CARTERET (50) : cimetière

visité en janvier 2013
vendredi 11 janvier 2013
par  Philippe Landru

A l’entrée du cimetière se trouve le monument aux morts. Devant lui se trouve la tombe de l’abbé Joseph Lebouteiller, curé de Carteret, qui mourut dans les ruines de la prison allemande de Saint-Lô le jour du débarquement.

Le cimetière possède quelques tombes intéressantes :

- la jolie tombe d’un jeune poilu (Hébert) représente son képi, sa besace et même sa gamelle en cuivre. L’ensemble est discret et tout en subtilité.

- Ce cimetière possède sans aucun doute l’une des plus étonnantes épitaphes qu’il m’ait été de voir. Elle dit ceci : « Rémon Dominique dit le Rameur / Teint clair en hiver / Basané en été / Brocanteur sous échoppe / Poète - Recéleur de métier / Mythomane exalté / Capable de se prendre / Pour un saint / Une fois guillotiné / 1926-1995 » !

Reposent dans ce cimetière :

- Henry FRANKLIN-BOUILLON (1870-1937), enseignant puis journaliste, qui fut correspondant de guerre pendant la guerre du Soudan, puis pendant la guerre gréco-turque (1897). Bien qu’élu député dès 1910, et en dépit de ses problèmes de santé, il s’engagea pendant la Première Guerre mondiale. Membre du Parti radical-socialiste, il y représenta l’aile droite, hostile au communisme et au socialisme, et très favorable à l’Union nationale. Ces positions le conduisirent à quitter en 1927 le Parti radical pour créer la Fédération radicale indépendante de Seine-et-Oise. Il constitua à l’Assemblée nationale le groupe parlementaire de la Gauche sociale et radicale. Il fut ministre d’État en 1917. Par la suite, il accomplit diverses missions diplomatiques pour la France en direction de la Turquie ; il contribua, avec les représentants français d’Istanbul, à faire évoluer la position française vis-à-vis des kémalistes, et fut lui même un proche d’Atatürk. Son nom lui valut le surnom de « Washington Potage ». Son épitaphe se veut solennelle et légèrement menaçante : « J’ai passé ma vie a essayer de construire mais je me refuse à vivre dans l’illusion et à y laisser vivre mon pays / Unissez-vous pour ne pas périr car il n’y aura pas de trop de tous les Français pour sauver la France ».

- Edouard LEBAS (1897-1975), préfet, écrivain et homme politique français. Surnommé tour à tour le « préfet de la Libération », le « préfet des ruines » ou le « préfet de Coutances », il fut le premier préfet de la métropole libérée en 1944. Ce fut, en outre, l’unique préfet manchois originaire des lieux. Il eut la colossale mission d’entamer la reconstruction d’un département ravagé par le débarquement et les bombardements. Il fut par la suite député de la Manche de 1958 à 1962. Très droitier, partisan de l’Algérie française, son hostilité à De Gaulle lui valut de ne pas rester plus longtemps à son poste. Il fut encore l’auteur de plusieurs ouvrages ultra-réactionnaires.

- Le sculpteur belge REINHOUD (Reinhoud d’Haese : 1928-2007), membre du groupe Cobra, et fasciné par les insectes qui constituèrent l’une de ses inspirations. Il laissa un étonnant bestiaire, la plupart de ses sculptures portant des titres énigmatiques et remarquables, comme Il ne lui manque que la parole, Il faut chanter en chinois ou encore Où il est question d’une contrebasse, de Misses James et d’un quartier de pomme. Sa tombe est ornée de l’une de ses compositions.


Commentaires

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CARTERÊT (50) : cimetière
dimanche 17 février 2013 à 12h56 - par  François Rosset

Bravo pour ce site remarquable. Concernant Carteret, j’attire votre attention sur le fait que l’orthographe « Carterêt » est défectueuse : pas d’accent circonflexe

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