VARS-SUR-ROSEIX (19) : cimetière

Visité en août 2019
mardi 7 avril 2020
par  Philippe Landru

Des personnalités liées par des liens généalogiques vous attendent dans le petit cimetière de Vars-sur-Roseix.

- Le baron Charles Frédéric CHASSERIAU (1802-1896), architecte. Sa carrière débuta en tant qu’inspecteur de la Grande Voirie de la ville de Paris et se poursuivit en Egypte où il d’abord chargé de travaux à Alexandrie (1830-1833), puis à Marseille où il devint directeur des Travaux publics (1833). Il assura la fonction d’architecte du département des Bouches-du-Rhône, d’architecte des ports de Marseille et d’Alger, et enfin à Alger où il arriva en 1849 et où il fut à trois reprises architecte en chef de la ville (1849, 1859, 1874). C’est à Alger que sa marque fut la plus notable (aménagement du front de mer avec le boulevard de l’impératrice Eugénie, devenu ensuite boulevard de la République, théâtre municipal, gare…), mais on trouve également ses réalisations à Marseille (on lui doit en particulier les portes monumentales du cimetière Saint-Pierre, l’hôpital des aliénés, le marché des Capucins…).

Il était le fils du général d’Empire Victor Frédéric Chassériau (1774-1815), fait baron en 1814, et tué d’une balle dans la tempe le soir de la bataille de Waterloo. Son corps n’a pas été retrouvé, mais le tombeau de son fils lui tient lieu de cénotaphe. Il était également le cousin-germain du peintre Théodore Chassériau [1]. , Charles Frédéric Chassériau, cousin germain du peintre Théodore Chassériau. . Sa sœur Claire épousa Jean-Baptiste Nouvion, qui suit.

- Jean-Baptiste NOUVION (1833-1898) : sous-préfet de Philippeville (Algérie) de 1862 à 1870, il accueillit l’empereur Napoléon III lors de son escale en 1865 et l’accompagna tout au long de sa visite dans la province. Trois ans auparavant, le gouvernement de l’Algérie avait invité les industriels français à prendre part à l’Exposition Universelle de Londres. Jean-Baptiste Nouvion ne manqua pas d’insister auprès de Gaétan Picon, dans ce sens. Ces manifestations n’étant pas encore entrées dans les mœurs, Gaétan Picon fit la sourde oreille. Ce que voyant, le sous-préfet entêté, prit sur lui, à l’insu du fabricant, d’expédier une caisse d’Amer algérien à Londres. À la grande surprise du sous-préfet et de Gaétan Picon, cette présentation fut couronnée de succès, puisqu’elle obtint une médaille de bronze. Récompense considérable pour l’époque qui fit la fortune de Gaétan Picon. La proclamation de la République et la chute de l’Empire provoquèrent la cessation des fonctions de Jean-Baptiste Nouvion comme représentant du gouvernement impérial. Pourtant, il retourna en Algérie comme Préfet d’Oran (Algérie), poste qu’il occupa de 1873 à 1879. A ce poste, il fit partie des rares préfets d’Empire reconduit sous la République. Dans ce département, il encouragea vivement la viticulture. Pour perpétuer son souvenir, un village d’Oranie porta le nom de Nouvion, rebaptisé après l’indépendance El Ghomri. il avait épousé Claire Chassériau, fille du baron Frédéric Chassériau. Dans ce tombeau repose également ses fils Henri Frédéric NOUVION (1862-1945), qui fut directeur de la Banque du Sénégal (1898) puis directeur de la Banque de l’Afrique Occidentale française ; et le général Frédéric Arthur NOUVION (1868-1949).

- Son frère, Etienne NOUVION (1846-1906), repose également dans ce cimetière mais dans un autre tombeau. Il fit toute sa carrière dans la magistrature : juge de paix à Constantine (Algérie), puis substitut à Oran et Castres, procureur à Muret et Verdun, président à Alais, conseiller à Nîmes, juge de paix à Paris (1902), et enfin juge d’instruction au Parquet de la Seine. Sous le pseudonyme de Étienne Rocheverre, il fut également écrivain à ses heures perdues et connu un certain succès avec quelques romans. Il s’engagea dans les zouaves de la Garde impériale en 1870. Les journaux relatèrent l’héroïsme de ce soldat sans grade qui, sous un feu meurtrier, entraîna ses camarades à l’assaut des lignes allemandes sous les murs de Paris en déclamant des vers de Victor Hugo. Dans une dédicace d’un de ses livres Et le drapeau !... et le régiment ?, son ami Joséphin Peladan le qualifia de « Seigneur Nouvion, psychologue esthète et Patriote ». Sur sa tombe, son épitaphe proclame : Je veux dormir sur cette colline où je suis né.


[1Arthur Chassériau (1850-1934), fils de Charles-Frédéric, qui fut collectionneur et grand donateur du Musée du Louvre, repose d’ailleurs à Montmartre dans le tombeau de son cousin.


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