ANTOINE André (1858-1943)

Cimetière de Camaret-sur-Mer (29)
lundi 17 septembre 2012
par  Philippe Landru

Son petit-fils, le producteur de télévision Jacques Antoine, vient de décéder (septembre 2012). Occasion de présenter la tombe du grand-père, l’homme de théâtre André Antoine.

Considéré comme l’inventeur de la mise en scène moderne, André Antoine est employé à la Compagnie du gaz quand lui vient le rêve fou de rénover le théâtre à la fin du XIXe siècle. Candidat malheureux au concours d’entrée du Conservatoire national de Paris, il s’illustra d’abord en tant que comédien dans une troupe amateur.

En 1887, il fonda le Théâtre-Libre, un mouvement novateur qui visait à ouvrir la scène à de nouveaux auteurs -Strindberg, Ibsen et Tolstoï - et qui prônait un renouveau du style de la mise en scène et du jeu en rupture avec les conventions et le cabotinage du boulevard.

Proche de Zola, le jeune metteur en scène appliqua les principes du naturalisme à l’art dramatique. Pour se faire, les comédiens sont libérés des conventions et doivent vivre leur personnage : moins de déclamation pour plus de naturel. Il est le premier à plonger le public dans le noir et à utiliser la lumière comme élément de la mise en scène. Pour la scénographie, le carton-pâte cède la place à l’utilisation de vrais objets. Trop novatrice, sa mise en scène de Les Bouchers en 1888, provoque le scandale du public quand celui-ci apprend que les comédiens jouent avec de véritables morceaux de viande. Reprenant l’idée du quatrième mur instaurée par Diderot, André Antoine s’applique à créer parfaitement l’illusion de la réalité à l’intérieur du cadre de scène. En 1897, il s’installe au théâtre des Menus-Plaisirs qui prend le nom de théâtre Antoine. Avec 364 spectacles montés en l’espace de sept ans, André Antoine s’est attaché à donner de l’importance au metteur en scène qui devient un créateur du spectacle à part entière et inspire Jacques Copeau dans la poursuite du renouvellement du théâtre français.

Il mourut au Pouliguen (44) où il fut inhumé. En 1970, ses restes furent transférés au cimetière de Camaret.


Merci à Claude Schwab pour la photo.


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