Père Lachaise : tombeaux remarquables de la 49ème division

mercredi 21 avril 2021
par  Philippe Landru

Grosse division en terme de personnalités !

La 49ème division à la particularité rare d’être divisée en deux parties séparées par l’avenue Delacroix, ce qui est une source régulière de confusion. Pendant longtemps, pour le grand public, seule la partie la plus petite, de forme triangulaire (la 1ère section), était fréquentée en raison de la présence de Delacroix et Nerval. Depuis l’arrivée d’Annie Girardot, de Michel Delpech, et, dans un très bref intervalle, de Marie Laforêt, Anna Karina et Gisèle Halimi, le quadrilatère sud, partie la plus importante (2ème section), est désormais arpenté par les touristes. Beaucoup (trop) de reprises dans cette division (d’où la nécessité de surveiller le maintien de quelques vieilles tombes notables).

Les néophytes ne s’en rendent pas compte, mais le cimetière à l’habitude d’organiser ses reprises divisions par divisions. De ce fait, et au gré de ces reprises, de nouveaux concessionnaires sont rassemblées dans un même endroit du cimetière. Le « nettoyage » de la 49e division s’est fait entre les années 2015 et 2019, laissant donc la place aux nouveaux arrivants, dont pas mal de personnalités ces dernières années (voir la liste). Pour les mêmes raisons, un certain nombre de victimes des attentats de 2015 se côtoient en ce lieu.

Pour aider le chercheur, j’indique pour chacune la section dans laquelle on les trouvera [(1) ou (2)]


LES PERSONNALITÉS


- AKERMAN Chantal
- AUCLERT Hubertine
- BARYE Antoine Louis
- BONDY Luc
- CROZATIER Charles
- DELACROIX Eugène
- DELAVIGNE Casimir
- DELESCLUZE Charles
- DELPECH Michel
- GIRARDOT Annie
- HALIMI Gisèle
- KARINA Anna
- LAFORÊT Marie
- MAC-NAB
- NERVAL Gérard de
- NODIER Charles
- PRÉAULT Auguste
- TORTONI François-Xavier-Laurent


... mais aussi


- L’homme de lettres Anatole ALÈS (1840-1903), qui repose dans la chapelle Aucher (1).

- La danseuse russe Hélène ANDRIANOFF (1822-1857), ancienne élève de la Taglioni, sous un gisant en marbre par Antonio Rossetti (2).

- Domingo ARCOS-ARIEGUI (1821-1872), qui fut fiancé avec Eugénie, future impératrice des Français, mais avec laquelle il rompit, la trouvant à la fois trop orgueilleuse et pas assez fortunée (1).

- Le médecin Jean-Abraham AUVITY (1754-1821), qui fut chirurgien du roi de Rome, et son fils Ambroise-Philibert-Léon AUVITY (1788-1847), qui fut également chirurgien (1).JPEG

- Boris BAJANOV (Борис Георгиевич Бажанов : 1900-1982) : communiste russe, puis soviétique, il devint Secrétaire du Politburo et adjoint de Staline de 1923 à 1925. Insatisfait de contribuer au communisme, il s’enfuit d’Union soviétique en passant par l’Iran en 1928, devenant de ce fait un ennemi de Staline. Ses notes furent un précieux outil pour les historiens afin de comprendre la passation de Lénine à ses successeurs (1).

- Guillaume Marc Antoine Marguerite BAUMES (1786-1871), préfet du Lot puis du Lot-et-Garonne sous la Restauration, qui fut conseiller d’État en 1830, et député de l’Yonne de 1837 à 1846, siégeant au centre et soutenant la Monarchie de Juillet (1).

- Le peintre d’histoire Jean-Adolphe BEAUCÉ (1818-1875), qui illustra de nombreuses scènes de batailles et des œuvres d’Alexandre Dumas. Il suivit l’armée française dans ses campagnes, dès 1843, en Afrique du Nord, au Moyen-Orient et au Mexique. On lui doit le portrait le plus connu du maréchal Bazaine. Il repose sous un buste de François Théodore Devaulx (1).

JPEG - 10 ko
Bazaine par Beaucé

- Gustave de BEAUVAIS (1821-1900) : chef de clinique de la Faculté à l’Hôtel-Dieu, médecin en chef de la prison de la Santé. Durant la Commune, il prodigua ses soins à Georges Darboy, archevêque de Paris, et aux autres prisonniers emprisonnés à la Prison Mazas. Il repose avec son père, Achille-Vincent (1792-1859), également médecin décoré pour son zèle pendant les épidémies cholériques (2).

