PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Précédé par Vincent AURIOL
Suivi par Charles de GAULLE
Avocat de formation, il se lança en politique sous les couleurs du parti radical-socialiste. En 1914, à l’occasion de la Première guerre mondiale, il mit entre parenthèses sa carrière politique, et s’engagea dans l’armée française. Il participa ainsi à la bataille de Verdun.
En 1923, il devint député de Seine-Inférieure, et se rapprocha des républicains de gauche. Après un très bref passage au gouvernement, comme sous-secrétaire d’État à l’Intérieur, en 1930, il devint sénateur à compter de 1936. À ce titre, il vota en 1940 les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Il fut néanmoins réhabilité au sortir de la Seconde guerre mondiale, en 1945, et retrouva son siège de député. De 1947 à 1948, il occupa l’important poste de ministre de la Reconstruction et de l’Urbanisme.
En 1954, au treizième tour de scrutin, il fut élu le second (et ultime) Président de la IVe République, mais ne termina pas son mandat : en 1958, la guerre d’Algérie précipita la crise politique qui ramena de Gaulle au pouvoir. René Coty le nomma à la présidence du Conseil, et lui laissa donc la place le 8 janvier 1959, près de deux ans avant le terme prévu de son mandat. Il fut également membre de l’Académie des Sciences morales et politiques.
Commentaires
Les Français devraient avoir beaucoup de reconnaissance envers le Président Coty. D’abord parce qu’il fut un homme digne, un Président qui, à une époque où cette fonction n’avait pas l’aura que le Général de Gaulle lui a donnée plus tard, fut un grand serviteur de la France. Il eut le sens de son devoir en se retirant pour laisser le Général accéder au pouvoir suprême à un moment où la France courait le risque de la guerre civile. L’abnégation du Président Coty évita au pays de connaître le sort de l’Espagne en 1936. Monsieur Coty s’est effacé et il n’a plus jamais brigué aucune responsabilité ni aucun honneur. Quand il est mort en 1962, peu de Français, hélas, se sont souvenus de lui. Mais nombreux sont ceux qui ont gardé le souvenir de son épouse dont la simplicité et la gentillesse, comme celles de son époux, les avaient séduits.
Monsieur Coty et son épouse symbolisaient parfaitement cette France qui avait besoin de s’apaiser après les drames de la guerre que suivirent les règlements de compte à la libération et dont les cicatrices ne sont toujours pas complètement refermées. Je me souviens encore de cette photo parue dans un grand journal où on voyait le vieux Monsieur Coty assis sur un banc dans une rue du Havre, sa ville qui avait été dévastée par les bombardements en 1944. C’était en 1962, peu de temps avant sa mort. J’avais alors 18 ans, et je n’ai jamais compris que le Général de Gaulle n’ait pas manifesté plus de reconnaissance envers celui qui lui avait permis de revenir au pouvoir en assistant à ses obsèques.
Aujourd’hui, je regarde la France, et je ne peux m’empêcher de penser au Président Coty. Lui, au moins, dans le péril, avait su voir où était son devoir.
Pour cela, Monsieur le Président Coty, vous avez droit à la reconnaissance d’un pays tout entier.
Reposez en paix avec les justes.
René Coty ne fut pas le seul à voter les pleins pouvoirs. Relisez Henri Amouroux...
Pour le reste de votre propos, il n’intéresse pas l’Histoire.
C’est curieux que vous ne parliez pas du tout de Mitterrand dans cette histoire, lui qui fut décoré de la
Francisque. Je ne comprends pas pourquoi vous faites une fixation sur Giscard. Vous me semblez avoir une vision très sélective d’un certain passé.
Aaaaah, bien d’accord avec vous, Balthazar ! Il me semble en effet que le fameux cp a une vision de l’Histoire bien sélective, et qu’il devient amnésique quand ça l’arrange ! Pourtant, qu’il se rassure, le temps viendra où son Hollandais volant aura droit aussi au Conseil constitutionnel et aux émoluments qui vont avec ! (que j’ai hâte !!!!!!)... M’est d’avis que cp (mais est-ce l’acronyme de Coucouroucoucou Paloma ???!!!!) aura moins de commentaires à faire sur la question !
