Sciences, il fut également biographe, romancier et poète.

- Le chercheur Pierre MERAT (1905-1990), fondateur de la revue d’éthologie L’individualité.

- Le prêtre missionnaire Eugène-Emmanuel MERMET-CACHON (1828-1889) qui après le séminaire des Missions Étrangères s’embarqua pour le Japon. Grâce à ses connaissances de la langue, il fut chargé de nouer officiellement des relations entre la France et le Japon, ce qui aboutit en 1858 à la signature du premier traité d’amitié et de commerce franco-japonais. En 1867, il servit d’interprète à Napoléon III lors de l’Exposition universelle à Paris.

- Gabriel POINAT (1811-1879), qui fut maire d’Ivry-sur-Seine, repose avec sa fille, « le » compositeur Jeanne-Léonide KLING (1842-1910). Il est représenté en buste par François-Auguste Charodeau.

- Valentin POITRAT (1797-1887), auteur de manuels autodidactique de comptabilité et de gestion.

Le sculpteur animalier Alexandre François Claude RAINOT (1822-1910).

- L’architecte Charles ROHAULT de FLEURY (1801-1875), qui fut nommé architecte du Jardin des plantes de Paris en 1832. Il y réalisa en 1836 les plus grandes serres composées de structures métalliques et de verre jamais construites à l’époque, et la galerie de minéralogie et de géologie.

- La peintre de fleurs belge Marie Thérèse SERVAIS (1812-1839). Le médaillon qui ornait jadis sa tombe a disparu.

- La sculptrice Claude VIGNON (Marie-Noémi Cadiot : 1828-1888), élève de Pradier, qui participa notamment aux travaux sur les bas-reliefs de la fontaine Saint-Michel de Paris. Elle fut également romancière, journaliste, et se fit connaître pour ses engagements féministes (elle fréquenta le club des Femmes d’Eugénie Niboyet). Le buste qui ornait sa tombe et dont elle était l’auteur fut malheureusement volé en 2006 : il fut retrouvé et se trouve désormais à la conservation.

- L’écrivain et journaliste Auguste Charles Joseph VITU (1823-1891), qui collabora à nombre de journaux parisiens et fut connu pour son ouvrage Paris, images et traditions, plusieurs fois réédité. Il repose sous un buste par Ernest Guilbert.


Anecdotes et curiosités


- La tombe de Marie-Sarah Pennington, sans doute la plus bavarde de tout le cimetière ! Non seulement on peut lire sur le coté deux longues épitaphes, l’une présentant ses ascendants, et l’autre les regrets éplorés de son fils ; mais une autre plaque à l’intérieur explique que la chapelle a été à trois reprises l’objet de la « convoitise des voleurs »...


Réalisations artistiques


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Tombe Carpentier
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Tombe d’Estrées
Médaillon inscrit dans un drapeau avec palme et laurier, en relief, le tout en bronze, honorant la mémoire du capitane d’Estrées, tué au combat de Vassincourt (Meuse) le 9 septembre 1914 (Commandant de la 3e Compagnie du 111e Régiment d’Infanterie). Non signé.

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Chapelle de Lizardi
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Tombe Renard
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Tombe Trentelivres-Bac
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Tombe Turenne


- Trois vitraux dans cette division

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Chapelle Colleau et Lefebvre du Murier
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Chapelle Belval
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Chapelle Pellegrin

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vendredi 14 février 2014

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