SAINT-RIQUIER (80) : abbaye

Visité en janvier 2016
mercredi 31 mars 2021
par  Philippe Landru

L’église abbatiale de Saint-Riquier est un édifice religieux majeur de la Picardie. Elle constitue avec la collégiale Saint-Vulfran d’Abbeville et la chapelle du Saint-Esprit de Rue l’un des plus beaux spécimens de l’art gothique flamboyant en Picardie maritime.

NITHARD (ca800-entre 844 et 859) était le petit-fils de Charlemagne, le neveu de l’empereur Louis le Pieux et le cousin germain de ses trois fils Lothaire, Louis II de Germanie et Charles II le Chauve. Il fut, de ce fait, un membre important de l’aristocratie carolingienne et, à ce titre, prit part aux décisions, remplit plusieurs missions importantes et fut le témoin des querelles qui opposaient à la cour impériale les trois héritiers de Louis le Pieux. Il fut un des conseillers de Charles II le Chauve après le partage de l’empire carolingien. Bien que laïc, il fut comme son père abbé de Saint-Riquier.

Il fut l’un des rares historiens de son époque, avec Éginhard, qui ne soit pas homme d’Église. À la demande de Charles II le Chauve, il entreprit en 841 de « fixer par écrit, pour la postérité, le récit des événements de son temps » par son Histoire des fils de Louis le Pieux en latin, en quatre livres, qui vont de la mort de Charlemagne en 814 jusqu’en 843. C’est dans le troisième livre que Nithard transcrit les serments de Strasbourg, échangés le 14 février 842 entre ses cousins germains Louis et Charles, tous deux fils de Louis le Pieux, qui constituent le plus ancien exemple connu d’écrit en langue romane (les prémices de la langue d’oïl).

La date de sa mort est sujette à plusieurs hypothèses. Une chose est certaine : il mourut violemment, soit dans la guerre opposant Charles le Chauve à Pépin II d’Aquitaine, soit en combattant les vikings. D’après la Chronique de l’abbaye de Saint-Riquier d’Hariulf, il a été enseveli dans un sarcophage à Saint-Riquier aux côtés de son père. Au XIe siècle, à l’occasion de fouilles, sa dépouille fut redécouverte sous le portique de l’église. Un des moines inscrivit une longue épitaphe sur son tombeau. Ses ossements sont retrouvés dans un sarcophage en pierre d’Asnières sous le portail de l’abbatiale, lors d’une fouilles de sauvetage en 1989. Ils sont confiés à un anthropologue puis égarés pendant plusieurs années (?). Ils sont retrouvés en 2011 dans un carton entreposé dans les combles de l’abbaye. Après leur consolidation au Centre archéologique départemental de Ribemont-sur-Ancre, ces restes sont restitués à la commune de Saint-Riquier en 2012, bien que l’on doute de leur authenticité.

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Le squelette présumé d’un petit-fils de Charlemagne !

Le souvenir du tombeau de Nithard est cependant mentionné par une plaque contemporaine sur le parvis à l’entrée de l’abbatiale.


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