- Le dermatologue et psychanalyste Claude BÉNAZÉRAF (1939-2016), auteur de Les Chagrins de la Peau (2).

- Frédéric BÉRAT (1811-1855) : goguettier, compositeur et chansonnier, sa chanson Ma Normandie, souvent évoquée en France sous le nom de J’irai revoir ma Normandie, est aujourd’hui l’une des plus célèbres chansons françaises et l’hymne officieux de sa région natale la Normandie et l’hymne officiel de l’île de Jersey. La renommée de cette chanson a depuis très longtemps largement dépassé celle de son auteur. En comparaison, ses autres œuvres sont plutôt oubliées (1).

- Dans un même tombeau reposent le graveur Pierre BERTONNIER (1791-1858), l’architecte Pierre-Désiré THIBAUT (1822-1890) et l’architecte Eugène SAINTIER (1849-1925), auteur d’un ouvrage sur les fortifications de Mantes. Leur tombeau a été récemment restauré (2).

- Louis François BERTIN, dit BERTIN de VEAUX (1771-1842) : journaliste, il cofonda avec son frère Bertin aîné le Journal des Débats. Député de Seine-et-Oise en 1820, il devint l’un des chefs de l’opposition royaliste à la Chambre des députés. Il applaudit à la Révolution de 1830 et le roi Louis-Philippe le nomma ambassadeur auprès du roi Guillaume Ier des Pays-Bas. Il fut nommé Pair de France. Avec lui repose son fils, Augustin BERTIN de VEAUX (1799-1879), qui fut également député de Seine-et-Oise de 1837 à 1842 et Pair de France (2).

-  Le peintre Jean-Pierre BERTRAND (1937-2016) (2).

- Le poète Anne BIGNAN (1795-1861), réputé à son époque pour ses traductions d’Homère. Dans la même chapelle repose Jacques BIGNAN (1888-1973), constructeur automobile de l’entre-deux-guerres, mais aussi pilote de Grand Prix et de rallyes automobiles (2).

-  Le peintre Alexandre BONIN (1876-1943), qui exposa en 1927 et 1928 au Salon des indépendants des natures-mortes et des paysages. Avec lui repose son épouse, Jeanne Pissaro (1881-1948), fille du peintre Pissaro qui la représenta (1).

- Le producteur de musique Benoît BRAYER (1973-2020), qui fut directeur de l’Action Culturelle de la Fnac. Il était marié avec l’écrivain Mathieu Simonet (né en 1972). Ses cendres se trouvent dans une chapelle de réemploi pour y placer des urnes (l’identité de son mari est déjà indiquée) (2).

- La peintre Muguette BRZEZINSKI (193-2014) (2).

- La guyanaise Christalle de la BRUYÈRE (Chantal Delar : 1960-2016), qui fut mannequin pour la haute couture, en particulier pour Yves Saint-Laurent (2).

- Le contre-amiral François Alfred BUGE (1834-1893). Une ancre au fronton de sa chapelle le signale (2).

- Le journaliste étatsunien Gianni CARTA (1963-2019), dont les cendres se trouvent dans la même chapelle de réemploi que Benoît Brayer (2).

- Le général de brigade Suisse de la Révolution et de l’Empire Nicolas CASTELLA de BERLENS (1737-1830), qui fit les campagnes d’Espagne et de Russie. Sa jolie stèle se trouve au milieu d’une végétation changeante selon les saisons (2).

- L’essayiste et romancière Henriette CÉLARIÉ (1872-1958) (1).

- Le musicien et compositeur François-Eudes CHANFRAULT (1974-2016), auteur de plusieurs musiques de films (2).

- Le géographe Pierre Gilles CHANLAIRE (1758-1817), qui fut statisticien au ministère des Finances des services du cadastre et des forêts. Il repose dans la chapelle Fossé d’Arrosse (1).

- Justin de CHASSELOUP-LAUBAT (1800-1847 [1]) : second marquis du nom, officier, il fut député de la Seine inférieure à partir de 1838 (1).

- Le peintre ornemaniste Claude Aimé CHENAVARD (1797-1838), qui introduisit le style Renaissance dans le mobilier français sous le règne de Louis Philippe. Il repose sous un monument à colonnes qui enchâssait un monumental vase en bronze représentant sculptés Léonard de Vinci peignant le portrait de la Joconde ainsi que Jean Goujon sculptant la statue de Diane de Poitiers. Ce vase ayant subi plusieurs tentatives de vol (les poignées et le couvercle ont d’ailleurs disparu), il fut déposé à la conservation pour sa sécurité (1).

