BOISSY D’ANGLAS François-Antoine (1756-1826)

Père-Lachaise - 28ème division, cœur au cimetière d’Annonay (07)
dimanche 17 février 2008
par  Philippe Landru

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Député du Tiers en 1789, puis membre de la Convention, il professa la modération et milita pour la défense des protestants et des Noirs. C’est naturellement qu’après la chute de Robespierre, il prit la tête des modérés. En 1795, il affronta avec calme, en tant que président de la Convention, les émeutiers qui lui présentaient la tête de Féraud sur une pique. Membre des Cinq-cents, il se rallia à Bonaparte qui en fit un comte. Membre de l’Institut, il devint Pair de France sous Louis XVIII.

Son tombeau est discret, son identité étant quasiment effacée sur la dalle qui le recouvre. Il se trouve sensiblement derrière celui de Manuel et Béranger. Le coeur de François Antoine Boissy d’Anglas fut transféré au cimetière d’Annonay en 1906, à l’occasion de son 150 ème anniversaire.


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Commentaires

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BOISSY D’ANGLAS François-Antoine (1756-1826)
vendredi 9 avril 2021 à 07h15 - par  tc

Une question se pose à moi mais il est vrai que je ne suis pas du métier. Comment fait on en 1906 pour prendre le cœur d’une personne morte et enterrée depuis 1826 et l’emmener dans un autre cimetière ?

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samedi 10 avril 2021 à 22h39 - par  Philippe Landru

Une telle chose est possible quand le dit cœur a été extrait ... au moment de la mort ! La séparation du corps et du cœur ne fut pas par le passé si rare que cela pour les personnages importants (il suffit de voir le nombre de carditaphes disséminés en des lieux divers). Cela n’était pas réservé aux souverains contrairement à ce que pensent certains. Pour les périodes plus contemporaines, on peut penser à Gambetta par exemple, dont le corps est à Nice et le cœur au Panthéon. Sous l’Empire, le procédé fut assez classique dans la mesure où beaucoup de gloires militaires moururent à l’étranger (où ils furent inhumés), et l’on ne rapporta en France que leur cœur, qui finirent dans des tombeaux de familles ou dans quelques bâtiments prestigieux (voir par exemple le nombre de carditaphes aux Invalides). Certains de ces cœurs connurent parfois bien des péripéties : égarés, parfois retrouvés (y compris dans des lieux improbables, du genre aux archives nationales, dans des greniers de maisons familiales...). Cette pratique a disparu aujourd’hui, mais je parie qu’on connaîtra des histoires similaires avec les cendres de personnalités dont on ne sait rien de la destination finale, reprises en leurs temps par les familles (dont certaines s’éteindront faute d’héritiers), et qui pourront disparaître de la circulation ou réapparaître soudainement dans des endroits imprévus !

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BOISSY D’ANGLAS François-Antoine (1756-1826)
jeudi 8 avril 2021 à 17h45 - par  Sélim Fraysse

il est à noter que dans le tombeau, il y a aussi le père et la mère du tribun qui sont inhumés, mais les inscriptions qui signalent leur présence est peu lisible, ou illisible.

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BOISSY D’ANGLAS François-Antoine (1756-1826)
vendredi 26 février 2021 à 19h56 - par  Claude Besset

Si François-Antoine Boissy d’Anglas fut effectivement transféré à Annonay, en 1905, sa tombe à Paris n’est pas vide, et contiendrait deux membres de sa famille, ou proches, dont je n’ai plus les détails.
Sinon, il était un personnage historique très important pour l’histoire, sous la révolution, l’empire, et la restauration, au Nord-Vivarais en Ardèche, car il contribua à éviter des bains de sang au Vivarais pendant la révolution, alors que ailleurs, souvent, ça se passait très mal. Aidé de parlementaires amis, le Vivarais eut toujours une position très modérée pendant la révolution, et jusqu’à la restauration, après 1815. Aussi, François-Antoine Boissy d’Anglas contribua à ouvrir des loges Maçonniques dans le Vivarais,et à Annonay à partir des années 1770-1780, avec d’autres. C’était souvent très utile, à une époque ou l’analphabétisme était trés élevé, les Francs-Maçons participaient à expliquer les événements à la population, souvent de manière pédagogique, surtout pendant la révolution, ce qui expliquera la modération, et la tranquilitée du pays de Vivarais, ou il n’y aura pas de vagues.