Les d’Aboville, une famille d’officiers

dimanche 13 janvier 2013
par  Philippe Landru

Tout le monde connaît le navigateur Gérard d’Aboville (né en 1945), et l’imagine sans doute issu d’une famille aristocratique.

C’est un fait : les d’Abboville sont une famille originaire du Cotentin (Gonneville), anoblie -ou maintenue dans sa noblesse- au XVe siècle, ce qui l’a fait appartenir aux plus vieilles familles aristocratiques de France.

Cette famille a donné dans l’histoire plusieurs officiers qui s’illustrèrent particulièrement. Sans être exhaustif, il m’a semblé intéressant, comme à l’accoutumé dans cette rubrique, de les présenter au gré des cimetières où ils furent inhumer.


cimetière de THÉVILLE (50)


C’est au cimetière de Théville que l’on trouvera le premier d’Abboville de notre promenade, Guillaume-Charles d’ABOVILLE (1745-1808). Sa stèle brisée et en mauvais état constitue la seule curiosité de cet enclos funéraire autour de son église. Il repose avec son épouse, Louise Lebunetel. La stèle indique qu’il était officier de la Marine royale.


cimetière de TOLLEVAST (50)


Edifiée au XIIe siècle, l’église de Tollevast est la mieux conservée des petites églises romanes du nord-Cotentin. Elle se caractérise par la grande richesse de ses sculptures, en particulier celle de ses modillons (pierres placées sous le rebord des toits), tous uniques (dessins géométriques, têtes humaines, animaux...).

Devant le porche de l’église se trouve la belle dalle funéraire du capitaine de frégate Auguste-Nicolas d’ABOVILLE (1772-1835).


cimetière des Aiguillons de CHERBOURG (50)


Les d’Aboville posséde un enclos familial au cimetière des Aiguillons de Cherbourg. Des tombes d’âges divers (stèles, pierres tombales...) s’y côtoient. C’est ici que reposent :
- Auguste Elzéar Eugène d’ABOVILLE (1810-1865) : fils du précédent, cet officier de marine se distingua tout au long du XIXe siècle. Il servit successivement dans la campagne de Crimée, en Chine où il commanda la flottille de bombardement qui agit contre Canton en 1857, puis prit le commandement de la ville, puis fut nommé contre-amiral en 1860. Il reçut encore avant de mourir le commandement supérieur de la marine à Alger, puis celui de la division du Levant. Une rue de Cherbourg porte son nom. Sur sa pierre tombale sont également portées les identités de son épouse et de sa soeur. C’est par erreur que certains sites Internet l’enterrent à Théville.
- son fils, Gaston d’ABOVILLE (1847-1934), qui fut capitaine de vaisseau.


Père Lachaise, 25ème division


C’est à Paris qu’il faudra aller chercher les d’Aboville les plus connus : ils reposent dans la 25ème division du Père Lachaise. Par rapport aux précédents, il s’agit d’une branche collatérale. Dans le caveau familial reposent :

- François Marie d’ABOVILLE (1730-1817) : très jeune engagé dans la guerre, il participa aux batailles de Fontenoy (à 15 ans !) et Lauffeld. Héros de la guerre d’Indépendance américaine, il commanda l’artillerie de Rochambeau à la bataille de Yorktown (1781). A son retour, il fut nommé général de division des armées du Nord en 1792 et prit part à la victoire de Valmy. Il devint gouverneur de Brest sous l’Empire (1809). Général d’artillerie, on lui doit l’utilisation des roues à moyeux de métal. En 1802, il fut nommé membre du Sénat conservateur. Gouverneur de Brest en 1807, il fut fait comte de l’Empire en 1808. S’étant prononcé pour la déchéance de Napoléon Ier, il soutint le retour des Bourbons. Louis XVIII le remercia par un titre de pair de France.

C’est lui qui est représenté sur le médaillon qui orne la tombe familiale.

Avec lui reposent ses deux fils :

- Augustin Gabriel d’ABOVILLE (1773-1820) : Général d’artillerie, il participa aux guerres napoléoniennes (il lutta particulièrement au Portugal). En 1817, il succéda à son père dans les titres de comte et pair de France. Son nom est inscrit à Paris sur l’Arc de Triomphe. Il est l’ancêtre de Gérard d’Aboville.

- Augustin Marie d’ABOVILLE (1776-1843) : il participa, durant la Révolution, aux expéditions d’Italie puis de Rhin et Moselle. Il fit encore partie d’une expédition en Martinique, se fit particulièrement remarquer à la bataille de Wagram, où il eut le bras droit emporté par un boulet. puis ce fut la campagne de Russie. Appelé en 1814 au commandement de l’artillerie destinée à la défense de Paris, il résista vaillamment aux efforts de l’ennemi.

La tombe est ornée de deux fûts de canons sur lesquels sont gravées en lettres d’or les différentes batailles.


Commentaires

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Les d’Aboville, une famille d’officiers
samedi 29 avril 2017 à 18h57 - par  Emmanuel ROUGIER

Bonjour,

Pour compléter votre rubrique, je vous signale le caveau d’Aboville Rougier au cimetière Montparnasse, où sont inhumés le général Charles-Edouard d’Aboville et ses deux fils Eugène d’Aboville et Edouard d’Aboville, et sa fille Adèle d’Aboville épouse de Marcellin Rougier.
La tombe, avec les noms de ces personnages, se trouve 2e division,6ème ligne droite, n° 11 par l’ouest) (concession perpétuelle MTP 00885 PP 1869) cimetière du Montparnasse, Paris 14e.

Emmanuel Rougier

Il s’agit de membres de cette même famille, issus de la branche dite de Lorraine

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