- Justin CLINCHANT

- Jean COLLY (1858-1929) : conseiller municipal communiste de Paris, il fut député de la Seine de 1910 à1914. Dix mille personnes assistèrent à ses funérailles (2).

- Le chef d’entreprise Guy CRESCENT (1920-1996), qui exerça les fonctions de président du groupe Calberson de 1963 à 1985. Il a contribué à la relance du football à Paris en 1970, en participant à la création du Paris Saint-Germain Football Club dont il fut président en 1971 (2).

- Le romancier, dramaturge et metteur en scène iranien Reza DANESHVAR (1948- 2015) (1).

- Le comédien Louis DECORI (1858-1909), qui fut un acteur de théâtre de Boulevard. Dans la même tombe reposait son épouse, la comédienne Angèle DECORI (1862-1929), qui tourna pour le cinéma. Leur tombe fut reprise en 2016 : une tombe Villain occupe désormais son emplacement (2).

- L’aquarelliste Odile DEVOUGE (1968-2016) (2).

- Louis DUBIEF (1821-1891), qui fut maire du Ve arrondissement de Paris. Avec lui repose Édouard DUBIEF (1866-1930), qui fut gouverneur général honoraire de l’Algérie. Ils reposent dans la chapelle Daust-Dubief dont l’intérieur est orné d’une belle chauve-souris (2).

- Gilles-Maurice DUMOULIN (1924-2016) : écrivain français de science-fiction et de romans policiers. Connu sous nombre de pseudonymes dont G. Morris, il a également été un prolifique traducteur de l’anglais vers le français. Il fut l’auteur avec Patrice Dard de Vic St Val, série d’anticipation proche, et de nombreux romans parus dans la collection Anticipation du Fleuve noir (2).

- L’architecte Armand DUPARC (1806-1882) (2).

- Joseph Bernard DUPONT-MINORET (1782-1833), qui fut député de la Vienne de 1830 à sa mort (2).

- Le peintre et graveur allemand Paul ELIASBERG (1907-1983), résistant aux nazis installé en France, qui fut plus tard professeur aux Beaux Arts de Francfort. Il repose avec son épouse, la peintre Jeanne ELIASBERG-GEDON (1903-1991) (2).

- Le général-baron Adrien Victor FEUCHÈRES (1785-1857), qui fut aide de camp du Duc de Bourbon, puis député orléaniste du Gard de 1846 à 1848. Sa première épouse fut la maîtresse du dernier prince de Condé, et fut compromise dans la mort de ce dernier (2).

- Le joaillier et émailleur Eugène FEUILLÂTRE (1870-1916) et son épouse, la peintre Lina FEUILLÂTRE (pas de date) (1).

- Joseph FIÉVÉE (1767-1839) : royaliste modéré, il fut brièvement incarcéré sous la Terreur, puis dut quitter Paris pour échapper à une proscription du Directoire contre la droite. C’est à cette occasion qu’il écrivit l’un des grands succès littéraires du temps, La Dot de Suzette, « tableau de mœurs » réhabilitant les valeurs de la société d’Ancien Régime face à l’arrivisme de la nouvelle bourgeoisie. Très vite rallié à Bonaparte, il n’en garda pas moins des liens avec la contre-révolution, ce qui lui valut une nouvelle arrestation en 1800. Napoléon, qui appréciait son indépendance d’esprit, l’appointa pour qu’il lui envoie régulièrement, en marge de tous les réseaux policiers, des notes sur l’état de l’opinion. Préfet de la Nièvre de 1813 à 1815, il devint sous Louis XVIII l’un des chefs de file intellectuels des Ultras. Emprisonné une troisième fois en 1818 pour avoir défendu la liberté de la presse, il glissa de plus en plus vers le libéralisme sous Charles X et se rallia à la Monarchie de Juillet. Ecrivain classique au plus fort de la vague romantique, anticlérical, homosexuel affiché en plein ordre moral napoléonien, il repose auprès de son compagnon, le dramaturge Théodore LECLERCQ (1777-1851), auteur de petites pièces destinées à des théâtres de société et jouées dans des salons (2). Leur stèle est quasiment illisible.

- Adelin-Charles FIORATO (1924-2016) : historien de la littérature et de la civilisation de la Renaissance italienne (2).

