Le cimetière de Colombe semble avoir été créé en 1822, et très vite agrandi dès 1832. Il est aujourd’hui partagé par une rue, les divisions les plus intéressantes étant évidemment les plus anciennes (de la 1ère à la 13ème division).
Peu de célébrités ici, mais une statuaire assez intéressante en revanche.
Curiosités
– Un beau masque mortuaire de bébé sur la tombe Caulier.
– Un médaillon en bronze d’Emmanuel Samson sur la tombe Genevard.
– Un petit obélisque érigé par le conseil municipal à la mémoire du garde national Eugène Cahanin, tué en 1871 aux combats de Buzenval.
– Le buste de "Louisette", une jeune communiante - ou jeune épouse- fauchée très jeune, sur la tombe Jouanne.
– Buste d’homme moustachu sur la tombe Lopez Aldana.
– Un médaillon en bronze par Edouard Millet de Marcilly sur la tombe de l’ingénieur électricien Frank Géraldy.
– L’étonnante tombe (un Atlante portant la dalle du tombeau) réalisé par le sculpteur Bristol pour la sépulture familiale.
– La belle tombe (avec cippe et urnes) pour la famille Cartereau, signée par l’architecte E. Clément.
– Le médaillon du jeune Roger Fontaine, mort à 10 ans.
– Un bas-relief de Vaudrey sur la tombe d’un jeune homme tué en Syrie en 1926.
– Le médaillon en bronze par Gabriel Pech représentant un jeune soldat tombé en 1914 sur la tombe Malleville.
– Le médaillon en bas-relief de Victor Bertin.
– L’originale épitaphe de Jean-Pierre Lenormand (1907-1992) : "Mille rêves, 50 tentatives, des échecs, des réussites. Ma vie. J’ai fait de l’hôtellerie, j’ai écrit "L’or et le diamant". En parcourant cinq fois le Monde, j’ai fait du charbon au Tonkin, et terminé ma vie dans le marbre. Que de souvenirs et pas de regrets au départ ! ".
Les célébrités : les incontournables...
– Pierre-François Pascal GUERLAIN (transféré au cimetière de Passy)
– Michel ROUX
... mais aussi
– L’architecte Maurice CHAVANY (1872-1951), qui fut également maire radical socialiste de Colombes de 1921 à 1935.
– Le linguiste et grammairien Albert DAUZAT (1877-1955), dont les ouvrages dans le domaine de l’anthroponymie et de la toponymie scientifiques furent pionniers pour la France. Il repose dans la 12ème division.
– Claude FIGUS (1934-1963) : secrétaire de Charles Aznavour, ce dernier lui fit
connaître son idole Edith Piaf dont il devint également le secrétaire. Celle-ci l’encouragea à chanter, et il sortit quelques disques qui ne connurent pas de succès. C’est lui qui fit connaître Théo Sarapo à Piaf, et il fut témoin au mariage. Il fit parler de lui en 1959 en allant faire cuire des œufs sur le plat sur la tombe du soldat inconnu, ce qui lui valut d’être condamné à 3 mois de prison et 50 000 francs d’amende. Il se donna la mort.
– Le chanteur-compositeur Roland GERBEAU (1919-2012), ancien
chanteur "de charme" qui créa plusieurs succès de Trénet (Douce France, La mer...). Peu connu, il fut pourtant une figure importante de la vie musicale des années 50 aux années 70, proche de Piaf ou de Tino Rossi.
– Le professeur d’escrime Jules JACOB (1843-1893), président de l’académie d’armes de Paris, qui laissa plusieurs ouvrages de techniques dans cette discipline.
– L’architecte Ernest JANTY (1837-1913), ancien élève de Lefuel, qui fut l’auteur de l’hôtel particulier de Roland Bonaparte avenue d’Iena. Avec lui repose l’architecte Albert JANTY (1867-1957).
– Le journaliste Pierre JOIGNEAUX (1815-1892) : collaborateur du Journal du Peuple, du Corsaire, du Charivari, il fit une vive opposition au gouvernement de Louis-Philippe Ier, et fut condamné en 1838 à quatre ans de prison. Revenu dans sa Bourgogne natale, il fonda plusieurs journaux et revues savantes consacrées à la viticulture. Elu en 1848 représentant du Peuple à l’Assemblée constituante, il siègea à l’extrême gauche. Son nom fut même mis en avant pour une candidature à la présidence de la République à l’approche de 1852. Opposé au coup d’état de Louis-Napoléon Bonaparte, il fut expulsé et se réfugia en Belgique où il se lia d’amitié avec Alexandre Dumas père.
Député de la Côte d’Or de 1871 à 1889, il fut sénateur de ce département de 1891 à sa mort. Il repose sous un médaillon en bas-relief en pierre de P. Lalouet.
