TOUL (54) : Histoires insolites autour des célébrités du cimetière

Article de L’Est républicain - 31 octobre 2020
dimanche 1er novembre 2020
par  Philippe Landru

Ils sont artistes, organiste ou militaire et ont deux points communs : avoir marqué la ville de leur empreinte et reposer en son cimetière. En cette Toussaint, voici une présentation de quelques-uns de ces illustres dont les noms baptisent une salle ou des rues.

Il faut prêter l’œil en se promenant dans les allées du cimetière communal. Sur certaines tombes s’inscrivent des noms faisant référence à des artères ou salle de la ville. Florence Reich, passionnée du lieu, propose un tour d’horizon des « petites » histoires qui entourent quelques-unes des sépultures des personnages connus reposant là.

L’organiste Joseph Oury (1852-1949) aura vu fondre l’orgue de la cathédrale. Sa tombe n’est pas des plus jolies, mais le personnage vaut le détour. Prénommé Joseph du nom du patron « de la bonne mort » parce qu’il est né plus chétif et voué à partir avant son frère jumeau, Joseph Oury aura vécu jusqu’à 99 ans. Musicien, compositeur et organiste à la cathédrale de Toul, il sera témoin de la fonte de l’instrument suite au bombardement de juin 1940. « Il se disait médium et a étudié les derviches tourneurs », indique Florence Reich. Il est aussi à l’initiative d’une école de musique pour les Toulois de bonne famille et une seconde, pour les moins argentés.

Dominique Bortoluzzi (1908-1977) reste connu des Toulois les plus âgés qui l’ont vu à l’œuvre. Tailleur de pierre et sculpteur, l’homme a participé à la reconstruction de la cathédrale. Un travail qu’il a emmené jusqu’à sa tombe puisque des éléments architecturaux de l’édifice ornent son monument.

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Détail de la tombe du sculpteur Dominique Bortoluzzi reprenant des éléments de son travail de restauration sur la cathédrale. Photo ER /Stéphanie MANSUY

La bataille d’Austerlitz fait partie des faits d’armes du général de Pinteville. Né Pierre-Alexis baron de Pinteville (1771-1850), il incorpore un régiment de dragons à 19 ans, part faire la campagne d’Autriche, puis la campagne de Russie. Blessé au visage, il portait un cache pour dissimuler sa blessure.

La tombe très sobre du peintre et dessinateur de vitraux de la cathédrale, Casimir de Balthasar de Gacheo (1811-1875) aurait pu être oublié. C’était sans compter sur l’œil vigilant des deux guides, Odile et Florence. Déchiffrant le nom de l’artiste entré, de son vivant, dans le Larousse Illustré, elles ont contribué à la préservation de sa tombe entretenue depuis par la ville, au même titre que les autres sépultures célèbres.

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La tombe du peintre Casimir de Balthasar de Gacheo a été sauvegardée par deux guides, dont Florence Reich. Photo ER /S.M.

Enfin, le baron Firmin Gouvion (1801-1860) avait le cœur sur la main, " jusqu’à se mettre en difficulté à la fin de sa vie », précise Florence Reich. « Chaque mois, il donnait 50 francs au bureau de bienfaisance de St-Charles, pour l’éducation des jeunes filles issues de milieux populaires ». Sa tombe est l’un des plus impressionnants monuments du cimetière en termes de volume. Un tombeau surélevé portant d’un côté les armoiries de la famille et de l’autre, le « T » de Toul. Aucun doute, l’homme était un bienfaiteur du cru !

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Firmin Gouvion est inhumé dans ce tombeau. L’homme s’est illustré par sa générosité, quitte à se mettre sur la paille à la fin de sa vie. Photo ER /Stéphanie MANSUY

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