SAINT-SERVAIS (29) : cimetière

visité en janvier 2018
vendredi 23 février 2018
par  Philippe Landru

Saint-Servais est l’une de ces communes du département dont le cimetière se trouve dans un enclos paroissial conservé. Il se distingue avant tout par l’exceptionnelle qualité architecturale du clocher de l’église et de son ossuaire.

Le calvaire du XVIIe est une œuvre de Roland Doré, maître sculpteur à Landerneau.

L’élément le plus remarquable demeure cependant la présence de plusieurs portes polychromes historiées.

L’enfant du pays repose ici : le peintre et illustrateur Yan’ DARGENT (Jean-Édouard Dargent : 1824-1899), dont la majeure partie de l’œuvre picturale est consacrée à sa Bretagne natale. Il fut un illustrateur très fécond, pour des revues telles que le Magasin pittoresque, le Musée des familles, La vie à la campagne, ou La France illustrée. De 1869 à 1878, il fut chargé par le clergé de la décoration de plusieurs églises : Saint-Servais, Landerneau, Morlaix, Ploudalmézeau et surtout la cathédrale Saint-Corentin de Quimper dont il réalisa l’ornementation de toutes les chapelles latérales, qui lui prit sept ans. Son œuvre est inégale : il connut une période académique, mais il a aussi réalisé, en dehors des Lavandières de la nuit, son œuvre la plus célèbre, des peintures comme la Petite Roscovite, qui se trouve exposée à la mairie de Saint-Pol-de-Léon. Il fut également l’auteur de couchers de soleil sur les grèves de Roscoff, ainsi que des paysages du Léon.

Avant sa mort, il avait demandé à être enterré à Saint-Servais, et que sa tête soit déposée dans l’ossuaire qu’il avait décoré, à côté des ossements de sa mère et de ses grands-parents, selon la pratique de l’époque. Un délai de cinq ans étant nécessaire pour les descendants, c’est le 8 octobre 1907 que son fils, Ernest Yan’ Dargent, muni de l’approbation de l’évêque de Quimper et de Léon, fit ouvrir le cercueil afin de procéder à la décollation. Mais après huit ans, le corps était encore en bon état de conservation, et l’abbé Guivarc’h fut obligé de trancher lui-même la tête. La belle-famille, celle issue du second mariage du père de Yan, intenta un procès qui dura six mois, à Ernest et à l’abbé pour violation de sépulture, et abus de pouvoir de la part du fils, légataire universel. Le tribunal correctionnel de Morlaix prononça l’acquittement, mais Ernest mourut quatre jours plus tard, sous le coup de l’émotion.
Le chef de Yan’ Dargent est toujours enfermé dans un reliquaire en zinc, à droite de l’autel de l’ossuaire. Un musée lui est consacré dans cette commune.


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