- Le prince Mozafar FIROUZ (1905-1988), de la dynastie Qajar, qui fut ministre du travail iranien, puis ambassadeur de ce pays en URSS de 1946 à 1947. Il se réfugia en France après la révolution islamique de 1979. Avec lui repose son épouse, la peintre Mahine FIROUZ-DOWLATCHAHI (+2004) (2).

- L’avocat Louis GAULTHIER de RUMILLY (1792-1884), qui fut un député de l’Opposition dynastique de la Somme à plusieurs reprises à partir de 1830. Il fut élu en 1875 sénateur inamovible de ce même département. Sa tombe est ornée d’un médaillon en marbre par Joseph Osbach (2).

- Jules GAUTHIER (1847-1892), qui fut maire de Dugny de 1884 à sa mort (2).

-  Le peintre Claude GENTET (1945-2015) (2).

- Jules GÉVELOT (1826-1904) : fabricant de cartouches (qui portaient son nom), il développa son entreprise installée à Issy-les-Moulineaux et qui devint en 1884 la Société Française de Munitions (S.F.M.). Cette entreprise, qui existe encore, est désormais une forge de précision pour l’automobile. Il fut maire de Conflans-Sainte-Honorine (78) et propriétaire dans cette commune du château du prieuré, qui abrite aujourd’hui le Musée de la Batellerie. Il fut député de l’Orne de 1869 à sa mort. Dans la chapelle familiale repose également le peintre et sculpteur Nicolas GÉVELOT (1790-1854). (2).

- Emile-Coriolan GUILLEMIN

-  L’écrivain turc Osman Necmi GÜRMEN (1927-2015) (L’Écharpe d’Iris) (1).

- Terry HAASS (Thérèse Goldmannová : 1923-2016) : peintre, graveur et sculptrice d’origine tchèque (2).

- Dans un même tombeau familial reposent François HAMELIN (1806-1857), qui fut maire du VIIIe arrondissement de Paris, la peintre Germaine Marie HAMELIN (1892-1944) et la chercheuse au CNRS Michèle HAMELIN (1915-2000) (2).

- Le baron André HAUDRY de SOUCY (1756-1844), qui fut député royaliste de Seine-et-Oise de 1815 à 1827. Dans la même tombe repose Georges MELIN (1783-1862), qui fut maître d’hôtel des Rois Louis XVIII et Charles X. (2).

- L’homme d’affaires franco-algérien Arezki IDJEROUIDENE (1955-2016), créateur et P-DG de l’entreprise française GoFast, groupe spécialisé dans le tourisme et le transport, qu’il dirigea de 1983 à 2014 (1).

- Michiko ISHIGAMI-IAGOLNITZER (1945-2016) : docteur en philosophie du bouddhisme, elle était membre du CNRS et spécialiste des études comparatives bouddhisme-christianisme. Elle enseigna la langue et la littérature japonaise à l’École polytechnique (2).

- Jean Joseph JACOTOT (1770-1840) : pédagogue, il fut créateur d’une méthode d’enseignement, dite « méthode Jacotot » s’appuyant sur l’égalité des citoyens et la nécessaire formation intellectuelle et professionnelle qui leur était due. Il prétendait que tout homme, tout enfant, est en état de s’instruire seul et sans maître, qu’il suffit pour cela d’apprendre une chose dans son intégralité et de manière intensive, et d’y rapporter tout le reste ; que le rôle du maître doit se borner à diriger ou à soutenir l’attention de l’élève. Il devint sous l’Empire, secrétaire du ministre de la Guerre, puis sous-directeur de l’École polytechnique ; pendant les Cent-Jours, il fut élu député de la Côte-d’Or à la Chambre des représentants. Il quitta la France lors de la Seconde Restauration et se retira en Belgique, où il enseigna la littérature française à l’université d’État de Louvain. Il ne rentre en France qu’en 1830 après la révolution de juillet. Il fut embaumé par le docteur Gannal, suivant le procédé de celui-ci. Gravée sur sa tombe, l’épitaphe mentionne : Je crois que Dieu a créé l’âme humaine capable de s’instruire seule et sans maître, mais elle est désormais quasiment illisible (1).

- Anatole JAKOVSKY (1907-1983) : critique d’art, écrivain, collectionneur, polyglotte et spécialiste de l’art naïf français, est connu pour la donation qui fut à l’origine du musée international d’art naïf Anatole Jakovsky à Nice (2).

