CHAMBON-SUR-VOUEIZE (23) : cimetière Saint-Martial

Visité en août 2019
mardi 27 octobre 2020
par  Philippe Landru

La partie basse du cimetière est la plus contemporaine : plus on monte sur le coteau, qui dessine des terrasses, plus les tombes sont anciennes. Tout en haut, un très bel alignement de tombeaux datant du premier XIXe siècle très rare dans la plupart des cimetières.


Curiosités



Ce calme cimetière est pourtant marqué par deux affaires judiciaires :

- Gilbert Périgaud de Granchamps fut jugé aux assises en juillet 1841 pour avoir tué en duel Alexandre Etienne Ranjon, avoué au même tribunal, qui s’était présenté contre lui lors de la désignation du bâtonnier de l’ordre des avocats et le poursuivait depuis ce jour de sa vindicte, en particulier dans la presse locale, après avoir perdu une partie de sa clientèle. Le procès eut lieu le 20 juillet 1841, à Guéret. Au terme de cinq jours d’audience, les accusés furent acquittés, le juge considérant que l’on pouvait défendre sa vie et même son honneur au prix d’un duel ! Il fut décidé plus tard l’érection d’un monument funéraire dans le cimetière sur la tombe de Ranjon et de son père, mort quelques jours plus tard de chagrin. L’édifice ne doit plus être que l’ombre de ce qu’il était, et on a bien du mal à le déchiffrer aujourd’hui.
- Le demi-mondaine Eugénie Fougère (1861-1903), surnommée Nini, la belle Fou- Fou ou Bâton de réglisse à cause de la couleur très brune de son teint, était célèbre pour ses bijoux et ses toilettes luxueuses. A Paris, elle devint modèle dans une grande maison de mode, passant ses hivers au casino de Monte-Carlo et ses étés dans la station thermale d’Aix-les-Bains. Elle fut assassinée avec une de ses employées de maison à Aix-les-Bains. Le crime fut commis par des voleurs qui voulaient ses bijoux, avec la complicité de son son amie et dame de compagnie. L’affaire fit grand bruit à l’époque, et elle inspira même une pièce de théâtre dans laquelle débuta le jeune Max Linder. Elle fut inhumée dans la chapelle familiale de son village natal.


Célébrités : les incontournables...


Aucune


... mais aussi


- Le médecin Jean-François BARAILON (1743-1816), qui fut député de la Creuse à la Convention nationale en septembre 1792 et siégea parmi les modérés. Lors du procès de Louis XVI, il vota en faveur de l’appel au peuple et de la détention. Après le 9-Thermidor, il se signala comme l’un des plus ardents adversaires des terroristes, plaida en faveur des prêtres incarcérés et proposa une fête patriotique pour célébrer l’exécution de Louis XVI. En l’an IV, il fut élu député de la Creuse au conseil des Cinq-Cents, puis élu en l’an VII député de la Creuse au Conseil des Anciens. Il rejoignit les partisans du coup d’État du 18 brumaire. En nivôse an VIII, il entra au Corps législatif, dont il devint président du 7 au 22 décembre 1801.

- Le peintre Pierre CHARTIER (1894-1980) qui fut influencé par les impressionnistes, puis par le fauvisme. C’est un peintre figuratif marqué par les peintres de la fin du XIXe siècle et du début du XX qui a traversé son époque sans être influencé par la peinture abstraite.

- Paul-Louis GRENIER (1879-1954) : écrivain et philologue limousin de langue occitane, il se fit d’abord connaître comme historien médiéval du Limousin. Il est avant tout connu pour ses textes et poèmes rédigés en dialectes limousin et marchois. Il fut longtemps conservateur de la bibliothèque de Limoges et travailla un temps à la Bibliothèque nationale de France. Membre du Félibrige (dont il fut élu majoral en 1944), il fut l’auteur de 93 poèmes, réunis dans les recueils dont certains furent mis en musique par des chanteurs occitans.

- Jean JAMOT (1921-2005), enseignant qui travailla sur l’histoire de la région et qui fut l’auteur d’un ouvrage sur Chambon.

- Le jurisconsulte Claude Frédéric MOURLON (1811-1866), qui se montra très tôt républicain : le 29 juillet 1830, il participa à l’insurrection républicaine derrière les barricades du Louvre. Docteur en droit en 1841, il se mit à enseigner librement le droit auprès des étudiants de la faculté de Paris. Par la suite, il écrivit de nombreux ouvrages d’enseignement du droit et devint l’un des fondateurs de la Revue pratique de la jurisprudence. Une rue de Paris porte son nom. Sa tombe est désormais quasiment illisible.


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vendredi 14 février 2014

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