ARNOUVILLE (95) : cimetière

visité en octobre 2011
dimanche 28 mars 2021
par  Philippe Landru

Le cimetière d’Arnouville est ancien : établi en 1782, on y transféra en 1786 une croix du cimetière des St Innocents de Paris, désormais malheureusement disparue. La commune ayant grossi dans le contexte du développement de la banlieue parisienne, le cimetière ne rend pas cette impression d’ancienneté, les caveaux modernes ayant progressivement remplacés les anciens.

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Monument aux morts
La sculpture est une œuvre de Ferdinand Berthelot.

Un témoignage subsiste cependant es premiers temps du cimetière : la chapelle des Machault-d’Arnouville et Choiseul.

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Fronton de la chapelle
Au sommet : une ancre de marine, rappelant le titre de secrétaire d’Etat à la Marine de Jean-Baptiste Machault, fonction qu’il occupa de 1754 jusqu’en 1757, date de son renvoi. Sur les deux côtés, les initiales des deux familles entrelacées. L’inscription latine surmonte la porte : Qui credit in me, etiam si mortuus fuerit, vivet (Celui qui croit en moi, ne mourra point).

Dans cette chapelle de famille reposent quatorze personnes, en particulier :

- Louis-Charles de MACHAULT (1737-1820), fils aîné du Garde des sceaux Jean- Baptiste de Machault, qui fut évêque d’Amiens. Député du clergé aux États généraux de 1789, il se signala par ses positions très conservatrices, s’opposant systématiquement aux réformes. Il refusa de prêter serment à la Constitution civile du clergé et émigra. De ce fait, son père, malgré son grand âge, fut emprisonné comme suspect en tant que père d’un émigré.
- Le maréchal de camps Armand-Hilaire Comte de MACHAULT (1739-1827), second fils du garde des sceaux avec lequel il fut emprisonné à la prison des Madelonettes jusqu’à sa libération en novembre 1794.
- Charles-Henri Louis Comte de MACHAULT-D’ARNOUVILLE (1747-1830), quatrième fils du garde des sceaux, maréchal de camp au moment de la Révolution, il émigra en 1791, se rendit à l’armée des princes, ne l’entra en France qu’en 1814. Nommé pair de France à la seconde Restauration, il se fit remarquer, à la Chambre haute, Comme un royaliste intransigeant.
- Marie-Gaspard-Victor Comte de CHOISEUL D’AILLECOURT (1779-1835), qui fut un député légitimiste de l’Orne de 1815 à 1830.

En toute logique aurait du reposer dans cette chapelle Jean-Baptiste Machault-d’Arnouville (1701-1794) : intendant de la province de Hainaut à Valenciennes (1743), puis contrôleur général des finances de Louis XV (1745-1754), puis secrétaire d’État de la Marine (1754) il fut garde des sceaux de France (1750) jusqu’à sa disgrâce en 1757 à l’instigation de Madame de Pompadour. Il vécut dès lors éloigné de la Cour jusque sous la Révolution française : âgé de quatre-vingt-douze ans, il fut arrêté à Rouen et emprisonné en 1794 à la prison des Madelonnettes où il mourut peu de temps après (quelques jours avant la chute de Robespierre). Il est réputé inhumé en l’église Sainte-Eustache de Paris où je l’ai indiqué, mais rien n’est moins certain (à défaut d’avoir travailler à fond ce dossier). Effectivement, dans les bouleversements de ce mois de juillet 1794, on voit mal comment le corps aurait pu être récupéré de la prison !

On trouve encore dans ce cimetière les tombes de :

- Le peintre Jean-Julien CHAMPAGNE (1877-1932), ancien élève de Léon Gérôme, adepte des sciences hermétiques, il est surtout connu comme illustrateur du Mystère des Cathédrales et des Demeures philosophales de Fulcanelli qui est en France comme à l’étranger considéré comme une des grandes figures de l’alchimie contemporaine. Certains auteurs considèrent qu’il put être Fulcanelli lui-même.

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La tombe restaurée... (2017)

- Antoine DEMUSOIS (1895-1968) : membre du Comité directeur du Parti communiste de 1922 à 1924, puis, en 1925, à nouveau élu au Comité central du PC ; il fut un des fondateurs du PCF. Membre de la Commission exécutive de la CGTU en 1933, maire d’Arnouville-lès-Gonesse en 1935, il fut élu en 1936 député de la Seine-et-Oise. Déporté en Algérie et privé de ses mandats par Vichy, il revint après la guerre. Il siégea aux assemblées constituantes de 1945 et 1946 et redevint député en 1946. Sénateur de Seine-et-Oise, de 1948 à 1951, il fut à nouveau député de la Seine-et-Oise de 1951 à 1958. Avec lui repose son beau-fils et son gendre, tout deux déportés dans les camps nazis pour faits de résistance.


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vendredi 14 février 2014

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