BAR-LE-DUC (55) : cimetière Sainte-Marguerite

visité en avril 2024

Depuis le Haut Moyen Age, un grand cimetière unique se trouvait autour de l’église Notre-Dame. Finalement, la municipalité décida en 1813 de construire un nouveau cimetière plus à l’est de l’ancien, au lieu-dit “Les Chènevières”. Celui-ci fut agrandi en 1837. Dès 1849 pourtant, les travaux liés à l’arrivée du chemin de fer dans la cité obligèrent les édiles à envisager un nouveau déplacement du cimetière. En 1850 fut donc créé l’actuel cimetière Sainte-Marguerite, à l’emplacement d’anciennes vignes à l’extérieur de la ville.

Le cimetière est organisé en "cantons".


Curiosités


 la stèle la plus ancienne du site est signalée comme telle : c’est celle du marchand
Dominique Villeroy, datée de 1820, transférée du cimetière de l’église Notre-Dame en 1850.

La plus haute tombe du cimetière est l’étonnante chapelle Chartener, Chardin et Gillot au sommet crénelé.


 Au centre du cimetière se trouve une croix de mission.


 

Une tombe témoigne de la persécution des prêtres réfractaires durant la Révolution : Claude Rollet, curé de Saint-Etienne et archiprêtre de Notre-Dame de Bar-le-Duc fut déporté en 1794 à Rochefort où il fut prisonnier dans les fameux pontons, prisons flottantes, en rade de Rochefort, où des prêtres qui ne voulaient pas prêter serment à la constitution civile du clergé pendant la période de la Terreur avaient été regroupés et internés en vue d’être déportés vers les bagnes de Guyane. Les bateaux ne partirent finalement jamais, mais deux tiers décédèrent du typhus dû à l’insalubrité extrême et aux mauvais traitements. Soixante-quatre d’entre eux furent béatifiés par Jean-Paul en 1995. Claude Rollet survécut et mourut à Bar-le-Duc en 1836.


 

Une partie du canton 15 fut attribuée aux tombes de soldats allemands tombés en 1870.


 Dès 1915, la proximité du front et la présence de six hôpitaux militaires dans la ville nécessitèrent la création d’une cimetière militaire spécifique. Celui-ci fut accolé au cimetière civil. Il regroupe les dépouilles de 3 183 soldats dont 63 en deux ossuaires morts pour la France lors des batailles de Verdun, ainsi que sept Britanniques. En 1941 puis en 1945, les corps des soldats et victimes décédés au cours de la Deuxième Guerre mondiale y ont été réunis.

 On trouve également dans le centre du cimetière une chapelle-ossuaire où furent regroupés des militaires exhumés des différents cantons.

Enclos Oudinot
Cet enclos fut créé en 1810 lors de la mort de la première épouse du maréchal Oudinot, Françoise Charlotte Derlin. Il se trouvait initialement dans le cimetière de l’église Notre-Dame. Il fut transféré en 1857 dans ce cimetière par Eugénie de Coucy, seconde épouse du maréchal, qui y repose. Le maréchal Oudinot repose quant àlui aux Invalides.
L’enclos est le lieu d’inhumation de la descendance directe et collatérale du maréchal. L’ensemble fut restauré par la ville en 2017.
Monument aux victimes de la guerre de 1870, attribué au sculpteur Pierre-Eugène Caveneget.
Monument dédié àLucien Hogard, aspirant de marine.
Chapelle Abel Varnier.
Chapelle due au sculpteur Forgeot enterré àcôté, dédiée àAbel Varnier, avocat, par sa mère qui a voulu se faire représenter au sommet agenouillée. La statue est
signée Desprey.
Tombe d’Alcide Marchal, officier au 1er Tirailleurs algérien, tué au combat en 1882.
Monument de la famille Philippot-François dit “l’Ange àla Trompetteâ€
Monument exécuté suite au décès de Pierre Alexandre Philippot (1870). Il était l’époux de Jeanne Joséphine François, cousine germaine d’Auguste François, ancien élève de David d’Angers àParis, plus tard, directeur de l’école des Beaux-Arts de Santiago du Chili. Sur un amas de roches est debout un ange. Il brandit de la main droite levée une trompette, tandis que sa main gauche écarte les branches d’un saule pleureur, laissant entrevoir la tête d’un squelette.
Monument funéraire d’Augustine Thomas, dit “L’Ange du Jugement dernierâ€
Réalisée pour une jeune femme morte à26 ans par Pierre-Eugène Cavénéget, qui semble s’être fortement inspiré du monument précédent (“l’Ange àla Trompette†)
Saint-Augustin et Sainte-Monique sur la tombe du prêtre Mouzon - œuvre de Caveneget.
Sculpture dite “àla jeune fille†en mémoire de Marie-Julie Berthe MANGIN morte en 1888 àl’âge de 11 ans par Tacnet.
Tombe Phulpin par Clausse

Conformisme architectural sur les obélisques d’anciens officiers militaires.

Tombe du capitaine Laffrique (+1881) - ornements militaires par Caveneget.
Porte enseigne Nicolas Etienne.
Tombes Paillot.
Tombe du général Louis Ringenbach (1854-1921)
Tombe Frambaux "au pélican"
Chapelle Spite
Chapelle Drouot - Métayer

Célébrités : les incontournables...



