Le cimetière de Nuestra Señora de la Salud fut édifié en 1811, pendant l’occupation napoléonienne, sur ordre du roi Joseph Ier à côté de l’ermitage de Nuestra Señora de la Salud (construit en 1805) qui lui donna son nom. Envisagé dès 1804 en raison d’une épidémie de fièvre jaune, le manque de moyens et la régression de l’épidémie firent renoncer les autorités. C’est cependant pendant l’occupation napoléonienne de l’Espagne que les autorités françaises décidèrent de créer des cimetières publics qui mettraient fin à la coutume d’enterrer les cadavres dans les églises. C’est ainsi que fut publié à Madrid un décret signé par Joseph Ier Bonaparte le 4 mars 1809 ordonnant la construction d’un cimetière à Cordoue. Le terrain destiné à cet effet était situé au sud-ouest des limites de l’ancienne ville, en face de la Puerta de Sevilla. Ces travaux commencèrent en 1810
Inauguré en 1811, il fut agrandi jusqu’en 1833, date à laquelle il adopta son plan définitif. En 1846, l’Ermitage fut intégré au cimetière lui-même.
Pendant la guerre civile, la fosse commune du cimetière fut remplie des corps d’environ un millier de personnes réprimées par le régime franquiste. Un monument dédié aux victimes, les « Murs de la Mémoire », fut édifié en 2011.
Comme c’est souvent le cas en Espagne, le cimetière est constitué d’une succession de patios où l’espace central, arboré, contient des tombes, tandis qu’autour se trouvent des murs de columbarium ou d’enfeus.
Les œuvres, statues, médaillons ou vitraux y sont nombreuses.
Reposent en particulier dans ce cimetière quatre des cinq « Deuxième Calife de la Tauromachie » ; titre honorifique accordé aux grands matadors de la province de Cordoue.
– Le torero LAGARTIJO (Rafael Molina Sánchez : 1841-1900), le « Premier Calife de la Tauromachie ». Sa
carrière brillante ne commença à décliner qu’au début des années 1890. Il mourut dans une atmosphère de vénération générale.
– Le torero GUERITTA (Rafael Guerra Bejarano : 1862-1941), l’un des plus grands matadors de son
époque, le « Deuxième Calife de la Tauromachie ».
– Le torero MACHAQUITO (Rafael González Madrid : 1880-1955), qui combattit de 1897 à 1913. Il a été
nommé par la vox populi « Troisième Calife de la Tauromachie » après « Lagartijo » et « Guerrita ».
– Le torero MANOLETE (Manuel Laureano Rodríguez Sánchez : 1917-1947) : Quatrième calife de la
tauromachie, il est considéré comme l’un des plus grands maîtres de tous les temps et l’une des icônes de la tauromachie. Son style a fait évoluer l’art de la muleta. Il a porté à son paroxysme la révolution de José Gómez « Joselito » et l’esthétique de Juan Belmonte, qui avait transformé la tauromachie quelques décennies plus tôt. Son influence a été énorme, car son style a été remarqué chez tous les toreros ultérieurs. Il mourut après avoir reçut un coup fatal d’un taureau de 495 kg. Son mausolée fut réalisé par le sculpteur Amadeo Ruiz Olmos.