KREMLIN-BICÊTRE (le) : cimetière

Visité en décembre 2006

Triste comme un cimetière de banlieue un jour de décembre...

Bon, le cimetière du Kremlin-Bicêtre n’est ni plus laid, ni moins entretenu que beaucoup de ses homologues de la banlieue parisienne, mais il est vrai que sa visite n’est conditionnée par aucune urgence ! Il fut constitué d’une partie du terrain acquis vers 1860 par la ville de Paris pour en faire le cimetière parisien d’ Ivry. Pis : il était la partie consacrée, de 1861 à 1885, au carré des condamnés à mort (avant que ce carré ne soit déplacé dans l’actuelle cimetière parisien d’Ivry) ! Dès 1861 y est transféré le cimetière de l’ hospice. En 1898, la jeune commune du Kremlin-Bicêtre acquiert de la ville de Paris et pour son usage la partie située sur son territoire. Il appartient donc à un vaste espace dédié au funéraire dans lequel se trouve également le cimetière parisien et le cimetière communal d’Ivry (les deux sont distincts).


Curiosités


 Le cimetière du Kremlin-Bicêtre à la particularité, sous sa partie nord, de recouvrir tout un réseau de catacombes. Pour plus d’infos, on ira voir ici, ou ici.

 Près de l’entrée, la partie la plus ancienne du cimetière héberge encore (pour combien de temps ?) les quelques tombes remarquables, encore enchâssées sous des auvents préhistoriques délabrés. Quelques bustes ou anges minéraux ont survécu.

Parmi ces tombes, celle des Salins (qui mériterait un grand nettoyage de printemps) offre une surabondance d’ornementations de bronze et de fonte, dont deux médaillons en bas-reliefs.

 Eugénie Buffet fut enterrée provisoirement au cimetière du Kremlin-Bicêtre en mars 1934, avant d’être inhumée en juin de la même année au cimetière de Montrouge, sous la pression de ses amis.


Célébrités : les incontournables...


Aucune

Pas mal de "célébrités" passées à l’échafaud reposent sans doute quelque part dans la terre de ce cimetière. Ce fut en particulier le cas de Jean-Baptiste TROPMMANN (1849-1870), mécanicien jugé coupable du meurtre des huit membres d’une même famille (Kinck), crime également connu sous le nom de « massacre de Pantin ». Ce fut l’une des affaires judiciaires les plus sensationnelles du Second Empire.


... mais aussi


 Emile POPINEAU (1887-1951) : sculpteur berrichon, il mit son art au service de la demande de l’Epoque, en particulier dans la sculpture funéraire et dans les Monuments aux Morts. Il fut néanmoins le "sculpteur officiel" de la Ville de Bourges, qui lui confia de nombreuses réalisations (deux monuments aux Morts à Bourges, fresque de la Maison de la Culture, Baigneuse du jardin des Prés Fichaux...). Il mourut miné par la silicose, une maladie courante chez les sculpteurs et qui l’avait fait souffrir de nombreuses années. Il repose sous un ange de sa composition.

Commentaires

HolyvieR 10/07/2013 à 12:55

[Suite...] Je n’ai pas réussi à publier la totalité d’un seul coup ! :-|

J’imagine que ce cher Émile repose avec Mado, sa femme adorée, à qui il avait dédié un morceau qui porte son prénom (que l’on peut retrouver sur le double CD "Accordéon : Musette-Swing-Paris 1913-1941") et que vous avez peut-être vu sur une photo coquine si vous avez regardé l’article "Rencontre posthume avec Mr. Émile VACHER dont j’ai posté le lien.

J’avais obtenu l’information de l’existence de sa tombe dans ce cimetière par le fameux cabrettaire Michel Esbelin (qui oeuvre à ressortir en CD les anciens enregistrements sur cylindre ou 78 tours de musique auvergnate et musette du début du XIXe siècle) il y a quelques années alors que je n’étais pas encore taphophile et donc je n’avais pas retenu le nom du cimetière. :-( J’ai donc écrit à Philippe KRUMM, grand érudit de la musique traditionnelle et populaire, dont j’ai lu sur internet l’article consacré à l’accordéoniste pour qu’il me redonne le nom du cimetière où reposait VACHER car je me doutais bien qu’il connaissait cette information. J’ai oublié de lui demander la localisation de la tombe par contre.