... mais aussi


 Le pharmacien Remy-Emile BALA (1830-1908), qui fut maire de Bar-le-Duc de 1882 à 1888, créateur d’un sirop « pectoral et anti-nerveux » et de pastilles qui portaient son nom.

 Auguste BLANPAIN de RENUSSON (1829-1911) : rentier, il fut l’auteur de plusieurs essais politiques publiés dans les années 1860 qu’il signa du nom de plume « B. de Renusson ». Comme il avait la phobie d’être enterré vivant, l’une des clauses de son testament stipulait que son cercueil devait être entreposé pendant un mois dans une chapelle éclairée par une veilleuse et dont la clef resterait à l’intérieur. Cette disposition n’ayant été découverte qu’après son inhumation, la commune dut retirer le cercueil du caveau où il avait déposé six jours plus tôt afin de pouvoir accomplir cette dernière volonté ! (canton 14).

 L’industriel Henri BOMPARD (1821-1906), qui fut maire de Bar-le-Duc entre 1867

et 1875, député (1871-1876) puis sénateur (1876-1879) de la Meuse. Il était le cousin par alliance de Raymond Poincaré.

 Pierre Hyacinthe BOUCHER de MORLAINCOURT (1756-1831) : militaire français

de la Révolution et de l’Empire, il fut directeur des fortifications de Montpellier (canton 13).

 Le maître de forges Ernest BRADFER (1836-1882), qui fut maire de Bar-le-Duc de

1879 à 1882 (canton 20).

 Le général Jean-Baptiste BROUSSIER (1766-1814), qui fit les campagnes

révolutionnaires puis impériales. Gouverneur de Milan, puis de Parme et de Plaisance, il prit une part notable à la victoire française lors de la bataille de Wagram. Il devint comte d’Empire en 1809 (canton 11).

 La famille de sculpteurs CAVÉNÉGET, auxquels on doit tant de tombeau du cimetière, repose dans deux tombeaux : Jean-Baptiste (1779-1860) et Jean-Joseph (1806-1870) dans le canton 18 ; Pierre-Eugène (1858-1901) et Antoine (1876-1948) dans le canton 3.

Tombeau Cavénéget du canton 18
Tombeau Cavénéget du canton 3

 Le maître-verrier Louis Charles CHAMPIGNEULLE (1853-1905) (canton 4).

 Le romancier et critique littéraire Albert CIM (Albert Cimochowski : 1845-1924),

collabora à de nombreux journaux. Il publia en librairie des ouvrages pour la jeunesse et des romans, qui lui valurent d’être cinq fois lauréat de l’Académie française (canton 17).

 Le peintre décorateur Édouard Léon DAMAIN (1872-1947) (canton 17).

 Jean-Baptiste DEMANGEOT (1769-1855) : colonel des armées impériales, aide

de camp du Maréchal Oudinot et baron d’Empire, il fut maire de la commune de 1813 à 1815 (canton 13).

 L’avocat Jules DEVELLE (1845-1919), secrétaire de Jules Grévy puis

préfet de l’Aube (révoqué du fait de ses opinions politiques en 1877), il fut ensuite douze fois ministre entre 1879 et 1893 (Intérieur, Agriculture, Affaires étrangères. Spécialiste des questions agricoles, il était considéré dans ce domaine comme protectionniste. Il fut, à l’apogée de sa carrière, ministre des Affaires étrangères (1893), participant à l’augmentation de l’influence de la France en Indochine

mais aussi à la conclusion de l’alliance franco-russe. Député de l’Eure de 1877 à 1885, de la Meuse entre 1885 et 1898, il fut sénateur de la Meuse de 1910 à sa mort. Dans le même caveau repose son frère aîné Edmond DEVELLE (1831-1909), qui fut député de la Gauche républicaine (1879-1885) puis sénateur (1885-1909) de la Meuse (canton 20).

 L’ingénieur Frédéric DYCKHOFF (1853-1910), qui travaillant chez Eiffel aurait eu l’idée de la construction d’une grande tout. Il lança une remarquable histoire industrielle sur le site de Bar-le-Duc et, avec son ami Rudolf Diesel, y conçut le premier moteur diesel en état de marche en 1894 (canton 4).

 Le sculpteur funéraire Eugène FORGEOT, qui laissa plusieurs œuvres dans le cimetière (canton 4).

 Le lieutenant-colonel Claude JACQUOT (1770-1842), qui fit les campagnes révolutionnaires et impériales ? ce qui lui valut en 1810 le titre de chevalier de l’Empire (canton 12).

 Edmond LAGUERRE (1834-1886) : mathématicien, il obtint la chaire de physique

mathématique au Collège de France en 1883 et il fut élu membre de l’Académie des sciences en 1885. Il reste encore connu pour l’introduction des polynômes qui portent son nom (canton 17).

 L’érudit local Léon MAXE-WERLY (1831-1901), qui se consacra à l’histoire,

l’archéologie et la numismatique et qui laissa de nombreux ouvrages et collections (canton 14).

 L’architecte Charles ROYER (1847-1906), qui signa les principales commandes publiques de Bar-le-Duc au tournant des XIXe et XXe siècles (canton 5).

 L’érudit local et bibliophile Nicolas Victor SERVAIS (1805-1883).

 L’organiste et compositeur Alfred YUNG (1836-1913) (canton 12).

Post-scriptum

Source : www.tourisme-barleducsudmeuse.fr

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