Tout ça à partir d’un commentaire sur René Coty... On peut toujours exhumer les vieux souvenirs et trouver matière à discussion. Manifestement, notre honorable contradicteur semble avoir oublié que nombre d’activistes politiques de l’extrême droite des années 30 à 44 venaient des rangs du PC et de la SFIO. Que le père de VGE ait eu des sympathies vichystes ne dédouane pas Mitterrand de son amitié pour René Bousquet. Pour ce qui est de son éphémère passage dans le Gouvernement Provisoire du Général, il suffit de relire les Mémoires de Guerre pour comprendre dans quelle estime de Gaulle tenait Mitterrand l’opportuniste qui sera l’homme de tous les ministères de la IVème République. S’il fut jugé digne de se voir décerner l’Ordre de la Francisque, il ne fut pas admis dans les rangs des Compagnons de la Libération, et son engagement pour les prisonniers n’était à ses yeux que le tremplin qui allait servir à Morlan-le-résistant pour entamer une longue carrière qui allait le conduire à l’Elysée après un petit crochet par les jardins de l’Observatoire !
Ce que je trouve drôle chez vous, gens de droite, est votre incapacité à ne pas vous ranger derrière un « héros  », un « homme providentiel  » dont on sait pourtant de quoi souvent cela relève"¦ On peut sans doute reprocher des choses à la causticité de cp, dont je ne partage d’ailleurs pas tous les propos, mais je ne vois dans ces commentaires aucune Mitterrandolâtrie. En outre, je ne sais pas dans quel monde vous vivez pour voir le peuple de gauche idolâtrer Mitterrand ou Hollande"¦Je pense que vous devriez en rencontrer quelques uns, des gens de gauche, ça changerait peut-être votre manière de voir les choses"¦ La méfiance vis-à-vis du « chef  » appartient d’ailleurs à l’ADN de la Gauche, et cela a été plus d’une fois une faiblesse pour son accès au pouvoir"¦ On peut estimer quelques grandes réalisations de Mitterrand, on peut même aller jusqu’à admirer le parcours et l’intelligence du personnage, et être plus que réservé au sujet de l’homme et des manœuvres politiques.
Rien dans vos arguments ne tient la route :
on a droit à l’antienne sur cette partie de la gauche qui s’est dévoyée dans la collaboration"¦ Mais Messieurs, jamais la gauche honnête ne nie cela, de Laval à Déat à tant d’autres (je viens d’ailleurs de faire les fiches de deux d’entre-eux, dont Paul Faure, pas l’un des moindres). Souvent par pacifisme, elle est allée droit dans le mur. A droite, ils n’ont pas tous été des Georges Mandel, loin de là.
Vous reprochez l’Observatoire à Mitterrand, et vous avez raison. Vous pouvez d’ailleurs y ajouter tellement de scandales, du Rainbow warrior aux Ecoutes, et j’en passe. Là non plus, la gauche honnête ne nie pas. Mais si vous faites ce procès là, allons jusqu’au bout, et je ne le vois pas dans vos propos. De Gaulle et Giscard ont bien des choses à se reprocher, et ce à une époque où la société était bien plus muselée et censurée qu’aujourd’hui.
Rien que pour De Gaulle, entre le mythe du résistantialisme, l’immonde épuration qu’on laisse faire tout en protégeant les Papon, les affaires troubles avec le comte de Paris, l’attitude par rapport à Leclerc"¦
Et je m’arrête en 1946, sans aller vers les affaires algériennes et la suite ! Alors oui, si vous vivez dans le passé mythifié par De Gaulle lui-même dans ses Mémoires, et la nostalgie d’un De Gaulle payant sa facture d’électricité de l’Elysée (ce qui est tout à son honneur), évidemment, votre grille de lecture est étroite.
Soyons cynique jusqu’au bout : si Mitterrand l’emporta en 81, c’est aussi qu’une bonne partie de la droite d’alors, pour qui la francisque et les amitiés de jeunesse de Mitterrand ne représentaient aucunement un problème, vota pour lui.
Le fait que Mitterrand n’ai pas été Compagnon de la Libération n’est un argument en rien : moi qui répertorie leur lieu d’inhumation, j’ai un immense respect pour la grande majorité d’entre eux. Cela dit, l’honnêteté exige de reconnaître qu’il n’est en rien représentatif de la Résistance, et qu’il était un joujou dans les mains du pouvoir gaulliste, comme la Légion d’H le fut pour Bonaparte.