Michel ESBELIN lui m’avait appris que les musiciennes japonaises qui étaient venues jouer sur Paris et que nous étions en train d’écouter dans un p’tit caf’ conc’ de Ménilmontant, étaient de vraies affionados d’Emile Vacher et de sa musique et que la première chose qu’elles avaient fait en arrivant sur la capitale (c’était leur premier voyage en France) c’était de rendre une petite visite à leur idole. Ayant trouvées la tombe d’Émile VACHER dans un état déplorable, elles s’étaient jurées de s’en occuper, même à distance depuis le Japon ! :-O

Elles ont formé un groupe de musette à l’ancienne avec un super son (accordéon, banjo, piano, clarinette, cabrette) - rien à voir avec le musette actuel que je n’apprécie guère - et devraient revenir prochainement jouer en France. Si vous voulez les écouter, c’est par ici... un véritable voyage musical au début du XXe siècle... :-P

HolyvieR 10/07/2013 à 13:39

P.S. : Je ne peux résister à l’envie de vous faire partager ce texte assez incroyable (un manifeste très virulent contre le roi accordéon à l’origine, en ce début du XXe siècle, d’un véritable séisme musical !) rédigé l’année où la famille VACHER ouvrait le premier bal dit "musette" à Paris :

"Accourez à notre secours. Aidez-vous à chasser les accordéons qui écrasent notre pays. Mort à ces armoises de nationalité étrangère bonnes tout au plus à faire danser les ours, mais absolument indignes de délier les jambes de nos charmantes Cantaliennes. Cet instrument maudit est en vogue, chez les jeunes gens, parce qu’il n’est pas nécessaire d’être artiste pour en jouer ; ça s’apprend aussi facilement qu’à tourner la manivelle des orgues de Barbarie. [...] Ah ! ne croyez pas que je vous écrive par simple jalousie professionnelle. Non, c’est surtout par patriotisme d’enfant de l’Auvergne car c’est malheureux de voir que notre chère musette va se laisser engouffrer par une armoire de saltimbanques. Et dire que les ignorants croient que c’est ça le progrès. Malheur de malheur ! [...] Un bon mouvement : brûlons tous ces accordéons !" (lettre écrite en 1908 par Marcellin Gerbal dit " Vinaigre ", cabrettaire renommé, adressée à Antonien Meyniel, un des "parrains" du milieu auvergnat parisien, qui la publie dans "La Semaine Auvergnate", le journal dont il est le directeur.)

Un texte qui nous montre bien la révolution que fut l’arrivée de l’accordéon dans les bals traditionnels et populaires d’autrefois mais qui nous fait bien sourire aujourd’hui. :)

10/07/2013 à 18:26

@HolyvieR
@Philippe
Parmi les ’jeunes doublures’ de Vacher : Marceau Verschueren dit "V. Marceau" (il est en photo dans le site web que vous avez eu la bonne idée de faire partager) : Sa tombe est à à Gournay-sur-Marne 1902-1990).
H. Lallment

HolyvieR 10/07/2013 à 19:16

@ H. Lallment : Ah le fameux accordéoniste V. Marceau, l’auteur de "Ça gaze" et de "La marche des accordéonistes lyonnais", qui a souvent joué au "Lapin Agile", qui a participé au film de Duvivier "La Belle Equipe" et qui a accompagné Gabin pour la chanson "Quand on s’promène au bord de l’eau" est inhumé au cimetière de Gournay. Merci à vous Herbert. C’est à 5 mn de chez moi et je ne savais même pas ! :-O Je vais pouvoir maintenant aller lui jouer quelques airs d’accordéon devant sa tombe. :o)

10/07/2013 à 23:34

@HolyvieR
Situation de sa tombe : par rapport à l’entrée et à l’allée centrale, il est dans la partie gauche,dans une ligne parallèle au mur qui clôture le cimetière côté sud. Plaque métallique où son nom est indiqué en relief. Vous trouverez facilement. Dans le même cimetière, tombe d’Alain Vanzo, de l’Opéra, et son épouse, décédée en 2009. C’est tout droit, vers le fond . Je viens de m’apercevoir qu’ils sont mentionnés sur Wikipedia , mais cela a dû être fait récemment ; en 2008 ils ne l’étaient pas encore.
H. Lallment

Michel de Laconnay 19/04/2019 à 14:28

Le cimetière est beaucoup plus agréable au printemps qu’en décembre... ;-)

Les vieilles tombes que vous signalez dans la 1ère et la 2ème division sont toujours là 12 ans plus tard, malgré l’état de délabrement de certaines, et leurs grilles en fer forgé rouillé tiennent encore.

En revanche je n’ai pas pu approfondir la visite du cimetière, la gardienne m’ayant quasiment sauté dessus au prétexte que je faisais des photos et que c’était interdit... Vu le côté peu amène de l’accueil, j’ai préféré battre en retraite. :-((

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