Village perché de la Drôme provençale aux nombreuses et pittoresques ruelles ; ancienne propriété des Adhémar, cédée à l’évêque de Valence ; Mirmande est un village médiéval typique. Haroun Tazieff
en fut maire de 1979 à 1989. Ses authentiques maisons en pierre abritent de nombreux ateliers d’artistes et artisans d’art, ainsi que des poteries.
Au XIIe siècle, le cœur du village était situé dans la partie haute, où se trouvait le château et le prieuré, dont il ne subsiste que l’église Sainte-Foy (XIIIe siècle), surmontée d’un clocher-tour massif. Aujourd’hui désacralisée, elle accueille des expositions temporaires et des concerts.
C’est contre elle qu’est adossé le cimetière du village, pittoresque et ombragé de cyprès.
Le village doit sa renommée au célèbre peintre cubiste, André Lhote. En 1924, il découvrit le village alors à peu près abandonné. Il fit l’acquisition d’une maison, encore en bon état, et vint tous les ans y installer une « académie d’été ». Il contribua ainsi à la renaissance et à la sauvegarde du village. Pendant l’occupation, de nombreux peintres trouvèrent refuge auprès d’André Lhote, et Mirmande devint un lieu très vivant de création artistique. Plusieurs d’entre eux reposent dans le cimetière.
– Le pilote automobile Jules GOUX (1885-1965), qui en 1913 devint le premier pilote européen
à remporter (sur Peugeot L76) les 500 miles d’Indianapolis, épreuve à laquelle il participa à cinq reprises y compris pendant la Première Guerre mondiale. Au total, Goux participa à neuf Grand Prix de France, de 1912 à 1914, puis de 1921 à 1926.
– Le peintre et illustrateur Guy MARANDET (1917-2011), qui fut directeur de l’École
d’art de la ville de Paris, et qui près plusieurs séjours réguliers à Mirmande dans la maison d’André Lhote y acquit en 1953 une bâtisse en ruine qu’il restaura inlassablement durant trente années de vacances.
– L’écrivain Jean NORTON-CRU (1879-1949), connu pour son essai Témoins, paru en 1929,
dans lequel il contrôla la véracité des témoignages publiés par des combattants de la Première Guerre mondiale. Ancien combattant de la Guerre, son but fut de « rassembler les relations des narrateurs qui ont agi et vécu les faits, à l’exclusion des récits des spectateurs, qu’ils soient du quartier-général […] ou dans leur bureau » afin de « faire un faisceau des témoignages des combattants » en les dissociant « d’avec la masse énorme de littérature de guerre où ils se trouvent noyés ».
– La peintre Marcelle RIVIER (1906-1986),
ancienne élève à l’école de peinture d’André Lhote, qui s’installa vers 1940 à Mirmande. Elle repose sous une tombe anonyme.