Ménerbes, perchée sur un éperon rocheux du Lubéron, appartient à la liste des "plus beaux villages de France".
Un conseil pour les visiteurs qui voudraient explorer son patrimoine taphophilique : ce n’est pas par le haut du village que vous pourrez entrer dans le cimetière, mais par le bas.
En fait, dans le haut du village, accolé à l’église Saint-Luc du XIVe siècle, se trouve l’ancien cimetière où quelques vieilles tombes subsistent, mais qui n’est pas accessible, clôt par une grille.
C’est donc dans le cimetière du bas, plus récent, que se trouvent les tombes suivantes :
– Le spéléologue Claude ARNAUD (1925-1956), qui en 1953 fit partie de l’équipe qui explora le gouffre Berger, dans les Alpes, qui fut considéré jusqu’en 1963 le gouffre le plus profond du Monde.
– L’organiste Maurice DURUFLÉ (1902-1986), qui étudia la composition avec
Paul
Dukas
, et l’orgue avec Charles Tournemire et Eugène Gigout, puis devint assistant de Louis Vierne à Notre-Dame de Paris. À partir de 1942, il assista Marcel Dupré dans les classes d’orgue du Conservatoire de Paris. Il fut un compositeur prolixe pour l’orgue, en particulier de son œuvre la plus réputée, le magnifique Requiem Op. 9, pour chœur, solistes, orchestre et orgue que je recommande à l’écoute, en particulier l’extraordinaire Pie Jesu à partir de 21:24.
Il repose avec son épouse, l’organiste Marie-Madeleine CHEVALIER-DURUFLÉ (1921-1999), généralement considérée comme le dernier grand représentant de l’école romantique française d’orgue, qui donna des prestations incomparables d’œuvres de maîtres d’orgue français, dont Charles-Marie Widor, Louis Vierne, Jean Langlais, Marcel Dupré et son mari, Maurice Duruflé. Elle fut co-organiste avec son mari à Saint-Étienne-du-Mont.
En 1975, alors qu’ils roulaient dans le Sud de la France pendant de fortes pluies, une voiture accélérant dans le sens inverse percuta leur véhicule. Aucun des deux ne se rétablit complètement de cet accident. Maurice mourut en 1986 des suites de ses blessures.
Ça et là, d’autres tombes attirent l’œil.
Parmi elles, l’étonnante tombe ornée d’un buste naïf de Auguste Bezert, dont l’épitaphe proclame : "Jai fait mon statu (sic) le 27 avril 1922 - Bezert Auguste né à Goult le 27 avril 1848".