VILLEFRANCHE-DE-ROUERGUE (12) : cimetière de la chapelle Saint-Jean-d’Aigremont

visité en août 2020
dimanche 18 octobre 2020
par  Philippe Landru

Surplombant la bastide royale de Villefranche-de-Rouergue, sur un éperon rocheux surplombant la confluence de l’Aveyron et de l’Alzou, la colline de Saint-Jean-d’Aigremont est un ancien oppidum gaulois, dénommée « la montagne de l’éternel » des confrères Pénitents, qui culmine à 393 mètres d’altitude.

Des fouilles archéologiques ont mis au jour des vestiges gallo-romains et des sarcophages datant de la période médiévale. À l’origine fut érigée une forteresse à double enceinte. Puis un sanctuaire dédié à Saint-Jean- Baptiste en 1281, une annexe de la collégiale Notre-Dame en 1301, avant qu’en 1715, naisse l’ermitage Saint-Jean-d’Aigremont avec la construction de la chapelle du Saint-Sépulcre.

Jusqu’au début du XXe siècle, chaque Vendredi saint, les Pénitents bleus et noirs empruntaient en procession le chemin de croix qui jalonne l’ancienne voie sur le versant surplombant l’Aveyron puis le promontoire de Saint-Jean-d’Aigremont. Un Christ monumental fut érigé en 1926 sur un calvaire devant la chapelle du Saint-Sépulcre. A celle-ci est adossé un minuscule cimetière.

Je dois dire que des milliers de cimetières que j’ai visités, celui-ci fut le moins accessible de tous ! Voulant m’épargner toute la montée à pieds, j’ai voulu m’en rapprocher en voiture. Outre la difficulté à trouver la voie qui menait à proximité, je me suis retrouvé finalement sur un chemin non carrossable où je me suis embourbé, et il m’a fallu du temps pour me tirer d’affaire ! Bref : soyez vigilant si vous désirez visiter le lieu autrement que par une ascension pédestre.

Ici repose discrètement le contre-amiral Gabriel AUPHAN (1894-1982). Combattant lors de la Première Guerre mondiale en Méditerranée, nommé Gouverneur militaire de la Polynésie de 1938 à 1939, il fut fut secrétaire d’État à la Marine du gouvernement de Vichy d’avril à novembre 1942. Opposé à la politique de collaboration, il se rangea à la décision du sabordage de la flotte après l’invasion par l’Allemagne de la zone libre. Après avoir vainement incité le maréchal Pétain à quitter la métropole, il donna sa démission en novembre 1942. Il fut chargé en août 1944, par le maréchal Pétain, d’une démarche auprès du général de Gaulle afin qu’une passation de pouvoir soit officiellement menée. Cette mission fut sans suite car le général de Gaulle refusa de le recevoir et le fit arrêter. Jugé en 1946 par la Haute Cour de justice qui le condamna aux travaux forcés, à l’ indignité nationale à vie ainsi qu’à la confiscation de ses biens, sa peine fut substantiellement adoucie quelques années après.

Il consacra par la suite sa vie à l’écriture : proche du général Weygand et du colonel Rémy, il publia ses souvenirs et défendit la thèse du double-jeu de Vichy, restant loyal à la mémoire de Pétain dont il présida l’Association pour défendre la mémoire.


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