LARGENTIÈRE (07) : cimetière

visité en août 2020
lundi 16 mai 2022
par  Philippe Landru

Situé à l’origine près de l’église, c’est en 1782 que le cimetière de Largentière fut aménagé là où il se trouve actuellement.

Une plaque sur le tombeau de famille Helly attire le regard : quelques recherches nous permettent d’identifier la présence d’Henri Helly (+2016). Cet assureur n’était pas une personnalité notable, mais il était l’un des trois propriétaires de la parcelle de garrigues sur laquelle on découvrit en 1994 la grotte Chauvet. Exproprié par l’Etat, il fut contraint à une action en justice pour obtenir un juste dédommagement.

Y reposent :

- L’avocat Adolphe BEAUSSIER (1825-1900), qui fut député de l’Ardèche de 1888 à 1889 et siègea à gauche. Dans sa tombe repose également la musicienne Arlette RICHARD-BRANDE (1931-1999).

- Marius MOUTET (1879-1968) : avocat, membre du Comité central de la Ligue des droits de l’homme, député du Rhône (1914-1928), il fut pendant la Première Guerre mondiale chargé par Aristide Briand de convaincre le nouveau gouvernement russe, dirigé par Alexandre Kerensky, de continuer la guerre aux côtés de la France et de la Grande-Bretagne. Député de la Drôme en 1929, il devint spécialiste des questions coloniales et prôna une politique généreuse d’assimilation, refusant la répression brutale et le paternalisme condescendant. Il fut l’avocat des indépendantistes vietnamiens. Ministre des Colonies dans les gouvernements de Front populaire, il fut confronté aux difficiles questions coloniales. Il supprima le bagne en Guyane. Pour améliorer le sort des populations colonisées, il vida le code de l’indigénat de sa substance au cours des années 1936 et 1937 et l’abrogea complètement en 1938. Il fit également interdire le travail forcé dans toutes les colonies, multiplia les initiatives pour associer les colonisés à l’administration de leur territoire : c’est lui qui nomma pour la première fois un fonctionnaire noir, Félix Éboué, comme gouverneur de la Guadeloupe, puis de l’Afrique-Equatoriale française (AEF). Il fut l’un des quatre-vingts parlementaires qui refusèrent les pleins pouvoirs à Philippe Pétain en 1940. II entra dans la clandestinité, puis se réfugia en Suisse pour échapper à l’arrestation. À la Libération, il fut réélu député de la Drôme aux deux Assemblées nationales constituantes en 1945, puis fut élu au Conseil de la République. Il retrouva le ministère de la France d’Outre-mer (1946-1947), et négocia avec Ho Chi Minh. À partir de 1947, il représenta le Soudan français (aujourd’hui Mali) au Conseil de la République puis le département de la Drôme dès 1948 sous les IVe et Ve Républiques jusqu’à sa mort. Repose également dans ce tombeau de famille sa fille Marianne (1904-2000), qui épousa Georges Basch, le fils du philosophe Victor Basch, cofondateur et président de la Ligue des droits de l’homme. Sa dalle, que j’ai cherché longtemps dans plusieurs cimetières de France, est quasiment illisible !

- L’acteur Gaston ORBAL (Gaston Labro : 1898-1983), qui tourna pour le cinéma des années 30 aux années 60. Je n’ai pas retrouvé sa tombe.

- Le peintre Jérôme TISSERAND (1948-2015).

- Le député Camille VIEILFAURE (1823-1891) : cousin de Firmin Boissin, avocat et maire de la commune, il fut député de l’Ardèche de 1881 à 1885 et de 1886 à 1889, siégeant à gauche.


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vendredi 14 février 2014

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