LA FERTÉ-VIDAME (28) : cimetière de la chapelle Saint-Pierre de Reveillon

Visité en décembre 2012
lundi 14 janvier 2013
par  Philippe Landru

A 5 km de La Ferté-Vidame, à la frontière du département de l’Orne, se situe le hameau de Réveillon. En lisière de forêt, la chapelle médiévale Saint-Pierre de Réveillon fut édifiée entre le XIIe et le XVIe siècle.

Dédiée à Saint-Pierre, cette chapelle dépendait de l’abbaye des Saint-Pères de Chartres. L’édifice situé sur les bords du Ruisseau du Buternay recèle en son sein une merveille architecturale, des peintures murales du XVIe siècle. L’ensemble des murs est recouvert de ces témoins de l’époque Renaissance et sont remarquablement conservés. Les peintures réalisées sur trois registres sont le témoignage des décors religieux de l’époque.

Le premier registre raconte la vie des Saints et des Martyrs, le second, la vie du Christ depuis la tentation dans le désert jusqu’à l’ascension, enfin le troisième représente des enluminures du XVIè siècle dans le style des très riches heures du Duc de Berry. On remarquera particulièrement un thème iconographique qui, quoique classique, n’est pas si fréquent : le « Dit des trois vifs et des trois morts ». Ces fresques furent recouvertes de badigeon au XVIIe siècle, et ce n’est qu’en 1970 qu’elles furent à nouveau mises à jour !

Attenant à la chapelle se trouve un charmant cimetière d’une vingtaine de tombes. C’est en ce lieu que voulut se faire inhumer Michel JOBERT (1921-2002).

Il était entré en politique en juillet 1954, devenant le collaborateur de Pierre Mendès France, alors président du Conseil. De 1956 à 1961, il se consacra aux problèmes de l’outre-mer, avant d’entamer en 1963 sa collaboration avec Pompidou. Directeur adjoint, puis directeur du cabinet du Premier ministre du général de Gaulle, il resta le chef de l’état-major politique de Pompidou après son départ de Matignon en juillet 1968. Elu à l’Elysée un an plus tard, Pompidou l’appela au secrétariat de la présidence où Jobert resta quatre ans, avant d’être nommé, en 1973, ministre des Affaires étrangères, où ses joutes avec Kissinger demeurèrent mémorables.

Il incarna un certain état d’esprit français hostile aux Américains (son épouse, américaine, repose à ses cotés !), laissant l’image d’un personnage inclassable, au visage austère et impassible, éclairé d’un rare sourire.

Après l’élection de Giscard en mai 1974, Michel Jobert fonda le Mouvement des démocrates. Adversaire déclaré de VGE, il annonça son intention d’être candidat à la présidence de la République, mais ne recueillit pas les 500 signatures nécessaires : il se prononça alors en faveur de François Mitterrand. Nommé ministre d’Etat, chargé du Commerce extérieur en mai 1981 dans le gouvernement de Pierre Mauroy, reconduit dans ses fonctions l’année suivante, il démissionna en mars 1983 après avoir estimé qu’il « occupait un poste mal défini, qui n’avait jamais répondu aux nécessités de l’heure ».


Sources (et photos intérieures)


Commentaires

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LA FERTÉ-VIDAME (28) : cimetière de la chapelle Saint-Pierre de Reveillon
mardi 11 novembre 2014 à 19h37 - par  ALOIS

Michel Jobert était une voix, un regard, il nous manque, il manque à la France.

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