MONTS (37) : cimetières

visité en août 2025

Monts possède deux cimetières.


Ancien cimetière


Au cœur de la commune, il possède encore une bonne partie de son patrimoine funéraire ancien - tombes encore entourées de leurs grilles -. Il est globalement en mauvais état. Un plan bienvenu à l’entrée du cimetière permet d’identifier les défunts qui s’y trouvent.

Au centre, une seule chapelle massive : c’est celle (anonyme) de la famille DRAKE del CASTILLO. Y reposent Santiago (1805-1871), riche planteur de canne à sucre anglo-espagnol de Cuba qui s’installa au château de Candé - qui se trouve sur la commune de Monts - en 1853 ; agrandit considérablement le château et développa sur ses terres la culture de la vigne ;

et son fils Jacques (1855-1918), qui poursuivit l’œuvre de son père sur le domaine de Candé. Maire de la commune de 1880 à 1900, il fut député du département de 1893 à 1906 sous la bannière des républicains progressistes. Il se signala pour son antidreyfusisme. Inhumé au Père Lachaise à Paris, il fut ultérieurement transféré dans la chapelle familiale.

On trouve également dans ce cimetière la tombe de François Proust (+1888), dont l’épitaphe proclame "Ici repose le corps de François Proust, natif de Tours, chevalier de la Légion d’honneur, décoré de plusieurs médailles de sauvetage décernées par ordre du roi en 1839 et 1842, lieutenant de la Garde nationale de Monts en 1870 et 1871, ex-comptable de Messieurs Drake del Castillo père et fils, décédé le 25 janvier 1888 à l’âge de 88 ans."


Nouveau cimetière


Situé en périphérie de Monts, il offre un tout autre profil où le minéral l’emporte sur la végétation.

Au centre du cimetière se dresse un monument commémoratif de l’explosion de la poudrerie du Ripault. La poudrerie nationale du Ripault à Monts fut créée en 1786 par Antoine Lavoisier, alors régisseur général de l’Administration royale des poudres. Elle était considérée, dans les années 1840, comme « la plus belle poudrerie d’Europe ». Pendant la première guerre mondiale, elle employa jusqu’à 6 000 ouvriers et connut un grand développement en produisant la poudre B qui a supplanté la poudre noire. Au début de la seconde guerre mondiale, au maximum de son extension, ses installations s’étendaient sur 120 ha. Malgré ces précautions, plusieurs explosions ou incendies se produisirent au Ripault en 1811, 1825 (12 victimes le 3 août), 1839, 1877, 1901 (18 morts le 18 septembre), 1917 (trois accidents successifs faisant au total deux victimes) et 1925. Pour ces raisons, ce monument commémoratif se trouvait auparavant dans l’ancien cimetière.

Entre 1940 et 1941, la poudrerie fut placée sous contrôle allemand puis fin 1942, les autorités d’Occupation décidèrent de remettre la poudrerie du Ripault en état de fonctionnement pour la fabrication de poudre au profit de l’armée allemande : elle fonctionnait avec du personnel français.

A 11h03, le 18 octobre 1943, une étincelle provenant d’une des caisses provoqua une première explosion. Deux autres suivirent et des incendies se propagèrent dans une vingtaine de dépôts et d’ateliers. Au total plus de 800 tonnes de poudre brûlèrent ainsi.

Les toitures des bâtiments voisins furent soufflées par l’explosion. Les premiers secours arrivèrent, guidés par le nuage de fumée. L’explosion d’un convoi en cours de déchargement creusa un cratère de 15 mètres de profondeur et entraîna la destruction d’une grande partie des installations : 21 ateliers furent rasés. Les effets furent ressentis jusqu’à Tours, à 10 km de là, où des vitrines se brisèrent et où la voûte d’une église s’effondra partiellement.

Les Allemands n’ayant jamais publié de bilan humain dans leurs rangs, et les personnes décédées ultérieurement de leurs blessures n’ayant pas été comptabilisées ; il est difficile de dresser un bilan exhaustif des victimes : plusieurs dizaines de morts et plus de 300 blessés.

On y trouve aussi la tombe originale d’une personnalité locale, Jacques Rogerieux (+2022). Maçon et tailleur de pierres, il avait bâti dans son jardin des reproductions fidèles, de 2,5 m de long et de 1,40 m de haut, des châteaux d’Azay-le-Rideau et de Chenonceau. Il fut également poète, auteur d’un recueil, Les aperçus de l’existence. Sa tombe est à l’image de la passion du personnage.

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