COUFFÉ (44) : cimetière

visité en décembre 2017
dimanche 25 février 2018
par  Philippe Landru

L’histoire de Couffé est intimement liée à la famille Charette de La Contrie, qui y possédait son château : le célèbre chef vendéen Athanase (1763-1796) y était né (il n’y repose pas : son corps, après son exécution, fut jeté dans les carrières de Gigant, à Nantes).

Au fond du cimetière de Couffé, dans un renfoncement formant enclave se concentrent les tombes des membres plus contemporains de la famille. Parmi eux reposent le baron Charles-Athanase CHARETTE de la CONTRIE (1796-1848), neveu du précédent, qui fut admis à la pairie en 1823. Il prit part aux soulèvements de l’Ouest durant les Cent jours. En 1830, il accompagna en exil la famille royale déchue, mais revint secrètement en France (juin 1831) pour préparer un mouvement dans l’Ouest. Il accompagna la duchesse de Berry dans sa tentative malheureuse de 1832 d’une restauration des Bourbons au profit de son fils, le comte de Chambord. Après cet échec et devant l’inutilité de la lutte, il accompagna la duchesse à Nantes qu’il laissa seule, et s’embarqua. Il fut alors condamné à mort par contumace en 1834 par arrêt de la Cour d’assises de Nantes pour attentat contre la sûreté intérieure de l’État. Il habita Lausanne jusqu’à ce que le gouvernement de Juillet lui permit de rentrer en France. Avec lui repose son épouse, Louise Charlotte Marie de Bourbon, née en Angleterre, fille naturelle du duc de Berry (qui eut une grande descendance de liaisons illégitimes) et de sa maîtresse Amy BROWN (1783-1876), qui repose dans ce même tombeau avec sa fille (qui était donc la demi-soeur du comte de Chambord) et son gendre. Sur son lit de mort, le duc de Berry demanda à voir Amy et ses filles, et donna à son épouse, qui adopta par la suite les deux enfants, la responsabilité de prendre soin de celles-ci. Charles-Athanase et Louise de Bourbon sont les lointains ancêtres de l’ancien ministre Hervé de Charette.

C’est également dans ce cimetière que repose le facteur d’orgues Othon WOLF (1903-1967).

Dernier détail insolite : la présence de la tombe d’une institutrice laïque (Fernande Boursier), inhumée en 1931 dans le sens contraire des autres tombes : elle était arrivée à Couffé en 1928 en tant qu’institutrice stagiaire à l’école publique. Catholique pratiquante, elle était très mal vue du clergé. Elle se vit même obligée de quitter en larmes l’église lors d’une messe, car, au moment du sermon, le jeune vicaire décrivit l’école publique comme une école du diable. Très peu d’élèves fréquentent alors l’école publique. Dans le bourg, les commerçants refusaient de l’approvisionner, sauf une épicerie qui acceptait de lui donner ce dont elle avait besoin. A sa mort, elle décida que sa tombe tournerait le dos à l’église du village !


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