Carcassonne. Saint-Michel et ses morts célèbres

Article de Ladepeche.fr - 02 novembre 2010
mardi 2 novembre 2010
par  Philippe Landru

Le cimetière Saint-Michel n’a plus aucun secret pour lui. Jean-Louis Bonnet en connaît les moindres recoins. Et presque toutes les tombes, du moins celles qui accueillent les dépouilles d’illustres personnages de la ville.

Hier matin, peu après les cérémonies officielles rendant hommage aux soldats morts pour la France, l’historien avait donné rendez-vous à celles et ceux désirant en connaître davantage sur les petits secrets de Saint-Michel. Peu après 11 heures, un vingtaine de « touristes » pas comme les autres ont donc commencé à déambuler entre les allées du cimetière, les sépultures et les tombes pour un cours d’histoire pas comme les autres.

De Lacombe à Sarrail

De Paul Lacombe, « qui eut le tort de rester à Carcassonne », selon Jean-Louis Bonnet en passant par le caveau désormais vide du général Sarrail - sa dépouille se trouve aujourd’hui aux Invalides - de Christian Roumens dont un boulevard porte le nom à la tombe de Sophie d’Arsenieff, l’une des demoiselles d’honneur de l’impératrice de Russie, la visite du cimetière en deviendrait presque ludique. L’historien en tout cas se fait fort d’apporter un rapide éclairage sur toutes ces personnalités qui ont fait Carcassonne, écrit et participé à un petit bout de l’histoire de France. Comme celle de ces cavaliers du 19e Dragons qui se noyèrent dans la traversée de l’Aude, en août 1909, à la Fajeolle et qui reposent à quelques pas du carré militaire, où des simples croix blanches tranchent sur la grisaille et la noirceur des tombeaux civils.

On y enterrait les pestiférés

Si c’est un arrêté royal en date de 1778 qui a officialisé la « naissance » du cimetière Saint-Michel, le lieu fut utilisé dès le XVIe siècle par les habitants de la ville pour y enterrer les nombreuses victimes de l’épidémie de peste de 1592. Agrandi dès 1870, le cimetière compte plusieurs centaines de sépultures. Les plus anciennes remontent au tout début des années 1800.


Petites histoires et grands destins du cimetière Saint-Michel

Article de l’indépendant.com - 02 novembre 2010

A chaque ville son livre d’histoire en plein air.

Partout, stèles, plaques et sépultures de cimetières racontent la chronique de leur cité. A Carcassonne, le récit a pour cadre le cimetière Saint-Michel, en hauteur entre la caserne Laperrine et le Païcherou.
« Les belles tombes sont plus nombreuses au cimetière Saint-Vincent, mais c’est ici que reposent le plus de figures carcassonnaises », indique l’historien local Jean-Louis Bonnet, qui invitait hier à une visite commentée. A l’origine, la création de ce cimetière, en 1778, lorsqu’un arrêté interdit d’enterrer dansles villes.

« Le cimetière Saint-Michel a été aménagé à l’endroit où l’on enterrait les pestiférés dès la fin du XVIe siècle », explique Jean-Louis
Bonnet près des plus anciennes sépultures, datées de 1809 et 1813, aujourd’hui enserrées au milieu de tombes plus récentes.

Un « pacificateur du Sahara »

A l’inverse, c’est en bordure, voire au carrefour des grandes allées que se dressent les stèles les plus prestigieuses. Celle de la famille de Rolland du Roquan, qui donna son nom au bel hôtel particulier qui abrite aujourd’hui
la mairie. Celle des La Perrine d’Hautpoul, dont l’un des membres, Henri La Perrine (1869-1920), général de division est cité dans la pierre comme « pacificateur du Sahara » pendant la Première guerre mondiale. Dans le désert, il avait notamment rencontré Charles de Foucauld. A plusieurs reprises, les allées du cimetière Saint-Michel renvoient à des contrées lointaines. Voisine de concession du général Sarrail
(lire encadré ci dessous), une demoiselle d’honneur de la tsarine Alexandra vit son dernier repos bien loin de la cour de Russie. « Sophie d’Arsenieff est décédée de passage à Carcassonne en 1840 », commente Jean-Louis Bonnet. Une autre histoire, plus récente et plus tragique, se rappelle au visiteur dans un autre secteur : le caveau de Louis Amiel, président du comité local de Libération et chargé d’administrer la municipalité, a abrité les restes des résistants Jean Bringer et Aimé Ramon, exécutés à Baudrigues, avant leur transfert vers d’autres sépultures. Dans le même contexte de la Seconde guerre mondiale, la tombe de Joseph Justo, dit « Chim Boum-Boum », « lâchement assassiné par les Allemands », évoque le massacre du quai Riquet, le 20 août 1944. Pages d’histoire, mais aussi personnalités ayant forgé le patrimoine culturel, artistique, politique et sportif de Carcassonne
 : le parcours entre les cyprès de Saint-Michel est un récit aussi évocateur que silencieux.


C’est l’une des figures militaires représentées au cimetière Saint-Michel, même si son corps fut inhumé aux Invalides, à Paris, au côté des grands hommes de guerre français. Né à Carcassonne en 1856, le général Sarrail s’est notamment illustré pendant la Première guerre mondiale. Nommé général de division en 1911, il commande, au début du conflit, le 6e corps d’armée. participe à la première bataille de la Marne, lors de laquelle il défend Verdun encerclé. Plus tard, en 1924, le général Sarrail est nommé haut-commissaire de la République française en Syrieet commandant en chef de l’armée du Levant, en remplacement du général Weygand. Il rentre à Paris en 1925, où il meurt en 1929.

La visite du cimetière Saint-Michel est un parcours à travers l’histoire de Carcassonne. Un guide disponible à l’entrée permet de s’orienter parmi les sépultures illustres.


Commentaires

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Carcassonne. Saint-Michel et ses morts célèbres
mercredi 26 janvier 2011 à 12h32 - par  sarah

peut-on retrouver un mort ( complètement banal )de la guerre 14-18 dans le cimetière St Michel ?

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