Le petit cimetière de Chambourcy a su, malgré les reprises, conserver quelques ancienne pierres tombales lesquelles, dans un environnement arboré, confèrent un charme certain à l’endroit.
Dans un coin, la tombe de Christian Freitag, appartenant au "bataillon de Breslau" et tombé en 1870, rappelle une histoire désormais lointaine.
Ici reposent :
– Pierre ABOUCAYA (1905-1945) : lieutenant de réserve, d’une famille originaire d’Algérie, il loua en 1929
la ferme, dite la faisanderie de Retz, située à Chambourcy. Il fit construire une étable pour une cinquantaine de vaches et lanças la production de lait pasteurisé en petite bouteille sous le nom de « Le Lait de RETZ » pour en assurer au départ la distribution dans les pharmacies voisines. Avec deux amis, Guy Lapeyre et Jules Baillivet, il fonda en 1934 une nouvelle société sous le nom de « Société Laitière ALB » réunissant ainsi les initiales de leur nom. En 1948, l’entreprise lança le « petit Chambourcy » en réponse au succès du petit-suisse de Gervais ou Petit Gervais. Ainsi naquit la marque Chambourcy, qui fut revendue en 1962.
– Le peintre André DERAIN (1880-
1954). Il peignit ses premiers tableaux à 15 ans, puis entra à l’académie Carrière et y rencontra Matisse et Vlaminck, avec lequel il partagea son atelier. Sous l’influence de Vlaminck, il se tourna progressivement vers le fauvisme. C’est à Collioure et à Londres qu’il peignit ses premiers tableaux aux joyeuses couleurs : Port de Collioure, London Bridge, tout deux en 1906.
Avec sa rencontre de Braque et Picasso et son étude de l’art nègre, il changea progressivement de style. Dans ses natures mortes et ses représentations de personnages entre 1914 et 1920, on perçoit une simplification des formes et un affaiblissement des couleurs. Il acquit une grande notoriété à travers des expositions à Munich et New York, et comme créateur de décors de ballet et d’opéra. Tout en poursuivant son activité artistique, il se retira progressivement dans sa demeure de Chambourcy. Il mourut des suites d’un accident de voiture.
– Une intrigante pyramide est la dernière demeure d’Alfred d’Orsay et de Marguerite de Blessington.
Alfred d’ORSAY (1801-1852) était dandy et mécène. il fit la connaissance à Londres, en 1822, de Charles John Gardiner, comte de Blessington, et de son épouse Margaret. Il accompagna les Blessington lors d’un voyage à Paris, en passant par la vallée du Rhône et en Italie, en août 1823, où ils rencontrèrent Lord Byron à Gênes. Afin de rester auprès du couple et surtout de Margaret, il épousa Harriet Gardiner, fille du comte de Blessington, issue d’un premier mariage et alors âgée d’à peine quinze ans. Ils se séparèrent très rapidement, et après le décès du comte de Blessington, en 1829, il vécut ouvertement avec
sa maîtresse. Ils reçurent et fréquentèrent l’élite artistique et mondaine de l’époque. Il fut le créateur de nombreux parfums, tandis que Marguerite de BLESSINGTON (1789-1849) publia plusieurs ouvrages, en particulier les Conversations de Byron. Alfred d’Orsay s’adonna également à la peinture, et on lui doit le tombeau dans lequel il repose. Marguerite mourut à la fin de l’année 1849. Il lui survécut trois ans. Atteint d’un cancer de la colonne vertébrale, il fut accueilli chez sa sœur Ida à Chambourcy, où son époux avait acquis une propriété. Il y mourut peu après avoir été nommé directeur de l’École des beaux-arts par Napoléon III.
A l’intérieur de leur pyramide sépulcrale se trouvent leurs deux médaillons.