SERRIÈRES (07) : cimetière

vendredi 26 juin 2020
par  Philippe Landru

Cimetière non traité de manière exhaustive - ébauche d’un article complet à venir

Dans un même tombeau du cimetière de Serrières reposent :
- L’avocat et journaliste Jules ROCHE (1841-1923). Maire de Serrières, Député du Var (1881-1885), de la Savoie (1885-1898) puis de l’Ardèche (1898-1919), il fit, en un premier temps, partie de la garde rapprochée de Georges Clemenceau, avant de s’éloigner des radicaux. Ainsi, il se fit connaître à l’extrême gauche, votant toutes les motions radicales et anticléricales (il élabora une proposition de loi pour supprimer le budget des cultes, disperser les congrégations religieuses et séculariser leurs biens), il s’opposa en 1905 à la séparation des Églises et de l’État ! Il fut ministre du Commerce, de l’Industrie et des Colonies de 1890 à 1892. Il était le parrain de Jean Cocteau.
- Juliette ROCHE (1884-1980), sa fille, fut une artiste originale dont l’œuvre est peu connue : issue de la grande bourgeoisie, elle n’a pas éprouvé le besoin de faire carrière ce qui explique qu’elle ait peu exposé de son vivant (des envois aux Salons, une exposition à la prestigieuse galerie Bernheim-Jeune en 1914, une rétrospective dans une galerie provinciale en 1962). Ses premiers tableaux trahissent l’influence de Maurice Denis et de Paul Sérusier auprès desquels elle semble s’être formée. A partir de 1915, Juliette qui a suivi son mari à New York, puis à Barcelone, où elle continua à peindre des scènes urbaines, entra en contact avec les milieux Dada fédérés autour de Francis Picabia et de sa revue 391. Elle participa à ce mouvement qui prônait le non-art et le recours à l’absurde par une peinture-collage et surtout par un récit à clefs et des poèmes. Parallèlement elle réalisa des objets décoratifs à l’exemple de Sonia Delaunay, qui comptait parmi ses amies proches, tout comme Marie Laurencin qui peignit son portrait à deux reprises à Barcelone.
- Albert GLEIZES (1881-1953), son époux, qui fut l’un des fondateurs du cubisme. Il rejoignit les cubistes regroupés autour de Robert Delaunay en 1910. Peu de temps après, Gleizes découvrit son propre langage pictural qui, tel le futurisme, décompose l’objet et ordonne ses éléments de manière rythmique. Avec Metzinger, Gleizes rédigea le texte élémentaire Du Cubisme portant sur le cubisme synthétique en 1912. Les débats théoriques sur l’art de Gleizes furent parachevés dans le groupe « La Section d’or » fondé la même année par Jacques Villon. Il exerça une grande influence sur les autres peintres comme Le Fauconnier, Roger de Fresnaye, Robert Delaunay et Fernand Léger. A la fin de la guerre, ses œuvres prirent un tournant religieux et il s’efforça de transmuer des thèmes chrétiens en langage pictural cubiste. L’intérêt porté par Albert Gleizes à l’art religieux du Moyen Age déboucha en 1927 sur la création de la commune des artistes de Moly-Sabata. En 1939, il s’établit à Saint-Rémy de Provence et se consacra à la peinture murale sacrée dans les dernières années de son existence.
- La céramiste Anna DANGAR (1885-1951), qui fut l’une des plus ferventes disciples du précédent, qui lui confia à partir de 1930 la gestion de la communauté d’artistes de Moly-Sabata. Elle vécut un tiers de sa vie à Moly-Sabata, et c’est là qu’elle créa l’essentiel de son œuvre céramique.

Reposent également dans ce cimetière :
- architecte Robert BISET (+2006) et son épouse la compositrice Adrienne CLOSTRE (+2006)
- Le peintre Jean-Marcel HÉRAUT-DUMAS (+1982)
- Gustave TOURSIER (+1950), fondateur des guides Pol


Commentaires

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?