ROLLEBOISE (78) : cimetière

Visité en octobre 2017
mardi 7 novembre 2017
par  Philippe Landru

C’est sur le plateau, et non en fond de vallée bordant la Seine, que se trouve le petit cimetière de Rolleboise.

C’est dans ce vivier impressionniste que repose le peintre Maximilien LUCE (1858-1941). Aux côtés de Seurat, de Signac et de Cross, il se situa pour l’essentiel de son œuvre dans le mouvement du pointillisme ou du divisionnisme. Cette période fut relativement courte dans la carrière de peintre, avant qu’il ne se consacre à une peinture plus traditionnelle marquée par sa luminosité et une harmonie emprunte au divisionnisme et à l ’impressionnisme. Il fut fortement marqué par la Commune de Paris dont il représenta plus tard des scènes à plusieurs reprises : fils d’ouvrier, il aspira toujours à un idéal égalitaire, en mettant en scène dans son œuvre les ouvriers les plus humbles : ceux des chantiers et des aciéries, mais aussi les petits métiers, le rémouleur, les batteurs de pieux, les cireurs de planchers. En 1872 il s’inscrivit à des cours du soir pour devenir graveur et entra en 1876 comme ouvrier qualifié dans un atelier de gravure qui produisait des gravures pour de nombreux journaux illustrés.
Il étudia ensuite sous la direction de Carolus Duran, et souhaita travailler en plein air, à l’égal des impressionnistes : il reçut les conseils de Camille Pissarro, avec qui il se lia d’amitié.

Dès lors, intéressé par les recherches sur les effets de la lumière et sur les effets de prismes rendus par les couleurs , il travailla dans un style divisionniste, en produisant de nombreux tableaux pointillistes sur la vie et les rues de Paris. En même temps, il collabora aussi à des journaux anarchistes comme Le Père Peinard ou La Révolte ainsi qu’à L’Assiette au Beurre, très lus à cette époque. Il fut impliqué dans le « Procès des Trente » en 1894 et se trouva emprisonné 40 jours avec 22 de ses amis pour « menées anarchistes », avant de se réfugier à Charleroi où il fit connaître le divisionnisme en Belgique. A partir des ces années 1910, Maximilien Luce considérant avoir tout exploité de la technique divisionniste, s’orienta vers une technique moins stricte en peignant des scènes urbaines et en multipliant les représentations des hommes au travail dans un style post-impressionniste. Installé à Rolleboise à partir de 1920, il produit ensuite de nombreux tableaux représentant des paysages. Avec lui repose son fils, Frédéric LUCE (1896-1974) qui fut également peintre mais d’un moindre renom.

La tombe à coté de la sienne est celle de deux peintres, père et fils : Alfred (1882- 1938) et Jean (1921-1996) VEILLET. Le père fut l’un des derniers peintres impressionnistes : c’est lui qui fit venir Luce à Rolleboise. Il fut un paysagiste qui réunit autour de lui plusieurs artistes (Ridgway Knight, Jean Texcier, Jean Capon) que l’on appela l’école de Rolleboise.

Reposent encore dans ce cimetière l’architecte Edouard CHOUPAY (1864-1934).

Le caveau de famille Leprince-Ringuet est la sépulture du frère et du neveu de Louis Leprince-Ringuet. Ils furent respectivement le bisaïeul et l’aïeul du comédien Grégoire Leprince-Ringuet.


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