De de la fin des années 30 à la fin des années 90, le funéraire entre dans une standardisation morne que décuplent les catalogues "prêt-à-porter" des agences funéraires qui visent le meilleur rapport coût/durée de fabrication : conformisme des tombes, où seules les couleurs de granit changent ; conformisme des épitaphes... Les mœurs ont changé : on n’investit moins dans le funéraire (surtout que les prix grimpent). Exit, même pour les familles les plus aisées, les monuments imposants ornés.
Depuis les années 2000, on constate néanmoins une évolution des modes funéraires. Progressivement, l’individualisme gagne les tombeaux. Constat : le phénomène commence dans les cimetières parisiens et ceux des grandes villes, puis s’étend, de manière variable selon les régions, selon les pays. Si le monde latin demeure plutôt conservateur, le monde anglosaxon s’affranchit davantage. Plusieurs facteurs y contribuent : le modèle traditionnel du tombeau familial austère où étaient regroupés plusieurs générations s’étiole avec l’accroissement des mobilités familiales, mais également de leur recomposition. L’essor de la crémation suit le mouvement : là où les plus vieilles plaques étaient faites sur le même modèle, on ose désormais des ornementations plus singulières, allant chercher l’inspiration dans des domaines toujours plus variés, comme en témoignent les plaques qui suivent.
Aux représentations essentiellement religieuses succèdent bien des inspirations profanes, selon les passions et les goûts des défunts. Cet article en présente un certain nombre ; autant de témoins de l’évolution des sociétés, inimaginables il y a plus de trente ans. Tags, cultures populaires dans leur diversité (y compris celle du vocabulaire), tombeau de couples homosexuels, repères générationnels, attachement à un club de foot, à une idole... Le tout pour le meilleur... et parfois le pire !
Les nouvelles technologies au service du funéraire
L’art funéraire évolue également parce que les technologies nouvelles le permettent. Ces dernières années, souvent poussées par des considérations écologiques et durables, plusieurs innovations ont fait leur apparition :
– accentuation de la végétalisation,
– abandon des moyens phytosanitaires pour la préservation de la flore et de la faune,
– rénovation -plutôt que destruction - des anciennes chapelles abandonnées pour en faire des columbariums, mis en place au Père Lachaise et depuis adopté dans un nombre croissant de cimetières,
– Introduction de matériaux plus "doux", tel que le bois traité.
La couleur fait son apparition, sur les tombes, sur les plaques, et même sur les cercueils, qui peuvent être désormais customisés.
Des modes sont apparues ces dernières années :
– celle, parmi les familles slaves ou gitanes, de représenter les défunts en taille réelle.
– Certaines cases de columbarium deviennent des conservatoires des multiples aspects du défunt.
– De plus en plus, les défunts sont représentés avec leurs animaux.
– La spiritualité bouge : chacun se fait son petit jardin spirituel, où Bouddha côtoie Jésus.
Signes des temps...
La bande dessinée et les dessins animés
Rarement évoquée en tant que passion : c’est plutôt les valeurs que véhicule(nt) le(s) personnage(s) qui sert à individualiser une passion du défunt. Dans le cas de Tintin par exemple, ce peut être le voyageur infatigable qui est valorisé, ou simplement une passion du défunt.
Un personnage peut plus simplement apparaître sur la tombe de son créateur.
"Peoplerie"
Assez étonnement, dans un monde hypermédiatisé où l’on s’arrache les actualités sur les "people", ceux-ci n’apparaissent pour l’instant que très rarement sur les tombes, peut-être par un dernier relent de décence vis-à-vis du lieu. Peut-être verra-t-on dans un futur pas si lointain des plaques "Tu étais toute ma vie" illustrées avec Kim Kardashian !
A ce jeu là, Hallyday est pour l’instant le grand vainqueur.
Idem pour les sources d’inspirations : Lamartine et Hugo ont cédé la place à des auteurs plus contemporains !
Petit Prince
Une catégorie pour lui tout-seul ! C’est dire si la poésie (touchante ou mièvre, selon les goûts) de ce roman a marqué les Français.
La fidélité à son club de foot