-  Le médailleur Louis JALEY (1765-1840) repose avec son fils, le sculpteur Jean-Louis JALEY (1802-1866), élève de son père et de Cartellier, qui obtint le prix de Rome de sculpture en 1827. Il fut membre de l’Académie des beaux-arts. Leur tombe, en bordure de division, est désormais totalement illisible (2).

- Edme François JOMARD (1777-1862) : ingénieur-géographe et archéologue, il fut membre de l’expédition française en Égypte de 1798, et consacra une grande partie de sa vie et de ses travaux à ce pays. De retour en France en 1803, il établit un catalogue des hiéroglyphes et revendiqua une part de la paternité des travaux de Champollion lors de leur publication. En 1830, il fut un des premiers à créer un système de classification concernant les objets ethnographiques. Il fut élu membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres en 1818, fut cofondateur, en 1821, puis président, en 1848, de la Société de géographie et créateur, en 1828, du département des cartes et plans de la Bibliothèque royale, dont il devint conservateur administrateur en 1838. Le médaillon en marbre qui ornait sa tombe a disparu (2).

- Le poète et critique d’art Alain JOUFFROY (1928-2015), qui proposa dans sa poésie une profonde méditation sur l’existentialisme à travers un langage sans cesse revitalisé. Lié au mouvement surréaliste, ses œuvres influencent par la suite l’art d’avant-garde. Poète foncièrement indépendant, Jouffroy oscilla entre l’action collective et l’autonomie poétique. L’un des premiers à présenter des poètes de la “Beat Generation,” il cofonda l’Union des Écrivains en mai ’68, et fonda avec Antoine Gallimard la collection de poche « Poésie ». Il reçut le Prix Goncourt de la Poésie pour l’ensemble de son œuvre en 2007 (2).

- Theodore KORAB-MORAWSKI (1796-1879) : patriote polonais, il dut après la défaite de l’insurrection polonaise fuir comme beaucoup de ses compatriotes la répression russe et s’exila en France. Son épitaphe donne une idée de sa trajectoire politique : En 1830 agent diplomatique du gouvernement national polonais près le gouvernement français, en 1831 député de Kalisz, directeur général des affaires étrangères, vice président de la société historique littéraire polonaise à Paris, historien national, membre de l’académie des sciences de Cracovie. Dans le même tombeau repose le biologiste et géographe Jean-Baptiste BORY de SAINT-VINCENT (1778-1846). Il mena une vie très aventureuse : officier dans les armées de la Révolution puis de l’Empire, explorateur (en particulier de la Réunion : il fit la première description scientifique générale du Piton de la Fournaise), représentant d’Agen à la Chambre des Cent-Jours, exilé sous la Restauration (époque où il se vit offrir une place de Général dans la nouvelle République de Colombie de Bolívar, qu’il déclina), il fit paraître un grand nombre d’ouvrages et fréquenta tous les scientifiques de son temps). Il participa en tant que scientifique à l’expédition de Morée, dont le but était de libérer la région des forces d’occupation turco-égyptiennes et de la rendre au jeune État grec indépendant. Il combattit sur les barricades du faubourg Saint-Germain en 1830 et redevint député du Lot-et-Garonne en 1831. Elu à l’Académie des Sciences, il fit encore une expédition scientifique en Algérie en 1840. Seul l’identité du premier est porté sur cette tombe (sa femme était une Bory de Saint-Vincent). En revanche, le tombeau semble mystérieux : on y trouve une base rectangulaire ornée d’une guirlande avec quatre bucrânes (en réalité un coffre cinéraire dont l’inscription en grec indique qu’il fut celui d’une femme de Chios), un fragment de cippe cylindrique, également ornée d’une guirlande, tandis qu’au dos du monument est encastrée une stèle de marbre sur laquelle sont sculptés des personnages. Ces morceau épars datant de l’Antiquité (ce qui fait de cette tombe hétéroclite, en âge, la plus ancienne du cimetière) furent rapportés par notre scientifique lors de son expédition de Morée (1).

- Camille Cornélie ISBERT

- Le peintre et graveur Jean-Jacques LAGRENÉE (1739-1821), qui fut co-directeur artistique de la Manufacture de Sèvres (2).

- Charles LAMBERT de SAINTE-CROIX (1827-1889). Libéral, il collabora à des journaux opposés à l’Empire. En 1871, il fut élu député de l’Aude et siégea au centre droit, chez les orléanistes. En 1876, il fut élu sénateur de l’Aude, après avoir sans succès, tenté de devenir sénateur inamovible. Battu aux sénatoriales de 1885, il se fit alors élire député des Landes, mais son élection fut invalidée en 1886 (2).