– Henri LITOLFF (1818-1891) , pianiste et compositeur virtuose,
auteur de cinq concertos symphoniques avec piano et d’opérettes. Son tombeau (buste et pleureuse en bronze) est l’oeuvre de l’architecte Albert Julien et du sculpteur Lucien Pallez.
– Le zoologiste Jacques PELLEGRIN (1873-1944), qui dirigea la chaire d’herpétologie et d’ichtyologie du Muséum d’histoire naturelle de Paris. ll publia de nombreux articles et livres scientifiques et décrivit près de 350 espèces nouvelles. Sa stèle est désormais très abîmée.
Post-scriptum
Merci à Jean-Phlippe Amoros pour la tombe Figus.
Commentaires
Attention au buste d’homme moustachu sur la tombe Lopez Aldana. Il pivote sur son axe et peu vous suivre du regard si vous passez dans ce cimetière un jour de grand’vent !
Roland Gerbeau va dormir maintenant dans ce tombeau ou cette stèle l’attendait...
Reposez en paix Monsieur Gerbeau
Andrée Bonifay
reposez en PAIX ROLAND GERBEAU Votre VIE a été remarquable et votre testament "SAINTE RITA" est immortalisé....Merçi pour vos belles chansons de notre France ! Roland.C -Toulouse
repose en paix mon ami Roland on s’est connu en 2007 a l’ hopital de dreux pendant notre convalescence on s’est apprécié on s’est côtoyé et tu es parti parti un jour d’hiver grisâtre rejoindre ta bien aimée.
Dans le cimetière ancien de Colombes (10è Division) figure l’écrivain Paul Tillard (1914-1966) déporté à Mathausen & qui écrivit avec Claude Lévy :" la grande rafle du vel d’hiv".
« Dans les allées du cimetière
De Colombes(Hauts-de-Seine),
une petite dizaine de
personnes silhouettes voûtées par l’âge,
suivent lentement
le cercueil, dans le
vent frais du printemps. Quelques jours
plus tôt, le 14 avril 1998, l’ancien chroniqueur
gastronomique Robert Courtine,
mieux connu des lecteurs du Monde sous
son nom de plume de La Reynière, s’est
éteint doucement, à 87ans, veuf et sans
enfants, dans une maison de retraite de la
région parisienne. La rédaction du quotidien
n’a délégué aucun représentant à ses
obsèques. Elle n’a fait envoyer ni fleurs ni
couronnes. Comme si Le Monde voulait
effacer celui qui avait pourtant été, quarante
ans durant, l’une de ses plus fameuses
signatures"¦Â »
Ce soir dans le Monde. Qui a découvert (Les plus jeunes...) que sa star de la critique gastronomique avait un peu trop célébré l’amitié franco-allemande durant la guerre...
« La rumeur veut que le chroniqueur
judiciaire Jean-Marc Théolleyre,
ancien résistant déporté à Buchenwald, se
soit un jour effacé pour le laisser passer
d’un « Après vous, cher collaborateur"¦  ».
Mais parmi les plus jeunes, rares sont ceux
qui savent vraiment à quoi s’en tenir. Â »
Gag !
Les Deux cimetières de Colombes semblent vouloir mettre en place aux entrées une sorte d’ordinateur extérieur qui permettrait de retrouver une personne, voir la date d’un convoi. A suivre.
Les deux ordinateurs des deux cimetières de Colombes sont en fonction, ils permettent de l’un ou l’autre de chercher/trouver toutes les personnes portant un nom X et bien sûr par le prénom, la personne cherchée pour l’un ou l’autre cimetière ; les femmes figurent au nom de jeune fille et au nom d’épouse, le tout en indiquant l’emplacement.
C’est au cimetière -ancien-, 12è Division contre le mur de clôture qu’on trouve Albert Dauzat, écrivain, linguiste et prof. qui a beaucoup écrit -voir Wikipedia- entre autre sur l’origine des noms de famille et la toponymie.
Bonjour,
Très intéressant, cela m’incite à retourner visiter ce cimetière.
Mais il manque à la liste la photo de la tombe très sobre de M. de Verdun, située à la pointe est du cimetière : aristocrate résidant à Colombes et bienfaiteur de la population, il fut arrêté sous la Révolution en tant que noble. Ce sont les habitants eux-mêmes qui réclamèrent par pétition qu’il soit libéré et rendu à sa ville de Colombes. Il put ainsi échapper à la guillotine.
La rue de Verdun qui passe devant l’ancien clocher porte son nom (et non celui de la bataille)
Les recherches sur les défunts du cimetière peuvent se faire par internet sur :
https://cimetieres-colombes.espace-citoyens.net/cimetieres-colombes/accueilInternet_Action.do
Bien oublié, mais vraie star en son temps, repose dans ce cimetière le pittoresque Georges Figon (1926-1966), impliqué dans l’affaire Ben Barka. On le retrouva assassiné dans son appartement.