MESNIL-SAINT-DENIS (le) (78) : cimetière
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Plat et peu arboré, le cimetière de Mesnil-Saint-Denis, à taille humaine, serait sans grand intérêt si plusieurs personnalités ne s’y trouvaient.
Curiosités
La curiosité du cimetière est une tombe riche en symboles républicains : elle se présente sous la forme de deux rochers liés par une chaîne en métal. Sur les deux rochers, se regardant, ont été gravés des bonnets phrygiens surmontant le triptyque de la Révolution française : « liberté, égalité, fraternité » inscrit dans un triangle, et des mains tendues. Les dates de décès (1870) sont inscrites en calendrier républicain. Il est mentionné que le défunt était libre penseur.
Célébrités : les incontournables...
... mais aussi
Maurice BLANCHOT (1907-2003) : romancier et critique littéraire, il se posa des points de réflexion tels l’objet de création, celle des écrivains, la condition de réalisation, la place de l’écriture littéraire au sein du langage. Sa pensée, qualifiée de complexe, oscille entre philosophie et analyse littéraire. Le philosophe a essentiellement réalisé des œuvres où la fiction domine et leur lecture implique de la part du lecteur patience, curiosité et participation. Il repose dans la tombe de son frère [1], l’architecte René BLANCHOT (1910-1978), dont les principales réalisations furent essentiellement des groupes scolaires en banlieue (à Athis-Mons, Saint-Michel-sur-Orge...) mais aussi en Corrèze, dans le Cher et en Haute-Vienne. Il fut en outre le maître d’oeuvres de la plupart des réalisations de la ville d’Egletons (Corrèze) comme la Porte monumentale du Stade François Chassaing, l’EATP (Ecole d’application aux métiers des Travaux Publics), ou une cité-jardin.
Victor de la FUENTE (1927-2010) : né en Espagne, il débuta sa carrière très jeune dans la publicité et dans l’illustration. De 1940 à 1959 il s’installa entre le Chili (où il fonda une agence de pub) et les États-Unis. En 1959, il revint en Europe et en 1967l rencontra Victor Mora, scénariste, avec lequel il créa le western Sunday, série publiée, en France, dans le pocket Pistes Sauvages en 1972 et dans France-soir en 1974 et 1975. Il participa à différents projets, dont la célèbre Histoire de France en bande dessinée en 1976. Son drame : cet auteur ne parvint jamais, alors qu’il fût l’un des premiers à réaliser des récits d’heroïc fantasy en Europe et qu’il influença un grand nombre de jeunes dessinateurs, à imposer un personnage durable et à demeurer identifiable pour le grand public.
Il existe dans le cimetière une série de huit sépultures (dont quatre enceintes d’une grille) qui se remarquent dans la mesure où elles sont, à n’en pas douter, les plus vieilles tombes du cimetière encore en place. Comme c’est souvent le cas, il s’agit des tombes des châtelains locaux, à savoir ceux du château de La Verrière toute proche. Parmi les membres de cette famille se détachent quelques figures qui s’illustrèrent dans des domaines divers : le magistrat Jean-Antoine de MONGIS (1802-1879), qui consacra ses loisirs aux lettres et fut connu pour être l’auteur, en 1857, de la première traduction en vers de La Divine Comédie de Dante Alighieri. Il était le petit neveu du naturaliste Buffon. Dans le même caveau repose également son petit-fils, l’homme de lettres Guy de BREMOND D’ARS (1856-1929), qui collabora à de nombreuses revues telles que La Revue Historique ou la Revue des Deux Mondes où il signa de nombreux articles. Il publia en 1884 Jean de Vivonne, sa vie et ses ambassades qui fut couronné par l’Académie Française. C’est enfin ici que repose le comte Comte Arnold de CONTADES-GIZEUX (1863-1918), sportif accompli pour l’époque, qui s’illustra particulièrement dans le domaine des aérostats.
Régine PERNOUD (1909-1998) : historienne médiéviste, elle fut l’une des plus extraordinaire vulgarisatrice auprès du grand public d’un savoir souvent méconnu. Elle fut conservatrice au musée de Reims (1947), au musée de l’Histoire de France (1949), aux Archives nationales et au Centre Jeanne d’Arc d’Orléans (qu’elle fonda en 1974 à la demande d’André Malraux). Ses ouvrages mettent en avant la place privilégiée de la femme dans la société médiévale. Elle fut, par ailleurs, une des plus grandes spécialistes de Jeanne d’Arc et des croisades. Un de ses ouvrages les plus brillants reste son Aliénor d’Aquitaine qui décrit le rôle central de cette double reine. Elle était la tante de Georges Pernoud, présentateur de Thalassa.
Marcel RIVIÈRE (1901-1960) : instituteur français, militant syndicaliste et mutualiste, il fut l’auteur du rapport, adopté en 1946 par le congrès de Grenoble du Syndicat national des instituteurs (SNI), visant à regrouper l’ensemble des mutuelles de l’éducation nationale. Il devint ainsi, jusqu’à sa mort, le premier président de la puissante Mutuelle générale de l’éducation nationale (MGEN), qui gère la sécurité sociale des personnels relevant du Ministère de l’Éducation nationale. Sa tombe est ornée d’un médaillon en bronze par Husset.
[1] dont l’identité n’est pas indiquée sur la tombe
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