Ce qu’à dit cp sur l’accès des anciens présidents au Conseil Constitutionnel, fauteuil de compensation confortable pour Coty est absolument vrai, historique et étayé, mais vous faites comme si de rien n’était. Cela n’enlève d’ailleurs rien de particulier à Coty, personnage bien plus falot que le héros que vous dépeignez"¦ Peut-être avez-vous trop vu OSS117 ! ;-)
A vous lire, j’ai l’impression de voir un vieux Gaulliste sans aucun sens critique. Concernant Christophe Jacob, qui m’a plusieurs fois mis en accusation sur mon site, il témoigne une nouvelle fois de son attachement à Giscard, mais en profite pour un peu de Hollande bashing, c’est dire la hauteur de la pensée historique.
@cp : comme vous dites, on ne va pas épiloguer. Mon propos était simplement de rendre hommage au Président René Coty, et vous m’avez entraîné sur un terrain où je ne pensais pas utile d’aller.
Aussi en resterai-je là.
@ Landru : Des gens de gauche, ou qui se disaient l’ être, j’en ai rencontré beaucoup tout au long d’une carrière de 38,5 ans dans l’Education Nationale comme professeur puis comme chef d’établissement. Hélas, pour vous, pour eux, ces rencontres ne m’ont guère marqué. Je pourrais vous dire pourquoi, mais il me faudrait beaucoup de temps et de place, et vous mettriez sans doute mon jugement sur le compte d’un indécrottable "droitisme" et de ma mauvaise foi, tant il est vrai que, comme a dit l’éphémère Ministre du Temps Libre de Morlan-le-résistant : "On ne peut pas être un bon enseignant si on n’est pas de gauche". (Il a toujours nié avoir tenu ces propos, hélas nous sommes nombreux a les avoir entendus sur Europe I. C’était en 1981, après que la France fût "passée de l’ombre à la lumière", comme avait dit le gourou de Solutré qui ne faisait pas dans la litote).
@cp, @Landru : fin du feuilleton. Continuez sans moi.
La hauteur de ma pensée historique, Philippe Landru, n’a sûrement rien à vous envier ! Et s’il vous plaît, soyez honnête : mes reproches envers vous n’ont concerné qu’un seul fait, et vous savez lequel... Pour le reste, je vous trouve en effet du culot ce soir de me reprocher du hollande bashing... et de faire l’impasse par exemple sur les exécutions d’Algériens ordonnées par Mitterrand, alors qu’il était Ministre de la Justice, quand il eût beau jeu bien des années plus tard de se faire l’apôtre de l’abolition de la peine de mort... Quand un homme de droite devient de gauche par opportunisme, ça ne vous dérange pas curieusement.... Vous, gens de gauche (mais attention, je parle de vous seul), vous avez une hauteur de la pensée historique, qui passe par la sélection qui vous arrange.... Eh bien, désolé, mais cette "hauteur de la pensée historique", je suis bien content de ne pas même l’effleurer.....
Eh bien, justement, faites-le nous, l’inventaire des fautes de Giscard... Je suis très curieux de le lire... Vous m’accusez de faire du Hollande bashing, mais croyez-vous sérieusement que Hollande ait à me craindre pour cela ??? Il n’a pas besoin de cela... Cela fait deux ans que le monde entier fait du Hollande bashing, et que nous en sommes la risée ! Il faut reconnaître à Mitterrand qu’il avait au moins l’intelligence d’être bien plus discret dans ses aventures sentimentales...
Il est acquis que sur la fin le mental de Jacques Chirac était un peu flagada ; plus anciennement, le portrait de Gisèle Halimi paru dans le Monde il y a quelques semaines évoque ses visites à l’Elysée pour rencontrer les président Coty, puis De Gaulle, pour demander la grâce de ses clients condamnés à mort, des militants algériens, on était en pleine guerre. Rencontrant Coty, elle tombe sur un petit vieux qui n’a pour commencer d’autre souci que de trouver un majordome pouvant lui amener un verre d’eau, pour sa pilule médicamenteuse, il en a l’air tout contrarié, et elle finira par comprendre que s’agissant de ses "clients", il mélange toutes les fiches des intéressés, se perdant parmi tous les "cas" dont il allait décider de la vie, ou de la mort...
Elle concède qu’avec De Gaulle, c’était plus carré, et qu’il avait étudié cas par cas, et en causait sans se mélanger les pinceaux ! A quoi tient une existence.