- Etienne LAMY

- Jenny LE GUILLOU (1800-1869) : bretonne d’origine modeste, elle entra au service de Delacroix en 1835. Elle devint sa gouvernante jusqu’à sa mort. Acquérant une autorité croissante, elle fut sa confidente, sa collaboratrice, préparant sa palette, organisant son emploi du temps et ses expositions. Elle fut peut-être sa maîtresse et Delacroix pourrait être le père de sa fille, qui mourut à 10 ans. L’artiste lui a fait don d’une vingtaine de ses œuvres dont son autoportrait au « gilet vert », un portrait d’elle et un autre de sa fille. C’est entre ses mains qu’il rendit son dernier souffle. Selon le souhait du peintre, elle repose juste derrière son tombeau sous une simple dalle ne portant que ses initiales « J.G. » (1).

- L’artiste dramatique Marie-Anne-Marguerite-Josèphe LECOMTE-MÉNIER (1774- 1862) et son fils, PAULIN-MÉNIER (Jean René Lecomte : 1819-1898), aussi artiste dramatique (2).

- Le juriste Edouard LEFEBVRE de LABOULAYE (1811-1883), membre de l’Académie des inscriptions et belles-lettres qu’il présida en 1878, député de Paris de 1871 à 1876 puis sénateur inamovible jusqu’en 1883, il fut professeur puis administrateur du Collège de France. Il combattit la politique autoritaire du Second Empire. En 1875, président du Comité de l’union franco-américaine, il lança une souscription pour l’érection de la statue de la Liberté pour le centième anniversaire du Jour de l’Indépendance des Etats-Unis dont il était un fervent admirateur. Il ne put voir l’entreprise à son terme : il mourut un an avant l’élévation de la statue de Bartholdi à New York (2).

- Le poète, romancier, auteur dramatique et librettiste Jean-Pierre LESGUILLON (1799-1873) et son épouse, la romancière et poétesse Hermance SANDRIN-LESGUILLON (1812-1882) (1).

- Auguste LUCHET (1806-1872) : dramaturge, journaliste et romancier, ses pièces ont été représentées sur les plus grandes scènes parisiennes du XIXe siècle. Outre quelques romans, on lui doit aussi des ouvrages sur la vigne et le vin. Il fut aussi gouverneur du château de Fontainebleau en 1848. Il repose sous un très beau buste d’Emile-Coriolan Guillemin (2).

- Émile MARGUERIN (1820-1884), professeur d’histoire et de littérature et directeur de l’école Turgot (actuel lycée Turgot). Il donna son nom à une rue du XIVe arrondissement de Paris (épitaphe : J’aime l’enfant comme le paysan aime la terre. Dans le même caveau repose Victor PORCHER (1833-1917), qui fut également directeur de l’école Turgot, et l’archiviste paléographe Jean PORCHER (1892-1966), spécialiste de la littérature du Moyen Âge et de la Renaissance, qui fut bibliothécaire à la Bibliothèque nationale. La tombe est ornée d’un médaillon par Alexandre Victor Lequien (1).

- Le philologue Louis MASSEBIAU (1840-1904), qui fut maître de conférences à l’École des hautes études (2).

- Le réalisateur et scénariste Dominique MÉZERETTE (1955-2016), célèbre pour ses parodies co-réalisées avec Michel Hazanavicius (2).

- Hippolyte MONIER (1808-1875), inventeur d’un bec de gaz économique ! Le vitrail qui orne sa tombe est le plus beau de la division (2).

- Le général iranien Gholam Ali OVEISSI (1918-1984), commandant en chef des forces armées impériales iraniennes sous Mohammad Reza Pahlavi. Il s’installa en France juste avant la révolution iranienne. Il fut abattu, avec son frère Gholam Hossein (qui repose dans le même tombeau) rue de Passy ; assassinat revendiqué par le Jihad islamique. Sa mort a été considérée par beaucoup comme le coup qui a porté le plus de revers aux groupes d’opposition prêts à renverser le régime révolutionnaire de Téhéran (1).

- Jules François PARÉ

- Le poète Hippolyte PEYRE de la GRAVE (1835-1860), dont la tombe reproduit l’un des poèmes (en partie illisible) (2).

