cimetière de GRENELLE
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D’une superficie de 34 ares, à l’origine, le cimetière atteignait déjà, avant d’être annexé à Paris en 1860, sa surface actuelle de 64 ares. Situé désormais à l’extrémité de la rue Saint-Charles , il a conservé, malgré un environnement suburbain, son aspect champêtre. On peut y admirer une soixantaine de marronniers taillés en rideau, datant du début du siècle, et formant une immense croix végétale.
Au Moyen Age, la plaine de Grenelle était une garenne (garonella , d’où son nom), appartenant aux abbayes de Saint- Germain- dès-Prés et de Sainte-Geneviève. Devenu bien national à la Révolution, le vaste domaine, alors en jachère, commença à être cultivé. En 1824, un vaste périmètre fut vendu en un seul lot à Léonard Violet. Ce judicieux homme d’affaires, ancêtre de nos promoteurs, y fit surgir maisons, rues, places… créant ainsi le village de Grenelle. Avant d’avoir sa propre nécropole, l’agglomération, en pleine expansion, utilisait toujours le cimetière voisin de Vaugirard. En janvier 1835, elle acheta un terrain pour ses morts, au lieu-dit « Les Belles-Noix ». C’est ainsi que le cimetière de Grenelle fut créé en 1835, cinq ans après que le petit hameau de Grenelle, qui dépendait jusque-là du village de Vaugirard, eut été érigé en commune indépendante.
Aujourd’hui, son aspect provincial le rende un peu anachronique dans le XVe arrondissement. Pas de noms prestigieux ici, peu de monuments, et encore moins de visiteurs.
Curiosités
Un massif bloc minéral sert de tombe à la famille Regnault.
Peu d’œuvres d’art : un buste en terre cuite, quelques bas-reliefs, un médaillon en bronze …
La tombe de la famille Violet, ancien propriétaire du terrain, n’abriterait pas la sépulture du promoteur Léonard Violet lequel, selon Jacques Hillairet, reposerait au père-Lachaise.
Les célébrités : les incontournables…
… mais aussi
La basse Georges BOURGEOIS (1864-1921), artiste de l’Opéra comique.
Le pilote de chasse Louis COUDOURET (1896-1929), qui
mourut lors du crash de son avion en Charente (et pas dans la traversée de l’Atlantique, comme on le lit systématiquement). Sa tombe est ornée d’un médaillon en bronze.
Adolphe DÉFOSSÉ (1855-1922), député du Nord radical socialiste de 1914 à 1919.
Le peintre paysagiste lillois François FAUCK (1911-1979), qui laissa de nombreuses toiles du Maghreb.
l’avocat Pierre GONZALEZ de GASPARD (1928-2014).
L’historien Louis MADELIN (1871-1956), qui fut
également député des Vosges de 1924 à 1928, et membre de l’Académie française à partir de 1927. On lui doit une riche bibliographie sur la Révolution et l’Empire.
L’architecte Edouard MARTIN (1847-1920).
L’architecte poitevin Jean MONGE (1916-1991), qui repose sous une tombe résolument contemporaine.
Le musicien Julien PIERRE (1901-1926).
Le sculpteur Marius RÉMONDOT (1867-1921), auteur de la pleureuse en marbre datée de 1910 qui orne sa tombe.
L’architecte Giorgio RICCI (1911-1996).
Le sculpteur Henri SCHMID (1872-1927). Sa tombe est ornée d’un groupe en bronze dont il fut l’auteur, représentant sa femme (sous l’apparence d’une femme ailée) et son jeune fils. L’originalité de ce monument est due au nuage surgissant de la tombe sur lequel se tiennent les personnages.
Le chanteur lyrique VALMORAL (Charles de Leeuw : 1883-1977).
Source : pour l’historique du cimetière Jacques BAROZZI Guide des cimetières parisiens, ed Hervas, 1990
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