DAX (40) : cimetière Saint-Pierre

visité en août 2012
samedi 22 novembre 2014
par  Philippe Landru

- Parmi les tombeaux les plus anciens du cimetière, plusieurs concernent des soldats des armées impériales. Certaines furent rénovées par le Souvenir Français.

C’est au début des années 1830 qu’ouvrit le cimetière Saint-Pierre de Dax, le plus grand de la ville. Son site est totalement quelconque, et aucune grande personnalité n’y repose, mais plusieurs tombeaux sont tout de même dignes d’intérêt (il reste un nombre significatif de tombeaux datant des débuts du cimetière).

L’essentiel des personnalités du cimetière, au renom essentiellement local pour la plupart, concerne les domaines de la politique ou de l’armée.


Curiosités


- Dax fut l’une des communes de France où se fixa une importante migration polonaise après 1831. On trouve dans ce cimetière plusieurs tombeaux de cette communauté, souvent anciens officiers de l’armée polonaise.

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La plaque rénovée (et retranscrite) du chevalier d’Empire Jean Dumas (+1833) précise son épitaphe : "simple soldat en 1794, noble débris des Pyramides et de Waterloo, emporte dans sa tombe les regrets de l’armée, ceux de la garde nationale de Dax qu’il commandait, et des pauvres qu’il se plut toujours à secourir’’.
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Le capitaine de vaisseaux Pierre Forsans (+1837)
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Le tombeau ouvragé des archiprêtres de la ville.
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L’étonnant monument funéraire en fonte moulée dans les forges d’Abbesse, élevé en 1837 pour Victoire Geoffroy (épouse du maître des forges d’Abbesse Bertrand Geoffroy) et de l’une de ses filles, Julie Corta.

Célébrités : les incontournables...


Aucun incontournable.


... mais aussi


- Le général Augustin DARRICAU (1773-1819), qui s’enrôla durant la Révolution avant de monter en grade durant les guerres de l’Empire (il se signala particulièrement en Espagne). À la première rentrée des Bourbons, il fut nommé commandant supérieur de Perpignan. Il occupait ce poste lorsque Napoléon Ier revint de l’île d’Elbe. Le maréchal Pérignon, qui commandait à Toulouse, lui donna presque aussitôt l’ordre de livrer la citadelle de Perpignan aux troupes royales qui se présentèrent pour en prendre possession. Le général Darricau, au lieu de suivre les ordres du maréchal, fit arborer le drapeau tricolore dans tout le département des Pyrénées-Orientales. Il fut fait baron d’Empire. Il repose ici tandis que son cœur est conservé dans une urne en marbre dans la Cathédrale de Dax.

- L’avocat Théodore DENIS (1858-1908), qui fut fondateur en 1881 du journal républicain Le Dacquois, maire de Dax de 1894 à 1895, puis de 1900 à 1908, et député des Landes de 1893 à 1908. Durant quelque temps proche des cercles antisémites, il se montra ardent antidreyfusard.

- L’avocat Gabriel DESPAX (1878-1922), qui fut maire de Dax de 1913 à 1919, puis député des Landes de 1919 à 1922 ; siégeant sur les bancs radicaux. Le médaillon en bronze qui orne sa tombe fut réalisé par Firmin Michelet.

- Charles Henry du BOUCHER (1835-1891), qui après une courte carrière militaire se consacra aux études scientifiques. Il organisa en 1882 un congrès scientifique, historique et archéologique qui attira à Dax de nombreux savants. Il fonda (et en devint le premier président), en 1876, la Société de Borda, société savante qui édite depuis cette date un bulletin trimestriel dans lequel on retrouve des articles détaillés ayant trait à tous les domaines de la connaissance sur le département français des Landes.

- L’avocat Hector du POY (1865-1930), qui fut directeur du secrétariat politique du duc d’Orléans (1911), puis du duc de Guise. Il était membre de l’Action française. Une plaque rappelle ses fonctions dans sa chapelle néogothique.

- Dans le tombeau de famille MILLIÈS-LACROIX reposent le peintre Joseph Eugène (1809-1856), son fils Raphaël (1850-1941), maire de Dax et sénateur siégeant parmi les rangs de la Gauche démocratique radicale et radicale-socialiste, qui fut nommé en 1906 ministre des Colonies du gouvernement Clemenceau. Il fut encore vice-président du Sénat de 1929 à 1933, date à laquelle il ne se représenta plus aux élections, laissant son fils, Eugène (1876-1961) reprendre le flambeau. Ce dernier hérita donc de la mairie de la commune à partir de 1929, puis du siège de sénateur de son père. Le fait d’avoir voter les pleins pouvoirs au maréchal Pétain ne lui permit pas d’occuper des postes plus en vue. La fille de ce dernier, Marcelle, épousa l’écrivain Pierre Benoit et repose avec lui au cimetière de Ciboure. Le médaillon en bronze qui orne la tombe (et qui représente Raphaël) fut réalisé par Raoul Amourdidieu.

- Max MORAS (1907-1982), qui fut maire de Dax de 1959 à 1977 et député des Landes de 1958 à 1962.

- Le général Charles de NANSOUTY (1815-1893), neveu d’Etienne (qui repose au Père Lachaise). Après avoir servit onze ans en Afrique, puis s’être battu contre les Prussiens en 1870, il put se consacrer à ses passions pour la minéralogie et la météorologie. En 1873, aidé par la Société Ramond, de Bagnères-de-Bigorre, dans les Pyrénées, Charles de Nansouty installa à 500 m au-dessous du sommet du Pic du Midi, à l’auberge de Sencours, une station météorologique où il passa tous ses hivers et qui fut remplacée en 1881 par un observatoire véritable, construit avec le produit de souscriptions, et d’après les plans de l’ingénieur Vaussenat, an sommet même du pic. L’Observatoire du Pic du Midi fut racheté en 1882 par l’État. Rien n’est clair sur cette tombe : il est dit naître en 1803 et mourir en 1893. Les biographies du général lui donnent pour date 1815-1895. Alors ???


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vendredi 14 février 2014

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