- Pierre PIOBB (Pierre Vincenti : 1874-1942) : journaliste parlementaire, il publia de nombreux livres consacrés aux sciences occultes (2).

- Le metteur en scène, décorateur et costumier d’opéra Jean-Pierre PONNELLE (1932-1988), qui après avoir travaillé en France avec Jean Cocteau et Fernand Léger, collabora avec Herbert von Karajan au Festival de Salzbourg. Il mit en scène de nombreux opéras et films d’opéra. Au moment de sa disparition, il devait prendre la direction des spectacles de l’Opéra Bastille à Paris (2).

- Andrei POP-JORA (1946-2016), architecte roumain installé en France depuis 1979 qui participa notamment à la construction du Stade de France (2).

- François-Martin POULTIER d’ELMOTTE (1753-1826), homme au parcours sinueux ! Tour à tour officier dans l’armée, acteur au théâtre des élèves de l’Opéra, bénédictin qui prononça ses vœux, professeur de mathématiques, il abandonna la vie monastique lors de la Révolution. Elu député du Nord en 1792 à la Convention nationale, puis au Conseil des Anciens durant le Directoire, il apporta son soutien au coup d’État du 18 brumaire et fut choisi par le Sénat conservateur. La Seconde Restauration le priva de son emploi (1).

- Jacques RAVINE (Jakob Szpejter : 1906-1984) : communiste et résistant, il fut l’auteur de La Résistance organisée des Juifs en France (1940-1944) (2).

- L’architecte Jacques RIPAULT (1953-2015), membre de l’Académie d’architecture, dont la réalisation la plus connue est le Musée d’art contemporain du Val-de-Marne (MAC VAL) à Vitry-sur-Seine (1).

- Le général français d’origine piémontaise de la Révolution et de l’Empire Marie-Joseph Thomas ROSSETTI (1776-1840), qui fut aide de camp de Murat et fut fait chevalier d’Empire (2).

- Le poète Alfred RUFFIN (1838-1914), dit le Poète des chats (1).

- Le philosophe Claude SAHEL (1947-2017), dont le devant de la tombe porte pour épitaphe Méfie toi (2).

- Le général Charles SASKI (1850-1913), auteur d’un ouvrage d’histoire et de tactique militaire intitulé Campagne de 1809 en Allemagne et en Autriche (2).

- Le peintre, aquafortiste et décorateur François SCHOMMER (1850-1935), qui obtint en 1878 le premier prix de Rome avec sa toile César-Auguste au tombeau d’Alexandre. Il est surtout connu comme peintre d’histoire, de sujets religieux et de scènes de genre. Il a notamment décoré les plafonds de la nouvelles Sorbonne, de l’hôtel de ville de Tours, de l’École des beaux-arts de Paris, et a réalisé deux panneaux pour le foyer du théâtre de l’Odéon à Paris. Dans la sépulture repose également Pierre SCHOMMER (1893-1973), qui fut conservateur-en-chef du Musée de la Malmaison (1).

- Khosrow SHAKERI (1938-2015) : historien, chercheur, écrivain et activiste du mouvement des droits de l’homme en Iran (1).

- Léon TALABOT (1796-1863) : maître de forges, il fut député de la Haute-Vienne de 1836 à 1848. Il était le frère de Paulin Talabot, qui contribua à l’essor du chemin de fer en France (qui repose lui à Condé-sur-Vienne, en Haute-Vienne) (1).

- Le compositeur Jacques TRISCH (1913-1991), qui fut membre du groupe Les Quatre-Barbus (2).

- L’architecte Rainer VERBIZH (1944-2018), qui s’orienta, dès le début des années 1980, vers des projets de scénographies d’expositions. Il réalisa en particulier en 2012 celle de l’exposition « Toutankhamon, son tombeau et ses trésors » (2).

- L’architecte Barthélemy VIGNON (1772-1846), qui restaura le palais de l’Elysée et édifia le château de la Petite Malmaison (2).

- Louis, comte de ZELLER (1789-1846), auteur d’un essai sur la noblesse. Son épitaphe (illisible) dit : La noblesse la plus réelle est celle des sentiments (1).


Curiosités


- Cette division contient plusieurs tombes des victimes des attentats de novembre 2015 à Paris : Nicolas Classeau, Nathalie Lauraine-Boulyguina, Cécile Martin, Victor Munoz et Christophe Mutez.

