MONTPELLIER (34) : cimetière Saint-Etienne

Cimetière non traité de manière exhaustive

Contrairement au vieux cimetière Saint-Lazare, le cimetière Saint-Etienne a toutes les caractéristiques des cimetières récents, dans sa dimension architecturale et végétale.

On y trouve la tombe [1] de Vincent BADIE (1902-1989). Député radical de l’Hérault à partir de 1936, il condamna avec vigueur le pacte germano-soviétique tout comme le suicide de la République de 1940. Entré dans la résistance, il fut déporté à Dachau. Réélu député en 1945, il le fut durant toute la IVe République. Il fut ministre des Anciens combattants et Victimes de guerre (1955-1956). Il le fut à nouveau de manière éphémère en 1958.

C’est également ici que repose le guitariste de flamenco Manitas de PLATA (Ricardo Baliardo : 1921-2014). Il popularisa le flamenco en France, enflammant les soirées tropéziennes des années 60 avant de faire une carrière internationale. Né dans la roulotte familiale, à Sète, d’un père marchand de chevaux, il maîtrisa la guitare dès son plus jeune âge sans savoir lire une note. Devenu Manitas de Plata (littéralement "petites mains d’argent" en espagnol, mais plutôt "doigts de fée") le jeune gitan commence à fréquenter Cocteau, Brigitte Bardot, Picasso et Dali. Le photographe Lucien Clergue le recommanda à des producteurs américains qui le convainquirent d’aller jouer à New York où il triompha

au Carnegie Hall. Amateur de grosses voitures et volontiers flambeur, il consacra ses confortables revenus à l’entretien de sa "tribu", jusqu’à 80 personnes vivant de ses subsides, dont les nombreux enfants qu’il eut qu’il eut avec de nombreuses femmes... Considéré un temps comme l’artiste européen le plus connu au monde, il laisse une oeuvre de plus 80 disques enregistrés et 93 millions d’albums vendus à travers le monde. Dans sa tombe repose l’un de ses fils, Joseph Manéro BALIARDO (1941-2012), qui accompagna son père à la guitare durant ses débuts, avant de faire partie du groupe Los Baliardos, tout comme son oncle Hippolite Baliardo.

Dans ce même cimetière, mais dans une tombe distincte, repose le neveu de Manitas, Manolo BISSIERE [2] (1939-2011), également guitariste et chanteur flamenco.

En janvier 2025, dans le prolongement du cimetière municipal Saint-Etienne, fut inauguré une extension de 13,5 hectares appelée cimetière métropolitain.

C’est dans cette partie que repose le chef d’entreprise Isidore PARTOUCHE (1931-2025). Né dans une famille juive commerçante d’Algérie, il revint en France après l’indépendance et investit dans une piste de karting et une boîte de nuit au Touquet-Paris-Plage. En 1973, il racheta le casino de Saint-Amand-les-Eaux, ainsi que son établissement thermal et sa source d’eau minérale. Ce rachat marqua le début de l’aventure du groupe Partouche, l’un des principaux opérateurs de casinos en Europe.

Post-scriptum

Merci à Bernadette Bessodes et à Greg Gastaldello‎ pour les photos.
Merci à Denis Collavizza pour les photos Badie et Partouche.

Notes

Commentaires

Fifou 31/05/2020 à 15:55

le roi de la guitare c’est bien lui !

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