DROUE-SUR-DROUETTE (28) : cimetière

Visité en décembre 2012
lundi 14 janvier 2013
par  Philippe Landru

Deux personnalités liées au cinéma, et pas des plus mineures, nous attendent dans le petit cimetière de Droue-sur-Drouette :

- Le réalisateur Robert BRESSON (1901-1999). Il débuta sa carrière par la peinture avant de s’attacher au cinéma. Ce n’est qu’en 1943, après plus d’un an de captivité en Allemagne, qu’il réalisa son premier grand film, Les Anges du péché. Ce film annonçait déjà l’extrême austérité stylistique de son travail. En quelques films comme Les Dames du bois de Boulogne, Le Journal d’un curé de campagne, Un condamné à mort s’est échappé en 1956 ou Pickpocket en 1959, il imposa un univers spirituel tragique. Son oeuvre est marquée par une redéfinition de la narration, un nouveau rapport entre l’image et la parole et une priorité à l’intériorité des personnages. Inclassable mais majeur, tellement à part qu’il ne peut être lié à aucun véritable mouvement, Bresson poursuivit une carrière exempte de compromis. Cinéaste spirituel, il tendit vers la sobriété, l’épure, le dépouillement, voire l’abstraction. Son éducation catholique, qui le marqua fortement, lui inspira la thématique quasi obsessionnelle de la rédemption. Il tourna son dernier film, L’Argent, en 1983.

- le critique Georges SADOUL (1904-1967) : fils de Charles Sadoul, écrivain et conservateur du Musée lorrain, ce passionné de cinéma dès son plus jeune âge fut l’auteur d’une Histoire générale du cinéma (publiée à partir de 1946), document essentiel sur l’histoire du cinéma mondial. Pour réaliser avec méthode cette histoire, il conceptualisa les œuvres, travailla sur les archives et l’écriture. Il recoupa les sources : documents et témoignages, ce qui nuance l’appréciation de l’œuvre. Il porta une attention particulière au cinéma des pays en voie de développement. Humaniste, il estimait que le cinéma était un moyen exceptionnel de communication entre les hommes et entre les peuples. Proche des surréalistes, communiste, il enseigna à la Sorbonne et à l’IDHEC.

Le Prix Georges Sadoul (devenu en 1993 le Prix Georges et Ruta Sadoul) a été créé en janvier 1968 afin de distinguer deux premiers ou seconds longs-métrages, français et étranger.


Commentaires

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DROUE-SUR-DROUETTE (28) : cimetière
lundi 14 janvier 2013 à 18h53 - par  cp

Il y a longtemps, cherchant sans réussite Jean Vigo dans le cimetière de Bagneux, je tombe sur une dalle portant le nom d’une certaine Yvonne Sadoul (Née Cartier-Bresson). J’avais lu l’ « Histoire du Cinéma » mais ignorait que son auteur avait brièvement été le mari de la sœur du célèbre photographe, morte jeune dans les années trente. Georges beau-frère d’Henri ; qui a le droit à une notule dans le fameux dictionnaire.

Personnalité oubliée aujourd’hui, Sadoul épousa ensuite Ruta, l’ex épouse de l’intellectuel Jean Baby, ils avaient avait eu une fille, Yvonne Baby, grande prêtresse du service culturel du « Monde », qui dans un roman « Le Jour et la Nuit », décrit la dualité entre son père, communiste dissident et banni, devenu gauchiste, et Sadoul, hiérarque honoré du parti ; elle compare l’enterrement anonyme de l’un, et le faste de celui de l’autre. Considérant les deux comme ses pères… Homosexuel, Sadoul n’a pas eu d’enfants. L’apparence d’abandon de la sépulture s’explique peut-être par cela.

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vendredi 14 février 2014

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