VERDUN (55) : cimetière du faubourg pavé

visité en avril 2024

Cimetière patrimonial de la ville de Verdun, on distingue au Faubourg pavé la partie civile de la partie militaire qui lui est contiguë.


Le cimetière civil


Dans la partie ancienne ont été conservés un grand nombre de tombeaux. La norme : la présence d’une stèle individuelle ou familiale, précédée d’un vaste espace herbeux entouré de grilles plus ou moins rouillées.

Tout dans ce cimetière rappelle le passé militaire de la ville, et la mémoire des trois guerres (1870, Première et Seconde guerre mondiales) y est vive. Nombreuses sont les tombes incrustées d’éclats qui rappellent la violence des combats.


Curiosités


 Devant l’entrée du cimetière, les guerres sont évoquées de multiples manières :

  • présence de plusieurs canons sur un parterre central circulaire,
  • un monument " Aux victimes de la Barbarie Nazie - Aux Suppliciés et Fusillés Connus et Inconnus 1914-1918 1939-1945" réalisé par Léon Cuvelle.
  • la tombe du docteur Vernier, un des seize fusillés par les Allemands lors de la libération de la ville en août 1944,
  • un monument aux morts de la guerre d’Indochine,
  • un monument à la mémoire des Harkis morts durant la guerre d’Algérie

 Un monument aux morts "pour la défense de Verdun en 1870".

 Un enclos rassemble les tombes de soldats allemands tombés lors de la guerre de 1870.

 Quelques ornements architecturaux d’inspiration chrétienne assez classiques, mais globalement une statuaire extrêmement limitée.

 Petit clin-d’œil pour les fans de Sempé !


Célébrités : les incontournables...


Aucune.


... mais aussi


 Le géologue Nicolas Armand BUVIGNIER (1808-1880), connu pour sa contribution aux premières cartes géologiques de la France, ainsi que pour ses études du karst barrois et du karst ardennais. Commandant de la Garde nationale de Verdun en 1848, membre du conseil municipal de la ville, il en devint maire ente 1876 et 1878.

 Le républicain Charles BUVIGNIER (1823-1902), frère du précédent, qui fut député (1881-1894) puis sénateur (1894-1902) de la Meuse.

 L’architecte Adolphe CHARTON (1878-1961).

 L’ingénieur des Eaux et Forêts Ferdinand JAPIOT (1825-1905), il présida la Société d’horticulture de la Meuse et n’eut de cesse de la développer. Sa veuve finança largement, selon ses vœux, le jardin expérimental, devenu parc de la ville, qui porte son nom. Il repose dans la chapelle familiale de son épouse (Guy), criblée d’impacts de la Première Guerre mondiale.

 Le peintre de genre Lucien LANTIER (1879-1960), qui décora des églises, des monuments et des bâtiments publics (il fut l’auteur de nombreux chemins de croix). Sa femme fit transférer son corps dans ce cimetière en 1968.

 L’archéologue Félix LIÉNARD (1812-1894), conservateur du musée de Verdun, qui

enrichit notablement les fonds archéologiques. Ses fonctions de conservateur l’amènent à suivre divers chantiers de fouilles archéologiques dans le département.

 La peintre Louise PERIN (1875-1945).

 Victor SCHLEITER (1872-1933), qui fut député de la Meuse (1924)

puis maire de Verdun (1925) ; mandats qu’il conserva jusqu’à sa mort. Il mourut dans la catastrophe ferroviaire de Lagny. Dans le même caveau repose son fils,

François SCHLEITER (1911-1990), maire de Verdun de 1953 à 1965. Il fut à trois reprises Secrétaire d’Etat sous la quatrième république : à la France d’Outre-mer (de 1953 à 1954) puis au Commerce (entre 1957 et 1958). Il fut en outre sénateur de la Meuse de 1959 à 1983.

 Alexandre de SIMONOT (1794-1874), qui fut un député de droite de la Meuse de 1849 à 1851.

La nécropole nationale du Faubourg-Pavé

Contiguë au cimetière civil se trouve la vaste nécropole militaire. Elle regroupe les dépouilles de soldats morts pour la France lors des combats de Verdun de 1914 à 1918 et celles de combattants tués en 1939-1945. Créé durant la Première Guerre mondiale, le cimetière fut aménagé de 1919 à 1926 puis en 1965 pour accueillir d’autres corps de soldats initialement inhumés dans d’autres cimetières. Pour la Première Guerre mondiale, il rassemble ainsi en tombes individuelles ou en ossuaires plus de 5 000 soldats français, un travailleur chinois, un Indochinois, un Luxembourgeois et un Roumain. Pour la Seconde Guerre mondiale, on recense plus de 600 Français, sept Britanniques, un Belge et un Polonais.

Au centre de la nécropole, se trouvent les tombes des "Sept inconnus".

Leur présence rappelle la cérémonie du choix du Soldat Inconnu du 10 novembre 1920.

C’est en 1916 que l’idée d’honorer un soldat décédé pendant la Première guerre mondiale fut évoquée en France. Le but était de permettre aux familles de disparus de faire leur deuil ; en espérant que ce soldat soit leur fils, leur père ou leur mari. L’idée fut soumise à l’Assemblée Nationale le 11 novembre 1919, mais Gauche et Droite n’arrivèrent pas à se mettre d’accord pour savoir s’il fallait enterrer le soldat inconnu au Panthéon ou sous l’Arc de Triomphe. La décision fut finalement prise le 11 novembre 1920 : un poilu anonyme sera enterré sous l’Arc de Triomphe. Un corps de militaire inconnu fut exhumé dans chacun des huit secteurs où s’étaient déroulés les combats les plus meurtriers (Artois, Champagne, Aisne, Flandre, Ile-de-France, Lorraine, Somme et Verdun).

Ces corps furent envoyés à la citadelle de Verdun pour une cérémonie de sélection présidée par le Ministre des pensions, André Maginot. Auguste Thin, jeune soldat du 132e Régiment d’Infanterie, désigna le corps qui devait être enterré sous l’Arc de Triomphe. « Il me vint une pensée simple. J’appartiens au 6e corps. En additionnant les chiffres de mon régiment, le 132, c’est également le chiffre 6 que je retiens. La décision est prise, ce sera le 6e cercueil que je rencontrerai », racontera-t-il.

C’est donc ici que reposent, sous une grande croix, les sept « inconnus » non choisis par le soldat Thin.

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