L’église Saint-Pierre-et-Sainte-Lucie a été construite autour du Xe siècle sur le tombeau de Sainte Lucie, qui vécut aux Ve siècle ou VIe siècle, ou selon d’autres sources au XIe siècle. Cette fille d’un roi écossais se serait enfuie pour fuir la débauche de la cour de son père et serait devenue bergère à Sampigny (!).
Tandis qu’elle gardait son troupeau, elle aurait construit de ses mains, avec l’accord du propriétaire de la terre, un petit sanctuaire. A sa mort, en odeur de sainteté, on fit donc bâtir une église sous laquelle on pouvait admirer une grotte, dans laquelle, dit-on, elle aimait à se réfugier. Invoquée par les femmes stériles, l’église de Sampigny faisait l’objet d’un important pèlerinage. Ainsi la reine de France, Anne d’Autriche, accompagnant son époux Louis XIII au retour de la campagne contre Charles IV de Lorraine en 1633, s’y arrêta afin de demander à la sainte un dauphin.
Deux chapelles sont élevées à sa mémoire à Sampigny, dont l’une dans le cimetière.
Le cimetière de Sampigny étend ainsi ses sépultures autour de la petite chapelle de sainte Lucie, jadis rattachée au couvent des Minimes, construit sur ordre de la duchesse Henriette de Lorraine, au XVIIe siècle, et détruit sous la Révolution.
Henriette de Lorraine (1605-1660) : fille de François de Vaudémont, elle connut une existence tumultueuse. En 1621, elle épousa le fils de Louis de Guise, baron d’Ancerville, qui venait de recevoir les principautés de Phalsbourg et de Lixheim. Las de ses infidélités, le prince s’engagea dans les batailles aux côté du duc de Lorraine Charles IV et mourut en 1631 ; il fut inhumé plus tard à l’église Ste Lucie, à Sampigny. En 1635, des divergences profondes avec le roi Louis XIII et le Cardinal de Richelieu, obligèrent la princesse à prendre la fuite. Ruinée et en exil, elle jeta son dévolu sur un général d’artillerie, Dom Carlos Guasco, qu’elle croyait riche et l’épousa en 1649. Ce dernier mourut deux ans plus tard. En 1652, elle épousa François Grimaldi, seigneur Génois et banquier à Anvers. Cette alliance contribua à ramener le calme dans les États d’Europe. En 1659, Le couple regagna Sampigny où ils restaurèrent le château qui avait été pillé par les troupes françaises. A leur mort, Henriette et son dernier époux furent inhumés côte à côte à l’église de Ste Lucie. A l’entrée du cimetière, une plaque épitaphe rappelle son existence.
Dans ce cimetière repose le physicien Pierre JACQUINOT (1910-2002). Plus jeune agrégé de physique en 1932, il fut un spécialiste éminent de la spectroscopie atomique et instrumentale et de la physique atomique. Il passa l’essentiel de sa carrière au laboratoire du CNRS du grand électroaimant de Meudon-Bellevue. Maître de conférence à la faculté des sciences de Paris – puis professeur – et revint à Meudon où il mit au point une nouvelle méthode, le spectromètre par transformée de Fourier, qui eut un impact considérable notamment en spectrophysique. Sous sa direction à partir de 1951, ce laboratoire devient un pôle de recherche renommé. De 1962 à 1969, Pierre Jacquinot devint directeur général du CNRS – il créa alors les laboratoires associés- avant de revenir à Meudon où il développa la spectroscopie laser. Ce patron chercheur, qui a été aussi professeur à la faculté d’Orsay, entra à l’Académie des sciences en 1966 et en fut le président de 1981 à 1982.