JPEG - 43.6 ko
Tombe Feuillant
Cette massive tombe qui renferme les corps d’une famille d’officiers en cavalerie émerge de la végétation. Elle devint un point de repère lors des premières années du cimetière et a donc donné son nom à l’Avenue Feuillant qui borde cette division, comme l’a démontrée Marie Beleyme.
JPEG - 38.8 ko
En bordure de division, très difficilement lisible, la plaque funéraire Delmar indique à coté d’un petit tennisman : Tes élèves et ami te renvoient par la pensée cette dernière balle
JPEG - 45.2 ko
Tombe Pennetier
Le texte reproduit Deux escargots vont à un enterrement de Prévert.
JPEG - 38.6 ko
Tombe Parentini-Langenheim
JPEG - 39.5 ko
Chapelle Leduc
Cette chapelle délabrée en bordure de division sert de point de ralliement à des gogos qui y voient le lieu de transfert des restes du voïvode valaque Vlad IV, alias Dracula.

- En terme de Family gossip, on notera a la présence dans cette division du mari d’Annie Cordy (ils ne reposent pas ensemble), du frère du médecin et journaliste Jean-Daniel Flaysakier, de la mère du journaliste Fabrice Lhomme et de celle de Jean-Luc Lahaye


Œuvres


JPEG - 24.5 ko
Tombe Bouzoulouk
JPEG - 17.2 ko
Tombe Thoyot
JPEG - 38.5 ko
Tombe Bourrousse
JPEG - 37.4 ko
La tombe à la dalle « bombée », non identifiable (David 1977-2014), qui porte pour épitaphe Oublier Léthé, inspire la mélancolie.
JPEG - 44.6 ko
Gisant de Victoire Jacob (1767-1839), épouse de Marc Schœlcher et mère de Victor Schœlcher.

JPEG - 46.1 ko
Tombe Wasiliewitch de Satine
Œuvre de Paul Lebègue.
JPEG - 33.3 ko
Chapelle Micard
Décorée d’arbres, elle mériterait une bonne réfection.

- des médaillons et bustes
La tombe Pupier possédait naguère un médaillon en bronze qui a disparu. C’est également le cas de l’ange en bronze par Sopière sur la tombe Maillet, du médaillon en marbre sur la tombe Martin, et du médaillon en bronze par Nainer sur la tombe Muller.

JPEG - 36.8 ko
Tombe Sarazin
Louis Charles Sarazin (+1865) était inspecteur des écoles. Son médaillon est d’Aimé Millet.
JPEG - 30.8 ko
Tombe Boulogne
JPEG - 36 ko
Tombe Savalle
Médaillon par Richard Tannrath
JPEG - 29.2 ko
Tombe Provost
Médaillon par Agénor Chapuy
JPEG - 40.3 ko
Tombe Robichon
Buste non signé

- Les vitraux :

JPEG - 34.9 ko
Chapelle Bierry
JPEG - 32.5 ko
Chapelle Sommier - réalisé par Collinet
JPEG - 32.6 ko
Chapelle Lejeune-Simon - réalisé par Collinet
JPEG - 23.4 ko
Chapelle Rivière (à travers un verre dépoli)
JPEG - 34.1 ko
Chapelle Morel


- La division possède encore quelques vieilles stèles de belle facture.

JPEG - 36.2 ko
Tombe Carouge
JPEG - 37.4 ko
Tombe de l’herboriste Pierre Aimé Godillon (+1844)

[1Toutes les sources s’accordent pour le faire naître en 1800 tandis que la tombe indique qu’il mourut en 1847 à ... 57 ans !


Commentaires

Logo de Nicolas Ropion
Père Lachaise : tombeaux remarquables de la 49ème division
vendredi 23 avril 2021 à 11h58 - par  Nicolas Ropion

Savez-vous si la tombe d’Hippolyte Souverain (décédé en 1880), l’éditeur de Balzac, existe toujours ? Elle est censée se trouver derrière la tombe de Gérard de Nerval.

Logo de Nicolas Ropion
vendredi 23 avril 2021 à 19h16 - par  Philippe Landru

@Nicolas Ropion : les sources se contredisent sur sa localisation. Je sais qu’il est là, et j’imagine que sa tombe doit être totalement illisible. J’irai refaire un tour dans le secteur.

Brèves

Qui est derrière ce site ?

vendredi 14 février 2014

Pour en savoir un peu plus sur ce site et son auteur :

- Pourquoi s’intéresser aux cimetières ?
- Pourquoi un site sur les cimetières ?
- Qui est derrière ce site ?