LA FERTÉ-VIDAME (28) : église Saint-Nicolas

Visité en décembre 2012
lundi 14 janvier 2013
par  Philippe Landru

Baptisée en 1659, après une année de construction, on doit l’église Saint-Nicolas à Claude de Rouvroy duc de Saint-Simon (le père du mémorialiste). Celle-ci fut construite sur l’emplacement d’un bâtiment plus ancien, qui, durant les guerres de religion était devenu lieu de culte protestant. Le duc Claude, après l’acquisition du château en 1635, étant un farouche opposant à la religion réformée décide de faire abattre l’ancienne église et bâtit le monument que nous connaissons actuellement. C’est une construction de style baroque, alternant brique et pierre de Saint-Leu.

C’est dans cette église que souhaita reposer Louis de Rouvroy, duc de SAINT-SIMON (1675-1755).

Fils unique d’un père couvert d’honneurs par le roi, il reçut une formation intellectuelle et morale supérieure à celle que recevait habituellement un jeune seigneur. Particulièrement attiré par l’histoire, il n’aimait pas trop le métier des armes, mais ne devant pas déroger à la règle, il participa à diverses campagnes de Louis XIV de 1692 à 1701.

Membre de la Cour, il passa son temps à épier ses faits et gestes, épiant le va-et-vient des ministres, des maîtresses, des confesseurs, des favoris, recueillant les souvenirs des vieux courtisans... Ami du Régent, l’accession au pouvoir de ce dernier permit à Saint-Simon d’accéder au Conseil. La mort de celui-ci en 1723 mit fin à sa vie publique. Il se retira sur ses terres de La Ferté-Vidame pour poursuivre la rédaction de ses Mémoires, au style pittoresque et imagé, d’une grande originalité.

Pendant les trente ans qui lui restaient à vivre, plusieurs dizaines de milliers de pages sortirent de sa plume. Il fit revivre, sous le règne de Louis XV dont il bouda la cour, les règnes de Louis XIII et de Louis XIV dans un langage dont l’intensité et la puissance évocatrice sont restées inégalées.

Par testament, il ordonna que son cercueil et celui de son épouse, morte en 1743, soient scellés dans le caveau familial.

Le 26 juin 1754, Saint-Simon convoqua en son hôtel de la rue de Grenelle, à Paris, son notaire, et lui remit son testament « ... je veux de quelque lieu que je meurs, que mon corps soit apporté et inhumé dans le caveau de l’église paroissiale du dit lieu de La Ferté auprès de celuy de ma très chère épouse, et qu’il soit fait et mis anneaux, crochets et liens de fer qui attachent nos deux cercueils si étroitement ensemble et si bien rivés qu’il soit impossible de les séparer l’un de l’autre sans les briser tous deux ... »

Le 2 mars 1755 Louis de Rouvroy duc de Saint-Simon s’éteignit en la paroisse de Saint-Sulpice à Paris. On rédigea l’acte : « L’an mil sept cent cinquante cinq, le deuxième jour du mois de mars est décédé en la paroisse Saint-Sulpice de Paris, à l’âge de quatre-vingts ans et un mois environ, le 2 mars de la présente année, après avoir reçu le sacrement de Pénitence et du saint Viatique du corps de N.S.J.C et de l’Extrême-Onction, ayant toujours donné pendant le cours de sa vie des marques de piété, de religion, de charité, et ayant toujours été le père des pauvres, même après sa mort, très haut et très puissant seigneur, monseigneur Louis, duc de Saint-Simon, pair de France, grand d’Espagne de la Ière classe, chevalier des ordres du Roi, grand bailli et gouverneur de Senlis, capitaine du Pont-Sainte-Maxence, seigneur de Vitresay, de Saint-Simon en Guyenne, gouverneur de Blaye, vidame de Chartres, marquis de Ruffec, comte de La Ferté-Vidame, de Beaussart et autres lieux, seigneur de cette paroisse, veuf de haute et puissante dame Marie-Gabrielle de Durfort de Lorge ; son corps a été déposé en la paroisse de Saint-Sulpice, le 5 mars de la présente année, et a été apporté dans cette église par maître Claude-Désiré Lallement, aumônier du mondit seigneur le duc de Saint-Simon, et a été inhumé dans le choeur de cette paroisse ... ».

Il fut donc inhumé à Saint-Sulpice avant d’être transféré à la Ferté.

La tombe de Saint-Simon et de la duchesse fut profanée lors de la Révolution, et les chaînes qui unissaient les deux cercueils furent rompues. leurs restes furent jetés ensemble dans la fosse commune. Il semblerait que ce tombeau ait par la suite hébergé d’autres sépultures (notamment des Laborde). Il est désormais vide, et n’est plus qu’un cénotaphe.

La pierre tombale se trouve à droite du maître-autel.


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