NOGENT-LE-ROTROU (28) : extérieur de la chapelle de l’ancien Hôtel-Dieu

mardi 27 octobre 2020
par  Philippe Landru

Parmi les bâtiments de l’ancien Hôtel-Dieu se situe le somptueux tombeau du Duc de Sully et de son épouse Rachel de Cochefilet réalisé en marbre blanc vers 1642. Il rappelle la grandeur de l’ancien surintendant général, seigneur de Nogent le Rotrou.

Sitôt sa nomination, en 1598, en qualité de surintendant Général par Henri IV, Maximilien de Béthune, duc de SULLY (1559-1641), poursuivit sans relâche l’objectif de remettre en état les finances du royaume. Il développa l’agriculture, les réseaux de communications, laissant à la postérité le célèbre adage Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France. En conflit avec Marie de Médicis après l’assassinat du monarque, il se retira dans ses châteaux de Sully-sur-Loire et de Villebon. Seigneur de la ville de Nogent-le-Rotrou, il décida, à la veille de sa mort de réaliser son tombeau. Il demanda à ce que sa sépulture soit élevée dans la chapelle de l’hôtel-Dieu de Nogent-le-Rotrou. Cela lui est refusé par les moines de l’abbaye Saint-Denis : alors qu’il était de ceux qui avaient poussé Henri de Navarre à abjurer, il était pour sa part resté un protestant de conviction. Mais donnèrent leur accord pour l’installer dans une rotonde, à l’écart.

L’intérieur du mausolée est occupé par deux statues de marbre en ronde-bosse tournées vers l’Orient et agenouillées en position d’orants sur un socle rectangulaire en calcaire. Les faces nord et est du socle sont plaquées de deux panneaux dans une pierre imitant le marbre. Au nord le relief figure les armes de Sully. Au sud le relief représente les armes de Rachel de Cochefilet, son épouse. Les deux statues, un homme et une femme, sont représentées à genoux, les mains jointes. Maximilien de Béthune en armure porte le manteau ducal, des hauts de chausses tailladés, une fraise tuyautée. Le visage serein, il arbore une barbe en pointe et a le crâne dégarni. L’œuvre est signée Barthélémy Boudin. Rachel de Cochefilet, vêtue d’une robe légèrement décolletée, est couverte d’un manteau de cour aux épaulettes plates. Elle porte un collier de perles autour du cou, de larges boucles d’oreilles, une coiffe surmonte sa chevelure frisée. Le visage de la duchesse exprime un léger sourire. L’œuvre n’est pas signée. La sculpture de Sully détonne avec celle de son épouse, aux traits grossiers et aux vêtements presque naïfs. Un petit coussin de marbre est disposé devant chaque époux entre lesquels un petit sarcophage en marbre noir prend place.

L’édifice a été inscrit à l’inventaire des Monuments historiques en 1949 et a été restauré en 1991.

Les tribulations des cendres de Sully

Le tombeau fut profané en 1793 : on récupéra les cercueils de plomb. Les restes des époux furent redéposés dans le cimetière de l’hôtel-dieu, dans un endroit réservé aux enfants morts sans baptême, où ils auraient été découverts lors de fouilles réalisées en 1883. Quelques ossements furent conservés et placés à l’abri d’un sarcophage exposé sur le tombeau de Sully. Ils furent transférés au château de Sully-sur-Loire (45) en 1884 et déposés dans la chapelle. Cette dernière ayant été consacrée et affectée au culte catholique en 1934, la sépulture, ne pouvant y être conservée puisque celle d’un protestant, fut transférée dans la chapelle ogivale du donjon. La chapelle ayant été désacralisée, une cérémonie de transfert des corps du 1er duc et de la 1ère duchesse de Sully y eut lieu le 23 octobre 1999, en présence des autorités locales.


Merci à Dominique Leroy pour deux photos.


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