MONÊTIERS-LES-BAINS (le) (05) : cimetière

Visité en février 2012
dimanche 4 mars 2012
par  Philippe Landru

Connue de tous les skieurs pour être l’une des stations de Serre-Chevalier, mais également des thermalistes, le Monêtiers-les-Bains, à 1500 mètres d’altitude a son origine dans un monestier (ou monastère), lieu d’accueil et refuge pour les pèlerins créé au IXe siècle par des moines à l’initiative d’Eldrade, supérieur de l’Abbaye de la Novalaise, canonisé depuis par l’Eglise et désormais Saint-patron de la paroisse.

Il ne reste plus rien du dit monastère, mais le village qui fut édifié autour subsiste. L’entrée du cimetière se signale justement par un oratoire dédié à Saint-Eldrade. Une statue du saint se trouve à l’entrée, dans un édicule construit avec des pierres de la région.

On peut dire que le cimetière se trouve au bout des pistes ! L’animation sonore qui y règne en fin de journée se répercute dans le cimetière, le tout dans le cadre majestueux des montagnes !

Quelques vieilles tombes et chapelles subsistent, mais les reprises dominent ici plus facilement que dans les petits cimetières enclavés de montagne. Le Monêtiers possède évidemment son quota de guides et d’alpinistes morts en montagne. Parmi eux, l’alpiniste himalayiste Jean BOUVIER, qui fut l’un de ceux qui fut emporté par une avalanche le 7 juillet 1964 à l’aiguille Verte. C’est également dans cette ascension que mourut l’alpiniste Charles Bozon (qui repose au cimetière de Chamonix). Leur mort provoqua une forte émotion et l’événement fit la une de Paris-Match qui lui consacra douze pages.

C’est également dans ce cimetière que repose le photographe autrichien Mario ATZINGER (1908-1990). Sportif et passionné de montagne, il devint moniteur de ski puis guide de haute-montagne. À la suite d’une grave chute, les pieds gelés, il dut subir une amputation partielle. Fermement opposé au nazisme, il quitta son pays lors de l’Anschluss et s’exila en France. Dénoncé et arrêté durant l’Occupation, il fut déporté à Buchenwald. Il survécut et ouvrit un studio photographique à Avignon. Il y rencontra Jean Vilar et une relation amicale durable s’installa entre eux, et celui-ci put, chaque année, fréquenter en toute liberté les coulisses et les plateaux du Festival où il prit des milliers de clichés. Son oeuvre demeure aujourd’hui la mémoire photographique du célèbre festival. Mort à Avignon, il préféra être inhumé aux pieds des montagnes.

Lors de la visite en hiver, un détail incongru se retrouve de tombes en tombes : cagettes, plastiques et caissons hermétiques ! Il s’agit tout simplement de protéger du gel les plantations !


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