Le village de Marville en Lorraine, un temps fief espagnol, se caractérise par une architecture particulière composée de façades Renaissance. Au XVIème siècle, le village était prospère et comptait 2000 habitants, de nombreuses familles nobles, bourgeoises ou commerçantes vinrent s’y installer. Ancienne cité prospère, dépendant à la fois des comtes du Luxembourg et de Bar, Marville s’est tout doucement endormie au point de passer du stade d’une ville médiévale importante à celui d’un village perdu.
A 2 km du village se trouve l’église romane de Saint-Hilaire : église primitive du bourg, abandonnée au profit d’une église construite dans le village dans la première moitié du XIIIe siècle, elle date du XIIe siècle mais fut très remaniée à l’époque gothique. Elle est entourée de son cimetière unique en France, car il offre encore aujourd’hui une grande quantité de pierres tombales des XVe-XVIIIe siècles.
Dans les années 1875, les tombeaux de plein air les plus intéressants et les plus anciens ont été mis en sécurité à l’intérieur de la chapelle à la demande d’un inspecteur des monuments historiques. En 1931, le cimetière avec son mur de clôture, la chapelle Saint-Hilaire, l’ossuaire, la maison du gardien de cimetière, et l’ensemble des tombeaux, des bénitiers et des morceaux ou débris de sculpture conservés dans le cimetière ont été classés M.H. au titre des monuments ; plusieurs tombeaux encore dans le cimetière au moment de l’enquête en 1974 ont été déposés dans la chapelle au cours des dernières années.
Caractéristique notable du lieu : la présence de son ossuaire, datant de la fin du XVème siècle. Il fut "rangé" vers 1890 par Constant Motsch (1934-1902), gardien du cimetière, qui repose à son tour en ce lieu. Il abrite environ 40 000 crânes et os longs. Certains crânes sont enchâssés dans des « boites à crânes » en bois, en forme de tête d’horloge : il y en a 29, qui renferment les crânes d’hommes et de femmes de Marville décédés entre les années 1780 et 1860. A l’intérieur de l’ossuaire, des pancartes modernes proclament l’imprécation classique : "Nous avons été comme vous, Vous serez comme nous, Priez Dieu pour nous".
C’est dans ce cimetière que furent enterrés depuis des siècles les gens du pays ainsi que les lépreux du diocèse de Trêve dont la maladrerie de Marville constituait l’avant-dernière demeure (juste avant le cimetière). Le "Christ des Lépreux" qui garde l’entrée des lieux est là pour en témoigner, tout comme la "Vierge des Lépreux" nichée non loin de là.
Le lieu est admirable : le grand nombre de stèles réalisées en calcaire jaune lui donnant des airs de Renaissance méridionale.
Le cimetière possède un grand nombre de sculptures religieuses. Deux des plus notables sont un Christ aux Liens du XVIe siècle attribué à l’école de Ligier Richer, ainsi qu’un ensemble de 4 stèles du début du XVe siècle dressées devant l’édicule du Jugement dernier, représentant les apôtres, à l’exception de Judas dont la place est restée vide ; elles servent de monuments à des dalles anépigraphes du 16e siècle, dont deux sont datées 1561 ou 1567 ; il est difficile de savoir si cette disposition est d’origine ou si ces stèles ne constitueraient pas plutôt les éléments d’un ensemble non identifié ; instruments de métier gravés sur les dalles.
Plus récemment, Marville, base aérienne de l’OTAN, fut occupée par des militaires canadiens de 1954 à 1967. Quarante et un membres de familles de militaires canadiens ont été enterrés à Marville – certains dans la section historique. Les pierres tombales, en forme de croix, étaient en mauvais état et devaient donc être réparées ou remplacées. Certaines pierres tombales avaient disparu. En 2003, le Canada a négocié un bail de 50 ans avec la Commune de Marville pour la location de lots du cimetière. Les croix ont été remplacées, les autres pierres tombales, nettoyées, et un monument commémoratif a été érigé, où sont gravés les noms de ceux dont la pierre tombale n’a pas été retrouvée. Une cérémonie d’inauguration a eu lieu en août 2003.
28 tombes du cimetière de Marville furent profanées en avril 2008, a priori par un groupe de jeunes gothiques néerlandais.
Post-scriptum
Merci à Robin pour cette série de très belles photos.
Commentaires
Quelle est la raison de la mort de tous les jeunes enfants canadiens ?Ils sont mort dans les annees 57-58-59-60.
Verleysen F.
Est-il possible qu’il y a une liaison entre le médicament Contergan qu’on donnait dans ces années aux femmes enceintes ? Moi aussi j ?ai vu les nombreux tombaux pour les petits bébés.
Je m’exccuse pour mon Francais, je suis de langue suisse allemande,
Magnifique cimetière trouvé par hasard entre le Nord et l’Alsace.
Magnifique ossuaire saccagé il y a quelques temps par des imbéciles indécents...
Magnifique lieu qui est en cours de restauration... Mais qui jamais ne retrouvera sa splendeur d’antan :(
Bonjour à tous,
en ce qui concerne les nombreux enfants canadiens nés morts, morts nés ou morts en très bas âge fin des années 50, j’ ai un jour lu l’hypothèse suivante ; il faut se remémorer que de, 1953 à 1967, nous sommes en pleine guerre guerre froide et que la paranoïa américaine anti-soviétique a fait faire à peu près n’importe quoi aux différentes administrations des USA et de manière totalement non concertée, de nombreux tests abusifs ont été réalisés sur leur propre population civile et militaire, mais aussi sur des populations dites alliées ; Bill Clinton s’est d’ailleurs excusé publiquement pour tous les agissements faits à l’époque ; les femmes enceintes de la base de Marville auraient fait l’objet d’un test lié à un médicament préventif à contre les radiations nucléaires, le dit médicament étant à base d’iodine ; ce test aurait mal tourné avec les conséquences dont objet ; je ne peux rien affirmer évidemment, les seules personnes qui pourraient en parler sont les dames survivantes enceintes et les militaires encore vivants à cette époque ; quant à interroger les autorités militaires sur une quelconque responsabilité, je souhaite bonne chance à qui voudrait s’y attaquer